dimanche 25 juillet 2010

J'ai mis dans ma valise...

Bizarrement j'avais oublié d'acheter de nouvelles brosses à dent et une crème hydratante. Va falloir prendre les vieilles et finir un vieux tube pour ne pas avoir une peau de crocodile... Aucune importance. Les sacs sont bouclés, l'appart est nickel, on va s'envoler demain à 12h15 et c'est super excitant comme histoire.

On s'est un peu engueulés mais pas tant que ça.
J'ai pleuré mais je me sens bien.
J'ai un super nouvel objectif pour faire de belles photos et ça me rend vraiment heureuse.
J'ai envie d'écrire des cartes postales.
J'ai les adresses dans mon petit carnet, avec des mots doux de mes copines.
J'ai eu la place de glisser une robe à pois et une de ces horribles jaquettes (on dit cardigan maintenant :-) qui pendouille un peu que j'aime tant.
On est heureux en fait.
Les enfants sont un poil chiants et se foutent dessus mais on a envie de croire qu'avec le voyage ils vont se calmer. C'est beau l'amour, et tellement naïf.
Je me sens toute chose...

Je je je ... et mes 3 hommes alors? Et bien, leurs sacs sont ficelés, les enfants ont glissés leurs affaires perso dans leur sac et juste là maintenant, le petit ronfle, le grand n'arrive pas à dormir à cause du concert d'Indochine (Paléooooooooo, zont un abonnemnt ceux-là ou bien?) qu'on entend bien de chez nous et mon mec se demande pourquoi je ne viens pas me coucher avec lui dans NOTRE grand lit...

Et c'est l'heure d'aller ranger les passeports et vérifier pour la 10 ème fois qu'on a bien les billets d'avion et la carte visa!

Bonne nuit ;-)

vendredi 16 juillet 2010

Toi Tarzan moi Jane

A l'annonce de notre départ en famille, la réaction habituelle se résume, à peu de chose près, à : "Waouh, génial! quelle chance!"
Suivi tout de suite après d'un truc du genre:
"Vous avez du courage, en tous les cas moi je ne le ferai pas... un an 24h/24 tous ensemble? Non je ne pourrai pas...!"

Et dans ces moments-là je me dis "On est cinglés ou bien?"

Quand je pense à nos vacances en famille, j'ai des images plutôt contrastées. Généralement on s'engueule tous au bout de 3 jours (enfin c'est surtout moi qui gueule, suis pas leur esclave quand même, les vacances c'est pour tout le monde, gnagnagna gnagnagna!!), puis on enchaîne sur quelques jours plutôt sympas, tendres et rigolos, entrecoupés de quelques bonnes gueulantes à l'heure de la douche et du rangement des affaires. Et dès le douzième jour je compte honteusement en cachette les heures qui me séparent du retour au boulot. J'ai un souvenir très précis du plaisir subtil de la première pause café avec les collègues le lundi de la rentrée. Soupirs d'aise, comparatifs de bronzage, anecdotes marrantes et le sentiment de respirer (enfin) tranquillement sans une smala gigotante et exigeante collée à mes trousses. (Oui je sais, c'est pô bien, mais voilà c'est comme ça).

Alors une année tous ensemble? Euh... Oui, on est sûrement cinglés. Et pourtant j'en ai envie. Viscéralement, profondément, comme une exigence. Couper avec l'habituel, se retrouver différemment, apprendre à se connaître mieux. Echanger, rigoler, discuter, découvrir, s'aimer très fort.

Après avoir retourné la question de la cohabitation dans tous les sens, analysés nos travers à la loupe et imaginé le pire, j'ai proposé à chéri de faire une sorte de charte de cohabitation qui respecte un besoin essentiel propre à chacun, ainsi que l'établissement de 2-3 règles de savoir vivre en groupe. Car, comme dit ma môman, "le mode www.perso.com c'est sûr ça va pas le faire".

