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dimanche 15 mai 2011

Australie : premiers jours de notre aventure sur la côte est en camping-car

Au jour le jour, on commence avec le 9 mai
Départ de l’auberge de jeunesse à neuf heures, sacs au dos, itinéraire en poche. Arrivés à Camper Travel à l’heure, visionnage de la vidéo de démonstration du véhicule, vérification du véhicule, instructions de base, c’est parti ! Yves démarre sa conduite à gauche comme un pro et je me mets en position co-pilote, les enfants sont attachés à l’arrière, Midnight Oil passe à la radio, on roule en direction des Blue Montains. Notre super Apollo 6 places - y a même des ustensiles de cuisine, des cartes régionales, un kit de base, des draps, des serviettes et un écran DVD, la classe intégrale – se conduit bien, tout est parfait. Des jeunes nous ont conseillés l’achat du guide « le camper6 », afin de profiter de tous les bons plans gratuits de la route (douches, emplacements, barbecue…). Impossible de dégotter ce fichu bouquin, on se décide pour un emplacement au camping de Katoomba pour deux nuits, répertoriés dans tous les dépliants publicitaires locaux. Yves risque l’attaque en découvrant le prix : 50 dollars par nuit – et il n’y a même pas le wifi ? Ça commence bien. Il fait une caillasse d’enfer et on a loupé le supermarché de Sydney. On arpente les rues du bled à la recherche de victuailles et d’habits chauds supplémentaires, embêté par la taille du camping-car plutôt fait pour les grandes allées. Dire qu’il y a une semaine, nous avions 38-40 degrés, il faut s’adapter ! Une fois les courses rangées, chacun fait son petit nid pour la nuit. Les enfants sont frigorifiés, on zappe la douche au profit de couches de vêtements chauds supplémentaires. On a notamment trouvé des peignoirs douillets qui font la joie des enfants. J’en enfile un avant de sortir me laver les dents, Yves me prend en photo en murmurant « ma chérie, je n’ai jamais eu autant envie de toi que ce soir… », on rit comme des baleines, parfois ce voyage a des allures de gag. Hop, tout le monde au lit après un repas chaud. Personne ne se relève la nuit pour aller aux toilettes !

10 mai
Yves a passé une super mauvaise nuit, il dit que le camping-car penche, qu’il a du se retourner au milieu de la nuit et qu’il ne supporte plus les sacs de couchage, il étouffe. Arno est collé à moi comme un koala, lui qui déteste dormir avec nous est venu au milieu de la nuit me demander s’il pouvait venir dans notre lit car il avait super froid. Timo a assuré comme un grand, emmitouflé dans sa capuche. Quant à moi, j’ai eu tellement froid que je ne rêve que d’un grand café bien chaud. On zappe encore la douche, on ne peut même pas imaginer se déshabiller, j’ai le nez gelé. Départ pour les « Three sisters » dans le parc national et une marche de trois heures dans la forêt en contrebas (photos ici). Arno râle tout du long – un vrai plaisir, tous ceux qui le connaissent savent à quel point il a le don d’énerver son prochain dans ce genre de moments –là - et finit par nous dire que ses chaussures sont trop petites –pouvait pas le dire hier quand on était au magasin mmmh?-. Il y a des moments où on mesure bien la force de son amour pour ses enfants. Il finit la balade, à grand renfort de biscuits et de la promesse de nouvelles chaussures de marche dès notre retour dans la petite ville de Katoomba. Après deux heures d’écoles, un bon plat de pâtes et des parties de Uno on saute encore une fois la douche, trop frigorifiés. C’est déjà un exploit de se laver les dents, d’aller faire pipi et de se débarbouiller. Lampe frontale sur le front et cheveux en bataille, je pense à mes anciennes collègues de Femina qui prendraient peur en me voyant dans cet état et je ris toute seule. Arno dort avec moi et Yves se coltine la banquette.

Le 11 mai
Le vent s’est levé et il fait encore plus froid. On fuit lâchement pour aller se réconforter auprès des kangourous du Featherdale Wildlife Park en plaine. Les enfants sont super heureux de pouvoir les toucher, ils peuvent les nourrir et les caresser (photos dans le prochain message). Au vu de la météo, on se décide à faire de la route pour filer vers le nord plus rapidement que prévu. Yves assure à fond les heures de conduite car je n’ose pas conduire à gauche, j’ai peur d’avoir de mauvais réflexes. On sort à Buladhelah, pour profiter des lacs et de la mer dans la région de Forster. Résultat, le super camping mentionné dans le guide et dont je me réjouis (une douche, une douche !) est carrément fermé, les toilettes inutilisables et il n’y a personne. Yves est fatigué mais je le supplie de faire encore une quinzaine de kilomètres pour tenter notre chance dans le prochain. Dieu merci, le surveillant nous accueille malgré l’heure tardive et nous pouvons nous installer en face du lac pour la nuit. Les garçons se dépêchent d’aller à la salle de bain, je traîne un peu en imaginant pourvoir me délecter plus tard d’un moment de paix, une fois qu’ils seront couchés. Une clope, une bonne douche, seule. Un vilain filet d’eau tiède m’attend, qui vire au froid avant la fin du rinçage des cheveux. C’est à ce moment-là que je réalise que j’ai oublié mon linge et je dois me sécher dans ma chemisette de nuit. Merde alors ! Je suis à nouveau gelée, c’est malin. En rentrant je découvre Yves à quatre pattes en train d’éponger une inondation et les deux enfants, punis, au lit. Super ambiance. Dans ce genre de moment, mieux vaut ne rien dire.

12 mai
On continue sur notre lancée des kilomètres, avec un arrêt au MacDo ( ! ) pour utiliser leur wifi gratuit – au moins envoyer un mail à la famille pour dire qu’on est toujours vivants, manger chaud – sans emplacement camping la vaisselle se fait à l’eau froide, beurk, et utiliser leurs toilettes. On roule ensuite longtemps, en direction du nord. Les paysages sont très beaux, je suis frappée par les couleurs. Le ciel très bleu, les arbres très verts et à la nuit tombante le ciel jaune avec les arbres qui se découpent comme de la dentelle, en noir. Yves commence à fatiguer, mais il tient le coup et les enfants sont sages. Je ne regarde pas trop le nombre d’heures qu’ils passent sur l’écran pendant ce style de journée, tant pis. L’essentiel est dans l’harmonie et la bonne ambiance de la famille. Je repère dans notre guide Camp6 (enfin trouvé) des emplacements gratuits pour la nuit, il faut qu’on économise un peu après nos dépenses de ces derniers jours. Impossible de le trouver, on finit par échouer sur une aire de l’autoroute non autorisée avec deux autres camping-cars paumés comme nous. On dort juste sous le panneau interdit, Yves me conseille de faire pipi dans le camping-car vu la tronche des WC et le soir on mange froid. Bon, c’est un peu la zone mais tant pis, faut ce qu’il faut.

13 mai
Oh yeah, ze men!
On repart à 7 heures du matin, je fais co-pilote sans avoir avalé un café, un véritable exploit. Yves s’arrête après une demi heure dans une station service, il me connaît j’ai besoin de carburant le matin. Trois dollars un minable espresso dans un gobelet, mais il me semble délicieux après cette nuit froide, encore. Comme un petit miracle, après 100 kilomètres on arrive à Woolgoolga, petite station de surfeurs au bord de l’océan Pacifique et là, joie et bonheur, un chouette petit camping en face de la mer nous attend. Et il fait beau ! La journée se passe comme dans un rêve, Yves et Timo s’initient au surf, Timo s’en sort d’ailleurs comme un chef, Arno saute dans les vagues, la mer est belle et il y a plein de jeunes surfeurs et surfeuses sous nos fenêtres en petite tenue. Short en jeans, haut de maillot coloré, chignon blond style décoiffé et bottes fourrées pour les filles, torse nu, short, cheveux en bataille et casquette pour les mecs. Timo les trouve pas mal, il étudie leur genre et leur vie en groupe (l’art de draguer mine de rien, de rigoler, de jouer au volley pour épater les filles). Je casse un peu les pieds à tout le monde avec mes angoisses de requins, mais ici les jeunes s’amusent et il paraît qu’il n’y a quasi pas de risque. Certes. Bon, je range mes appréhensions au fond de moi et laisse les enfants s’amuser. On peut même manger dehors, faire la lessive et passer une heure dans les douches chaudes ! Yves est un peu fatigué des jours précédents, mais il retrouve le sourire face au soleil, à la mer et à la chaleur, les enfants sont ravis et j’ai enfin un peu de temps pour écrire pour le blog. Une camionnette propose des crevettes délicieuses à déguster avec du citron et du sel, face à la mer. On se régale. Que demander de plus ?

Logements : hôtel, guest house, auberge de jeunesse, location de vacances ou camping-car?

Camping-car dans les Blue Mountains en Australie
Après 10 mois de voyage, on a testé un certain nombre d’hébergements, de 20.- la nuit pour 4 dans une petite guesthouse sans fenêtre à Stung Treng au Cambodge à 250.- la nuit en camping-car (location + emplacement électricité et eau courante dans un Camper Van) au Canada, il y en a pour tous les goûts et budgets. Voici un petit feed-back sous forme d’avantages, inconvénients des solutions, qui sera peut-être utile aux autres cinglés qui choisissent l’option voyage non organisé (et qui n’ont plus 20 ans, âge béni où on se fout de tout, et surtout du confort, pourvu qu’on s’amuse ). De manière générale, Tripadvisor est de bon conseil, mais il faut fouiller dans les recommandations car tout n’est pas bon marché, alors que les endroits recommandés par le Lonely sont souvent plus chers qu’annoncés car ils profitent de leur notoriété. En Asie, il y a toujours une solution simple pour trouver un logement sur place, sans réserver au préalable, tout comme les USA, Canada et l’Australie offrent des motels le long du chemin à prix intéressant, il suffit de vérifier s’ils affichent « vacancy/no vacancy » au bord de la route. Nous en avons répertoriés une série ici sur nos pages infos, dont je n’ai hélas pas encore fini la mise à jour, mais ce sera fait avant notre retour, c’est promis !

 
L’hôtel basique (le genre 2, 3 étoiles, notations d’ailleurs illusoire selon les endroits)
Les +
  • La clim’ et/ou le chauffage – Yves = content
  • L’eau chaude dans les salles de bain – Sophie = contente, allez vous laver les cheveux à un filet d’eau froide, surtout depuis que j’ai appris à 38 ans ( !) par ma cops zamzam qu’il fallait se faire deux shampoings et se coltiner du conditionner systématiquement après si on voulait avoir de beaux cheveux
  • La possibilité de demander parfois deux chambres selon le prix - et donc de roucouler à l’aise, vital en temps de cohabitation forcenée
Les –
  • Déco et hygiènes douteuses - où est-ce qu’ils vont acheter ces tableaux déprimants de mochitude ?
  • Peu d’échange avec les autres voyageurs – chacun boit son infâme café lavasse dans son coin
  • Les hôtels bons marchés sont soit en périphérie des villes ou dans des quartiers bruyants – il faut donc choisir entre écologie/bruit ou confort/zone industrielle

 
On a eu parfois l’opportunité de louer de belles chambres à prix réduits en utilisant booking.com ou expedia.com, mais attention les localisations et le prix des petits déj’ souvent exorbitants. A réserver aux cas d’urgence, quand chéri par exemple n’a pas pu faire de sport depuis des lustres, que je râle sans connection web digne de ce nom et que les enfants supplient pour une après-midi de cartoons biens cons à la TV. On n’est pas tous des Poussin ou des Mike Horn…