Besoin n° 1 d'Yves: faire 2 heures de sport tous les 2 jours. Le connaissant faudra plutôt compter le double car quand il a fini son cardio il fait encore un peu de corde à sauter, quelques pompes, son yoga, son gainage, ses étirements, ses respirations, sa douche, il se rase, bref y en a pour genre 3-4 heures minimum. Ok. Quiconque connaît un peu Yves sait que si on lui enlève cette soupape il devient inbuvable, donc il en va de toute façon de la survie du groupe qu'il fasse son sport.

Besoin n° 1 de Sophie: lire tous les jours environ une heure sans qu'on l'interrompe toutes les 2 minutes par des:
Mamannnnnnnnnnnn il est où mon MP3 ?
Maman, je m'ennuie
Maman? Tu veux me lire une histoire?
Maman? On mange quand j'ai faim!
Soph? Je voulais te dire un truc...
Soph? T'as pas vu mon natel?
etc etc...

On va bien sûr aussi demander aux enfants quel est leur besoin quotidien prioritaire et le noter. (Il faut noter sinon pfuitttttttttt c'est parti). A cela s'ajoutent des notions de participation quotidienne aux tâches ménagères pour tous (oui tous, même le petit, et on choisit pas ce qu'on veut, hein, on fait à tour de rôle les corvées) ainsi que des principes de convivialité qui excluent grossièreté et vilains coups bas. Comprendre : il est exclu de se traiter de tous les noms à tout bout de champ! Les insultes entre les garçons y en a ras le bol, c'est juste invivable.

Et puis on va apprendre à vivre ensemble, tranquillement et là, à mon avis, une seule chose fonctionne: prendre sur soi dans les moments un peu difficiles (= se la BOUCLER). On discute quand on est calmes, autour d'un apéro. Point barre.

J'en vois déjà qui sourient en nous traitant de naïfs :-)

J'ai également envie de tester une théorie tombée tout droit de la préhistoire (??) que j'ai entendue ces derniers mois et qui m'interpelle à titre perso: afin de mieux équilibrer le couple et la famille, il serait bon de jouer à fond sur la complémentarité des sexes. Il s'agirait de (re)donner sa place à l'Homme, au mâle, au chef de tribu. Comprendre: lui confier la responsabilité et la sécurité de la tribu et lui laisser les rênes de l'autorité sur les enfants. Et du coup se couler en gentille femelle dans un espace plus serein, plus convivial, plus léger. Bon c'est pas pour autant qu'il peut pas nettoyer les chiottes et donner un coup de main pour faire les devoirs aux petits, hein! Non c'est plus subtil, c'est au niveau du regard que l'on pose sur l'autre et sur la manière globale de fonctionner. Exit la mégère râleuse, laissons l'homme gérer la situation. Et la vaisselle. Mais ça faut lui demander très gentiment. Voyez le genre?




Avec Yves qui adore jouer au chef, ça ne devrait pas être trop compliqué. Et surtout, ce qui est cool, c'est que je ne vais pas me prendre la tête avec lui en route, genre "Euh tourne à droite, non à gauche, euh à droite, mais là, va làà............ Merde trop tard, mais c'est pas possible on aloupé la sortie je t'avais dit de sortir là... Comment ça je suis nulle j'ai mal expliqué?!!"...  Non non non. Les cartes, l'orientation, l'endroit où garer le camping-car le soir, le contrôle de la carte visa, ce sera lui. Le feu, la chasse aux moustiques, l'affrontement avec l'ours, encore lui. Pendant ce temps, je pourrai l'admirer et lui dire à quel point il est fort. Et beau. Et du coup il me trouvera fantastique et tout le monde sera content. On trouvera même un petit coin secret pour roucouler en amoureux. (Derrière le camping-car au milieu de la nuit? Dans les douches du camping?)

Fin de la théorie :-), début du bonheur à deux.

4 générations de féministes pour en arriver là. Eh bê, c'est pas gagné.
Mais il paraît que ça marche, alors j'ai une année pour tenter ma chance :-) (promis je vous mettrai des photos de l'Homme en pleine action).
Ce sera toujours mieux que de se râper sur le poil.