 
La guest house (en Asie)
Les +
  • C’est propre, et ça c’est vraiment appréciable - les rares fois où on a du se battre contre des puces, c’était dans des endroits plus luxueux !
  • L’ambiance est chaleureuse et accueillante - les propriétaires, souvent des femmes, sont généralement adorables et facilitent la vie des voyageurs en se chargeant de tous les services de base (lessive, billets de bus, renseignements, expéditions)
  • Quand il y a l’option cuisine, on y mange bien et pas cher – on s’est même fait à l’idée d’une petite soupe de riz aux fruits de mer le matin, avec une pointe de piment (excellent pour la digestion)
Les –
  • Le matériel de base, commode, crochets, table de nuit, chaise, etc. est inexistant. - on pose tout par terre et puis voilà, tout en se méfiant des bestioles locales qui adorent se faufiler partout
  • Les salles de bains n’ont pas toutes l’eau chaude et sont souvent très sommaires – le petit moment où tu te demandes où tu vas poser ton linge exactement et si tes cheveux peuvent supporter ou non un jour supplémentaire sans lavage n’est pas toujours très glamour
  • Il n’y pas toujours de cuisine - et il faut parfois partir à la quête d’une petite cantine pour se restaurer sans que j’aie pu avaler mon petit café du matin, chose relativement difficile pour moi j’avoue…

 
L’auberge de jeunesse
Les +
  • L’espace commun sympathique – et donc les chouettes moments à échanger des bons plans voyages et à rire de nos aventures, tout en mangeant un petit plat cuisiné sur place
  • L’emplacement central dans les villes – le quartier offre généralement de bonnes options pour les voyageurs, agence de voyage, laveries, petite bistros, épiceries, le tout généralement à prix attractifs
  • Les PC, jeux, livres mis à disposition – ce qui permet de se ressourcer, de bouquiner, d’envoyer un mail, de surfer tranquillement et de jouer au Monopoly avec les enfants
Les -
  • Les lits à étage grinçants et branlants – ce qui occasionne des nuits entrecoupées et des réveils grincheux ensuite
  • Le partage de l’espace en général - 8 mètres carrés pour 4 c’est un peu short, il y a parfois à peine la place de poser son sac quelque part – et du coup Yves ne peut pas faire son yoga tranquillement le matin, pas bien ça, car ensuite il a mal au dos…
  • La propreté pas toujours très nette - les assiettes mal lavées, les cheveux dans la douche, les casseroles avec les restes du voisin collés au fond, etc.

 
Location à la semaine ou au mois
Les +
  • Un nouveau chez soi – avec des enfants qui font deux heures d’école tous les matins, c’est la meilleure solution pour pouvoir étudier ailleurs que sur un coin de table, vite fait bien fait
  • La place – chacun sa chambre, de bons lits, une salle de bain confort, des placards…
  • Du temps pour soi – les locations de vacances permettent de bénéficier d’un peu plus de temps personnel car ils sont des pauses dans le voyage
Les -
  • Le retour des habitudes – chacun retrouve ses petites manies et finalement la vie ressemble au quotidien habituel qu’on a justement décidé d’abandonner pendant le voyage !
  • L’emplacement – les prix attractifs impliquent souvent un emplacement éloigné des commodités et il faut se méfier de ne pas se retrouver dans la pampa sans moyen de locomotion
  • Les tâches ménagères – argh, la cuisine, la vaisselle, nettoyer, ranger…

 
Le camping-car
Les +
  • La liberté de mouvement ! Il n’y a rien de tel qu’une maison sur roues pour découvrir de grands espaces comme les USA, le Canada ou l’Australie
  • L’esprit « comme à la maison » - cuisiner selon les goûts habituels (après l’Asie, une vraie bénédiction pour Arno qui déteste le riz et les aliments mélangés), ranger ses affaires dans un petit placard, ne pas refaire le sac tous les deux jours
  • L’espace extérieur – dès qu’on arrive quelque part les enfants peuvent jouer dehors, alléluia, alors qu’en ville ils étouffent et font les sauvages n’importe où pendant qu’on tente (sans succès) de canaliser leur énergie débordante
Les –
  • Le manque d’intimité – le moindre mouvement fait bouger tout le camping-car (ceux qui sont partis pendant 4 ans en camping-car en famille sont des héros, comment ont-ils faits pour rester un couple ?)
  • Les équipements souvent foireux – écoulement d’eau fichus (2 inondations en 3 locations), placards qui ferment mal, équipement de cuisine sommaire, table branlante
  • Le prix ! Entre celui affiché et le vrai coût final (location + assurances + taxes + kilométrage + essence + emplacement en camping) ce mode d’hébergement est largement le plus cher de tout ce qu’on a testé

 
On a aussi testé le woofing (compte-rendu ici), les nuits avec le camping-car sur les aires d’autoroute autorisées (un poil glauque, s’acheter le guide Camp6 en Australie pour pouvoir le faire), les transports de nuit (deux jours pour s’en remettre) et les nuits chez l’habitant (peu compatible avec une famille de 4). En tous les cas, c’est une part d’aventures, de rencontres et un excellent exercice d’adaptation !

 
C’est donc avec joie qu’on est partis il y a trois jours à la recherche de notre camping-car. Cela fait depuis les USA qu’on n’a plus utilisé ce mode de transport. On se réjouit d’être à nouveau libres de nos mouvements et destinations, de poser nos petites affaires dans un chez-nous roulant. L’idée est de remonter depuis Sydney jusqu’à Brisbane en douze jours. On aurait bien aimé prolonger un peu mais vu les prix de location, on est resté raisonnable. Certains achètent leurs véhicules et le revendent ensuite, mais il faut avoir le temps et être dans la bonne saison. Comme on est en automne, les prix sont mauvais et certains jeunes nous ont dit qu’ils avaient perdus de l’argent en revendant leurs véhicules.

vendredi 15 octobre 2010

Vie quotidienne à quatre dans quelques mètres carrés

17 jours de camping-car nous ont permis de découvrir les côtes de la Californie, Las Vegas, deux parcs nationaux et de lézarder sur les plages de Los Angeles. Après notre première expérience de camping-car au Canada, on était rodés sur la place de chacun pour dormir, l’utilisation optimale des petits placards et la nécessité de tout ranger au fur et à mesure pour survivre et éviter de se prendre un pot de nutella sur la tronche au premier virage.

On a déjà nos petites habitudes. Le premier jour, on fait le plein de victuailles, d’essence, d’eau et on achète les cartes routières utiles au périple, décidé un poil à l’avance. Le matin on déjeune, puis on fait l’école. Certains jours on roule, d’autres on visite, en essayant d’alterner pour éviter d’être trop longtemps sur les routes. Je fais la popotte, Yves gère les multiples branchements du véhicule quand on arrive quelque part et il fait la vaisselle. Les enfants aident à mettre la table et à débarrasser et Timo fait de temps en temps la vaisselle aussi. Yves fait la lessive, je m’occupe de l’organisation du voyage et de coucher les enfants. C’est fou comme on a facilement une nouvelle routine ;-) De vrais Bidochon...

Cette fois-ci on n’avait rien réservé comme camping et on s’est rabattus sur ce qu’ils appellent les RV parks, sorte de parkings à camping-cars munis d’eau, d’électricité, de vidange de chiottes, parfois de réseaux wifi et, pour les meilleurs, d’une piscine pour les enfants. Pour se dénicher un coin, rien de plus simple que Google Map. On entre l’adresse de la ville où on veut faire une halte et on recherche un « RV park » à proximité. Une liste s’affiche avec les commentaires des utilisateurs ou non, selon la notoriété et le succès de l’endroit. Généralement les endroits sont corrects, mais ils manquent souvent du charme qui avait fait nos nuits au Canada. Les petits feux de camp, les chamallows et la bonne franquette n’ont malheureusement pas faits partie de notre programme américain. Tant pis, à chaque pays son caractère. La Californie, le Nevada et l’Utah nous ont séduits par leurs paysages changeants et leurs routes incroyables. La 1 pour descendre de San Francisco à Los Angeles, la 15 pour monter vers Las Vegas et la célèbre 66 nous laisseront des souvenirs impérissables. On a vu plein de beaux endroits et franchement c’était grandiose. Je mettrai bientôt de nouvelles photos en ligne pour clôturer ce chapitre.


Aujourd’hui il est temps pour nous de rendre notre cabane sur roues et de repartir pour de nouvelles aventures. Deux semaines de balnéaires à San Diego, entrecoupées de visites touristiques et de quelques sorties ludiques pour les enfants : Sea World, le mythique zoo et Legoland pour les 12 ans de Timo. On a également projeté de visiter San Diego bien sûr, ainsi qu’Hollywood, Beverly Hills et si possible le downtown de Los Angeles. Bref, tout un programme !

La nouveauté, c’est qu’on va partager ces deux semaines avec notre super Carole nationale et sa fille, Julie. Adrienne et son mari Sewa nous rejoindront de l’Arizona pour un week-end également. Je dois dire que partager mon quotidien avec d’autres personnes que mes trois loulous me fait super plaisir ! Surtout avec des filles ;-), car passer 24h sur 24 avec trois mecs, c’est pas tous les jours de la tarte. Il y a les bons côtés, bien sûr. Chéri et les petits sont globalement gentils, directs, fiables, contents dès qu’on est dehors et qu’on bouge, drôles, câlins, efficaces pour trouver la route et dénicher un bon truc à manger. En gros, faciles à vivre dans les grandes lignes. Et puis, y a de l’ambiance. Les trucs préférés des petits pour se marrer sont de roter à table pour énerver maman (moi dans le rôle) et se raconter pour la millième fois les sketches des têtes à claque qu’ils connaissent par cœur, le tout en hurlant de rire. Puis décider de faire les sauvages dans les lits en se lançant des doudous ou des chaussettes, sales si possible, à la tête. Ça finit forcément mal, mais ils se réconcilient facilement en quelques minutes, généralement après s’être pris une bordée. Quant à chéri, sa technique pour décompresser consiste à piquer des fous rires interminables devant des vidéos bêtes sur Youtube, ce qui conduit les petits à venir squatter le PC avec lui au lieu d’aller se coucher. Bref, tout ça pour dire que la vie avec eux ressemble étrangement à une joyeuse colonie de vacances bordélique. Beaucoup d’amour, des fous rires et des bonnes engueulades.

Quant ils sont de bonne, bien sûr. Car si l’un d’entre eux est de mauvaise, ou pire, si moi je me lève du pied gauche, et bien tout cela se transforme en champ de bataille vite ingérable. La solution est de sortir de notre cagibi vite fait et d’aérer tout le monde. Mais si par malheur c’est l’heure de l’école, le moment de manger ou d’aller se coucher, le ton peut monter rapidement et ensuite je n’ose plus sortir du camping-car de peur de croiser nos gentils et calmes ( !) voisins retraités dans leur beau camping-car immense - et qu’ils nous traitent de parents indignes.

Forcément qu’au bout de quelques semaines de fréquentation masculine intensive, si on n’y fait pas attention, on pourrait facilement se mettre les doigts dans le nez à table et décider de changer de t-shirt une seule fois par semaine. Alors je lutte pour imposer quelques règles de base aux petits : non on ne fait pas de concours de pets puants car justement c’est immonde, et oui, on met ses chaussettes sales dans le sac prévu pour. Merci. Et on attend pour commencer à manger que je sois assise et servie. Quant à chéri, j’explique : non, on ne peut pas manger que des steaks et des pâtes. Une salade avec une tranche du pain, c’est aussi un repas. Et j’aimerais bien qu’il marche au rythme des enfants et non pas cinquante mètres devant. Oui, je sais, les enfants traînent. Ils jouent en fait. Voilà voilà.

C’est comme ça qu’on devient une mégère râlante, limite sergent major impitoyable. Hélas.

Sinon, tout va bien, hein. Des amours, je vous dis. Adorables, un poil caractériels, bons vivants. Des mecs, quoi. Certains diront que j’exagère. Qu’ils viennent passer une semaine avec nous ;-) . D’ailleurs je vais demander à Carole de témoigner et d’écrire quelques lignes sur ce blog après deux semaines avec nous, juste pour rire, si elle n’a pas fui avant ;-)

Que dire d’autre sur ces 17 jours ? On a aimé visiter l’ouest des USA. C’était beau, incroyable parfois, aride d’autres. Très chaud et très froid. Contrasté. J’ai encore 200 photos à trier pour vous montrer les bons moments qu’on a passés et je dois mettre à jour la page USA afin de laisser des infos pratiques utiles si d’autres fous veulent tenter l’expérience un de ces 4.


Enfin, dernière petite touche dans la série « je râle mais je suis pas méchante », j’aimerais parler d’une chose que je n’ai pas assez lue dans les récits de famille en voyage longue durée, c’est le problème de l’intimité du couple. Car, entre les chambres communes, le camping-car, la proximité constante et Timo qui du haut de ses 12 ans n’a pas sommeil avant 11 heures le soir … quand c’est qu’on baise, nom d’un chien ???? (Pardon papa et maman, belle-maman aussi pour ce côté trivial et limite vulgaire, mais c'est une sacré réalité) Chéri tu me manques...........

Et ne me dites pas d’utiliser les toilettes des campings, elles sont non mixtes et les portes sont battantes, quand ce n’est pas un rideau. Quant aux petits matins tôt discrets, et bien rien à faire, on pionce tous jusqu’à huit heures, crevés du jour précédent, car les voyages, ça fatigue ! Bref, on a une moyenne de galipettes catastrophique. Heureusement qu’on fait de temps en temps chambre à part des enfants à l’hôtel… mais ça coûte cher. Va falloir économiser sur les parcs d’attraction si ça continue, allez expliquer ça aux enfants ;-))

Sur ce, profitez de vos jolies chambres à coucher, roucoulez et à bientôt avec plaisir pour quelques photos, infos et pensées hautement philosophiques…

mercredi 6 octobre 2010

Kilomètres, bourrelets et bonheurs

Que le temps passe vite ! On est arrivés hier à Las Vegas et je n’ai rien écrit depuis des lustres. Non pas qu’on soit stressés, simplement entre l’école aux enfants, les repas et la route à faire, plus les excursions à organiser la moindre, les jours passent rapidement. Il me semble même qu’ils se succèdent de plus en plus vite. Alors petit retour en arrière…

On est partis de San Francisco en camping-car le 28 septembre. Objectifs : descendre la célèbre route 1 jusqu’à Los Angeles, puis rejoindre Las Vegas, Zion Park et Bryce Canyon un peu plus loin. En route on s’arrête quand on veut, où on veut, en fonction du moment, rien n’est réservé comme emplacement de camping. (Parfois l’ambiance est grandiose comme à Big Sur, d’autres fois on se demande ce qu’on fout là - comme aux Dunes RV, qui est franchement morose comme camping, mais qui offre l’occasion de découvrir des dunes de sable magnifiques.)

La route 1 (Hwy 1) est carrément bluffante, mythique, surprenante, changeante. On est sous le charme (voir les photos ici si jamais). Les points forts du trajet : Monterey et son célèbre aquarium, Big Sur et ses oiseaux, les éléphants de mer à Piedras Blancas et les dunes de sable de Pismo Beach. On a pris ensuite la route des vins: la 154 de San Luis Obispo Bay à Santa Barbara. En fait il il y a surtout une ville et ses environs à ne pas rater : Los Olivos. Car la route des vins ne s’étale pas très loin. Pendant qu’on y était on a poussé jusqu’à Solvang, sorte d’OVNI danois kitch posé là qui a l’avantage de proposer des monstrueux gâteaux délicieux. On a malheureusement un peu zappé Santa Barbara, car on devait traverser tout Los Angeles pour échanger notre camping-car pourri - et refoulant des égouts, charmant ! - pour un autre tout beau tout neuf. Après la transaction, somme toute rapide, on a roulé et roulé encore pour ressortir de Los Angeles direction Las Vegas. C’est immense et ça bouchonne sec. Dieu merci les enfants avaient de quoi s’occuper, car on est arrivés seulement à 7 heures le soir à Newberry Springs sur la 40, dans un camping totalement désertique, dans les deux sens du terme. Pour rouler un peu sur la 66, il faut contourner le désert par la droite et cela prend une heure de plus. Qu’importe ! Un p’tit déj’ au Bagdad Café vaut largement le détour ;-)

Pendant que les kilomètres défilent, on a pris l’habitude de papoter avec Yves. Enfin je lui raconte mille trucs, pauvre homme, et il participe du plus gentiment qu’il peut, c’est un mec quand même ;-). Je me mets à refaire le monde, à ré-inventer notre mode de vie, à lui expliquer pour le énième fois à quel point il faut qu’on améliore notre pédagogie éducative, etc. Jusqu’à ce qu’un des enfants se mette à geindre pour une quelconque raison (soif, faim, pipi, frère énervant, objet disparu, problème technique). Là il s’agit de trouver une solution très rapidement avant que tout le monde se mette à s’énerver et ruiner mes théories vaseuses sur l’exemple de patience que nous devons montrer aux enfants (hum). Timo dit que j’ai un principal pouvoir, celui de retrouver en une minute les objets perdus (petite pièce de Lego ultra précieuse, crayon gris avec gomme, personnage Gormiti planqué sous le siège, etc.)

Disons que l’espace réduit augmente facilement les prises de tête et qu’on a tous une sacrée personnalité. Les chiens ne font pas des chats… Mais comme nous sommes des parents formidables, on résiste farouchement à l’envie d’abandonner un enfant au bord de la route – Yes, we can. On met par exemple la musique plus fort dans le camping-car pour éviter de les entendre… ou on les colle une heure devant un film sur notre lecteur DVD portable. Pathétique, je sais, mais je vous mets au défi d’occuper deux p’tits mecs de 6 et bientôt 12 ans pendant 7 heures de route ! Alors, pendant le film, de temps en temps, je leur crie : « Regardez comme c’est beauuuuuuuuuuuu » et ils lèvent parfois la tête pour me faire plaisir. On continue notre chemin, coupables mais satisfaits.

Dans la foulée des blablas, avec Yves on adore se fixer de nouvelles bonnes résolutions (faire des abdos, arrêter les biscuits) puis on décide que non, finalement, on n’a pas très envie de ces contraintes. Y en a tellement dans la vraie vie ! Et le soir, on se fait un petit apéro dehors, devant le camping-car, en cuisant notre steak. Le lendemain on rentre le ventre pour fermer notre pantalon, en faisant quand même une petite grimace discrète, parce que y a plus sexy que les bouées de sauvetage… Et on se dit qu’on se mettra au régime en Asie, enfin si on en a envie…

Le voyage favorise le lâcher prise. Adieu coiffeur, balance et hauts talons. Rien n’est moins sûr que le résultat final, il va peut-être falloir m’envoyer dans une clinique très chère afin de me reciviliser avant que j’ose remettre les pieds dans le monde strict et slim du monde du travail. Et j’espère que chéri va continuer à m’aimer un peu, malgré ma tête hirsute, ravie, mais hirsute. Loyal jusqu’au bout, il a décidé d’accompagner mon attitude laxiste et on a choisi ensemble de ne plus se couper les cheveux pendant une année. On se rase la moindre quand même, on se lave, on met une culotte propre, tout ça, tout ça, mais le reste on laisse à l’état brut. Advienne que pourra. Tant qu’on ferme le pantalon de voyage, ça va….Chéri va-t-il fuir un jour dans les bras d’une jolie petite jeunette, mince et siliconée ? Peut-être. On verra bien.

En attendant, quel plaisir de pouvoir se laisser aller à vivre, tout simplement. Après toutes ces années de stress, de régimes ratés, de timing flippant entre enfants, nuits blanches, études, écoles, pédiatres et boulot. Juste profiter des paysages, manger du pain perdu au Bagdad café, boire une bière le soir, rigoler le matin avec les enfants et plaisanter avec chéri, le long des routes du désert… D’ailleurs, j’ai lu dans le Marie-Claire Canada que ce qui déprime les gens ce n’est pas la vie quotidienne mais les efforts incessants que l’on doit fournir pour ressembler au modèle fixé par les diktats de notre société. Et ce sont les femmes les plus touchées. Femmes séduisantes, mères de famille équilibrées, amantes aimantes, travailleuses disciplinées, etc. Alors, fuyons le temps d’une année tout ceci et PROFITONS ! Notre voyage est génial, magnifique. Notre seul challenge est d’arriver à vivre ensemble (et c’est pas toujours facile), alors essayons d’y mettre toute notre énergie ;-)

Aujourd’hui ce sera Circus Circus avec les enfants, puis les rues de Las Vegas à la tombée de la nuit, spectacle au Bellagio…

Les photos suivront. Bises

samedi 28 août 2010

Tourisme au Québec et langue de vipère


D’abord un brin de tourisme, (pour si jamais certains veulent s’aventurer au Québec, ça rend toujours service d’avoir deux trois suggestions…). PS pour les photos c'est par ici.

Nous sommes partis de Montréal pour une virée de 12 jours au Québec, histoire de découvrir de plus près ce que nous promettait notre joli guide. Au programme, les grands classiques, parcs nationaux, zoo naturels, baleines, orignaux et canoë. L’idée était de circuler en camping-car et de loger dans des campings le long de la route, pour que les enfants s’amusent et qu’on ne soit pas trop isolés.

Il nous a fallu une journée pour tout organiser et réserver. Pour les novices (comme nous), petits conseils pour les campings: il faut demander un emplacement plat, ombragé et muni des 3 services (électricité, eau et vidange) pour profiter du camping sans problème. Les enfants ont souvent mieux aimé les petits campings style naturels 3 étoiles que les machins 4 étoiles trop grands. On a aussi testé un camping un peu sauvage, coupé du monde, sympa mais le soir il caille un peu ;-). Nous avons presque toujours réservé deux nuits, histoire d’avoir un minimum de temps pour profiter du coin. L’idéal serait peut-être de rester 3 nuits, c’était parfois un peu court.

Il a d'abord fallu trouver l'agence de location du camping-car, logé dans la périphérie de Montréal. Les transports en communs, et notamment les bus, c'est un peu la galère, notamment parce que personne n'arrive jamais à nous renseigner sur les arrêts correctement. C'est des espèces de numéro et le chauffeur ne comprend jamais où on veut s'arrêter... On finit toujours par hurler: "Là, on s'arrête là" et on termine à pied le dernier bout, en étant à moitié paumés. Bref, on a fini par trouver, exténués, avec nos gros sacs, après avoir marché un moment au bord d'une grande route, avec les enfants qui râlaient. On a été bien reçus et après avoir visionné une cassette vidéo sur comment fonctionne le véhicule (à laquelle on n'a rien compris), on a pris notre camping car de 7 mètres (!) et on s'est lancés sur la route. Il a fallu rapidement faire le plein d'essence, de ravitaillement et acheter une carte (pourrait en fournir une ces rats!).

On a roulé jusqu'au parc national de la Mauricie sans trop se perdre, et on a logé au camping du Parc de Saint Mathieu, simple, joli, calme et convivial. Le parc national est beau, les accès sympas, il y a de jolis emplacements pour se baigner pique-niquer et se balader. A faire sans problème en famille.

Ensuite on a traversé des kilomètres et des kilomètres de lignes droites et de sapins pour arriver dans la région du Saguenay. On a atterri au camping de Saint-Félicien, un genre de gros machin touristique avec petit train pour circuler et visiter le camping ( ?!?), monstres camping-car incluant terrasses décorées et équipements d’enfer. Le lendemain matin on est partis au zoo qui est juste à côté. On a démarré avec la visite en train de la partie réserve naturelle du zoo. Si vous y passez, allez-y le matin car ensuite tous les animaux pioncent à l’ombre ! Tandis que là, on a très bien vu tous les animaux se balader, ours, caribous, orignaux, biches, chiens de prairie, bisons, les enfants ont adoré. Le reste du zoo est plus classique mais vaut la peine. (Mieux vaut prévoir un sandwich sinon vous aurez droit à un énième hamburger ou des frites…). Un bon moment, pas donné mais ça valait le détour.

Le lendemain on est parti sur Tadoussac, célèbre pour ses baleines et excursions touristiques. Le village en lui-même n’est pas extraordinaire, mais la baie est magnifique. On a réservé un emplacement au camping de Tadoussac avec vue panoramique. C’était vraiment grandiose de manger le soir avec la vue sur le Saint-Laurent et les bateaux. En passant par l’association Essipit, on a pu bénéficier d’une visite aux baleines depuis Bergeronnes (à 20 km de Tadoussac) avec un petit rabais sympa, car tout ça ce n’est pas donné bien sûr. On a embarqué sur un petit zodiak avec un canadien très sympa qui nous a prévenu que « ça tape un peu sur les vagues ! Accrochez-vous ». Emmitouflés dans un pull, une polaire et deux vestes, bonnet et gants on est partis à la rencontre des rorquals, phoques et marsouins, c’était génial, très impressionnant, même si on a pris des litres d’eau gelée dans la tête ! Pour être honnête, c’était un peu sportif. Timo hurlait qu’il voulait rentrer, Yves s’était caché dans sa veste et a tenté de protéger Arno des vagues (le petit s’est du coup endormi dans ses bras) et moi je me sentais comme une aventurières du grand nord, j’ai adoré (ma graisse de phoque m’a bien servi sur ce coup-là ! Je savais que j’avais du sang du Nord !!). Le soir on s’est baladé à Tadoussac sur le bord du fleuve qui se recule avec la marée, c’est super joli.

Puis départ sur Baie Saint-Paul et son petit camping sympathique du Gouffre. Baignades, repos et un jour de pluie qui a annulé notre excursion au parc national du coin. On est ensuite parti sur le parc national de la Jacques Cartier pour un périple de deux jours sauvages. En route on en a profité pour aller au canyon de Sainte-Anne, sympa mais pas impérissable en cette saison comme visite (peu d'eau). Au parc on s'est retrouvés coupés du monde, pour profiter de la nature à fond et pagayer sur la rivière. C'est un des seuls parcs où Arno était autorisé à participer à une descente de rivière car sinon il faut avoir 12 ans. Idéalement il faudrait normalement trois adultes pour faire la descente, Timo a donc souffert sur la fin des huit kilomètres. C’était très beau, calme et ressourçant. On a vu un caribou, trois huttes de castors et mangé au bord de l’eau, tranquilles. Le seul point négatif est qu’il a fallu porter le bateau sur 300 mètres et que c’est rudement lourd ces machins ! On a bien ri dans les petits rapides car on s’est retrouvé régulièrement à l’envers, Timo a même passé par-dessus bord, le pauvre ! (L’eau était à 16 degrés ! Heureusement qu’Yves nous avait dit de mettre des combis). Sinon l'endroit était vraiment sauvage. Dans ce genre de camping il faut avoir pris à manger et faire le plein d’eau et la vidange avant de s’installer car sur place c’est minimaliste. (Prévoir aussi polaires et du bois pour faire un bon feu). Et la nuit si on a besoin de faire pipi ... et bien on ne va pas aux sanitaires ni derrière un arbre car il y a peut-être des ours… Le soir, on s'est lancés dans la confection d'une soupe maison avec des gourganes qu’on avait cueillies en route sur les conseils d’une gentille fermière locale. Deux heures pour faire une soupe que les enfants n’ont pas aimée, heureusement qu’on avait prévu des saucisses et un coup de rouge pour nous... (Carole, pour la recette, promis je t’expliquerai ;-)).

Après ce périple qui a laissé mon homme un peu sceptique (oui oui le même qui court chaque week-end dans la montagne ! ... Allez comprendre), on a pris la route direction Québec. Première halte aujourd'hui au village de vacances de Valcartier pour que les enfants s’amusent sur les toboggans du parc aquatique pendant que je rédige ces quelques lignes. Ils sont revenus frigorifiés mais heureux! Le temps passe au frais, on a eu un mois d'août magnifique, mais là, le temps se rafraîchit et on a eu de la pluie ces deux derniers jours la nuit et en matinée...
Demain visite de la ville de Québec avant notre retour sur Montréal pour rendre le camping-car…

Que dire de cette expérience ?
Les plus : la vie en camping-car est chouette avec les enfants car ils s’amusent et profitent mieux qu’en voiture (râlent moins et jouent plus). Pour eux c'est une grosse cabane roulante! Le camping-car permet des vrais moments de découvertes et parfois des belles rencontres fortuites (un orignal qui boit au bord de la route par exemple). On a le temps de voir du paysage (ça se traîne un peu ces gros machins donc on voit bien les sapins, et les lacs, et les sapins, et les lacs… et les sapins aussi). On peut cuisiner facilement, même si la batterie de base louée avec le camping-car est un peu sommaire, mais ça change agréablement des casse-croûtes locaux (répétitifs et moyens pour le cholestérol). La vie en camping est finalement plutôt sympa, ça fait un peu scouts et on a adoré se faire griller des chamallows les soirs de beaux temps. En fait tout ça c’est rigolo s’il FAIT BEAU… (sinon l'ambiance vire aux chamailleries et parties de cartes interminables...). Perso, j'ai bien aimé et je recommencerai avec plaisir car cela concilie liberté de mouvement et vie de famille sympa. C'est un peu l'aventure et Timo adore faire le feu le soir ;-)

Les moins : il faut toujours tout ranger car c’est petit et les choses volent en route dans tout l’habitacle. Et nous, hélas, à l'exception d'Yves, on n'est pas des gens très ordonnés... C’est petit. Très petit. Enfin un peu plus grand que notre tente roulotte, mais quand même. Et Yves est grand, il s’est donc senti un peu coincé dans cet espace réduit. Impossible de roucouler en paix, les enfants sont toujours collés dans nos pattes. Et quand ils dorment enfin, nous on est épuisés. Finis, out. Car s'occuper d'enfants toute la journée, et notamment des deux garçons montés sur pile électriques, ça pompe pas mal d'énergie. Ensuite, plus pragmatiquement, c’est relativement cher au final. Car au forfait de base, il faut rajouter la location du matériel de cuisine, les kilomètres, les taxes, la place en camping (entre 35 et 50 $), l’essence…

Quant à la vie au camping, il faut rajouter une note sur les douches. D’abord elles sont souvent payantes (forfait minute, donc il faut prévoir des pièces, sinon, hop vous vous retrouvez pleine de savon et sans eau). Ensuite on ne peut pas régler la température, comprendre soit vous gelez, soit vous cuisez. Il faut calculer son coup en y allant en tongs car sinon on pose ses jolis petits pieds dans les poils de la précédente. Il ne faut rien oublier. J'ai du deux fois me sécher avec mon vieux T-shirt car j’avais oublié mon linge et je ne m’en étais pas aperçue avant la fin de la douche. Il s’agit aussi d’être stratégique pour poser ses affaires sur les deux misérables crochets et enfiler son pantalon propre sans le faire toucher le sol, sale et mouillé. Puis il faut sortir hirsute, aller aux toilettes finir de se préparer et là, les bords des lavabos sont toujours mouillés et il n’y a pas d’endroit où poser ses affaires. On arrive vite au minimum de base. J’ai zappé depuis longtemps la crème hydratante pour le corps et le sèche-cheveux… Vous me direz mais pourquoi ne pas se doucher dans le camping-car ? Mais parce qu’il faut toujours faire la vidange de l’eau sale et que le nôtre se remplissait beaucoup trop vite. Donc douches et cacas à faire aux sanitaires, please….

Voilà pour la touche touristique et conseils de base.

Et là, je vais faire ma langue de vipère. Je profite en douce que mes hommes fassent les sauvages sur les toboggans pour pousser mon petit coup de gueule de fille. Oui je sais c'est pas joli-joli, mais je suis comme ça, je râle et je suis une vilaine mégère. Et puis hier on était le dernier vendredi du mois et d’habitude on se voit avec les copines, on boit des coups et on dit des tas de trucs plus ou moins avouables sur nos mecs et nos gamins pour se défouler et rire de nos petites vies, avant de rentrer sagement se blottir dans les grands bras de nos hommes - qu’on adore par ailleurs. Donc là, il faut que je me lâche un coup. J’ai demandé la permission à chéri, il a dit mais oui, tu peux dire ce que tu veux, on assume, on sait que tu nous aimes… Okaaaaaaaaaaaay, j’y vais! (je vais pas me faire des amis garçons, mais tant pis).

Donc, pour celles qui le ne savent pas car elles ont eu des filles ou n’ont pas encore d’enfants, vivre avec trois hommes c’est carrément gore et parfois épuisant moralement. Peut-être qu’il y en a des fins et subtils, mais ceux que j’aime n’appartiennent étrangement pas à cette catégorie. Pourquoi? Comment? C’est comme ça, l’amour est paradoxal. D’abord, les garçons, petits et grands, pètent tout le temps et ensuite se pouffent de rire. Ils font des concours de rôts. Ils se mettent les doigts dans le nez et vous font un câlin après. Ils ont tout le temps faim, mais n’aiment pas cuisiner. Ils veulent du vrai, du sauvage mais ils râlent que c’est pas confortable et qu’ils s’ennuient sans la TV. Quand il y a la TV, ils ne prêtent jamais la télécommande et veulent voir des trucs violents ou bêtes. Ils sont accros à tout ce qui est techno et s’énervent pour de vrai sur leurs jeux.

Les petits ont des spécialités en plus : ils détestent perdre aux cartes et pleurent quand c’est le cas. Ils hurlent à la mort quand on les oblige à se laver. Ils jettent leurs chaussettes partout et elles puent. Ils demandent vingt fois par jours où sont leurs affaires et espèrent que je sache où elles sont. Ils ont une notion du moi surdéveloppée. "C’est à moi, moi je veux, j’aime pas, moi je veux pas …c’est mon tour, donne moi mon machin", etc. Ils veulent être les chefs. Ils se battent, hurlent des horreurs, boudent, puis hurlent de rire au prochain pet lâché de bon cœur. Ils me font penser à Astérix et les Gaulois.

Quant à Yves, mon amour, mon homme, et bien il n’est pas encore tout à fait habitué au voyage aventure. Il aime décider quand (et où) on mange, car l’heure c’est l’heure faut pas déconner. Il en a marre des sandwiches de midi, rêve de bons restos puis fait ses comptes et fronce les sourcils. Il a envie de faire des tas de trucs, mais, en fait, on ne peut pas les faire avec les enfants (euh oui mon chéri on a deux enfants) … Donc ensuite il est un peu déçu… Alors, moi aussi, j’ai mes défauts, faut pas me parler le matin avant mon café, il faut que je me douche sinon je suis de mauvais humeur, j’aime pas qu’on me parle quand je lis, je comprends rien aux cartes, je confonds ma gauche et ma droite, je rouspète que je suis grosse et je finis les chips… et j’aime pas jouer au foot. Mais parfois, avec ces trois-là, je sature un peu, voyez… Car un homme c’est quand même étrange.

Alors Yves m’a fait visionner le sketch de Florence Forresti « J’aime pas les hommes » pour me faire rire. Je l'aime. Je les aime. Mais les fiiiiiiiiiiiiilles où êtes-vous ?? Comment je vais faire sans vous ?