(Texte de chéri)
Voilà, la boucle est bouclée. Il faut sérieusement penser à la suite, à notre vie en suisse, au travail, à l’école de nos petits loulous, en bref, au retour à la vie dite normale. C’est le moment aussi de faire le bilan de ce voyage. Bilan de cette folle aventure à quatre pendant une année, de ce voyage un peu dingue que j’ai adoré, mais où j’ai un peu souffert aussi. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je n’ai pas toujours très bon caractère, supporte mal la frustration et il y a pleins de choses que je n’aime pas. Mais plus que tout, je n’aime pas : avoir chaud (bien vu les 7 mois en Asie à 35 degrés, avoir faim (si je mange pas, je peux vite tourner insupportable), les moustiques (une année de moustiques, moi content !), et attendre (on a beaucoup attendu, du coup maintenant ça va mieux). Sophie ne devait pas être dans son état normal quand elle m’a proposé de faire ce voyage, d’ailleurs j’ai toujours pas compris pourquoi elle l’a fait et pourquoi j’ai dis oui !!!
Mais une des questions qu’on va probablement nous poser plus d’une fois car elle suscite déjà de l’intérêt chez les gens qui nous entourent, c’est « Qu’est ce que ce voyage a changé dans notre vie, dans notre façon de penser et de voir les choses ? ». En réalité, ce n’est pas si simple de répondre à cette question et je pense qu’il nous faudra probablement un peu de temps pour pouvoir y donner une réponse précise. Il nous faudra aussi du temps pour digérer et réaliser ce que nous avons vécu pendant une année, car nous avons vu tellement de choses que j’ai des fois de la peine à me dire que nous avons vraiment fait tout ça.
Des souvenirs, bien sûr qu’il y en a pleins, des découvertes culinaires dans pratiquement tous les pays (le maïs bio de Roxanne au Canada, la traditionnelle soupe de nouilles Pho du Vietnam, le massaman curry et le coquelet grillé de Thaïlande, la fondue See-Food du Cambodge, le poisson frit et le cheese cake du Laos et les crevettes fraîches d’Australie), des belles découvertes (le Québec et son peuple si incroyable de gentillesse, la descente en campig car de la côte ouest en Californie, la grande découverte des pays de l’Asie du sud-est, le Laos qui restera la plus belle surprise de ce voyage et mon coup de cœur personnel et encore l’Australie qui est toujours aussi magnifique), des belles rencontres aussi (merci à toutes les personnes rencontrées lors de ce voyage avec qui nous avons partagé un bout de chemin et merci à ceux qui sont venu nous voir depuis la suisse) et des moments magiques (quand je me suis retrouvé avec Timo à moins d’un mètre d’une otarie sauvage dans la mer à San Diego, la première traversée de piscine d’Arno quand il a appris à nager à San Francisco, quand je me suis baigné avec un éléphant en Thaïlande avec Lilou et Marcos, quand nous avons joué dans la rivière avec des moines à au Laos, ma première vague surfée en Australie et notre nuit en amoureux avec Sophie dans un Relais & Châteaux à Bali pour notre anniversaire de mariage). J’en oublie sûrement plein d’autres, mais ceux-ci sont ceux qui me viennent en tête.
Le revers de la médaille de notre voyage, c’est que j’ai réalisé à quel point notre planète est fragile et polluée, le vrai problème du manque d’eau dans certains pays et l’énorme quantité de déchets plastiques qu’il y a un peu partout dans le monde. Dans nos pays on y réfléchit depuis quelques temps, on sait que ces problèmes existent, mais vu que chez nous ça va pas trop mal, on s’en fout un peu. Mais ici, c’est une autre histoire, l’eau manque cruellement dans plein de pays et c’est comme par hasard ces mêmes pays qui vivent au milieu de leurs déchets. En Suisse, on pose notre sac poubelle sur le trottoir ou dans le container et puis voilà c’est fini, on y pense plus. Mais là, il n’y a pas de camion qui passe alors on lance les déchets un peu partout, derrière la maison, dans le caniveau ou encore mieux, dans la rivière (déchets, poubelles, excréments, animaux morts et cadavres finissent dans les rivières), comme ça c’est plus propre et comme ils disent là-bas « la mer est grande ! ». Bref, tout ceci pour dire que ce n’est pas jojo et que ça fait peur. Mais il est vrai aussi que leur problème principal c’est de trouver du boulot pour survivre et pour manger, alors les poubelles ne font pas vraiment partie des priorités !
Il faut vraiment que nous ayons une prise de conscience générale sur notre façon de consommer et sur la façon dont nous épuisons les ressources de notre planète. Comme le dit très bien Pierre Rabhi dans son dernier livre « Manifeste pour la terre et l’humanisme », « il est temps que nous prenions conscience de notre inconscience ». Oui je sais, dit comme ça fait un peu rubrique catastrophe du Matin. Mais après avoir voyagé pendant une année et vu tellement de choses, de pays, de gens, de situations et de conditions de vie, et quand je vois ce que nous faisons de notre terre, je m’inquiète et me demande quelle planète allons-nous laisser à nos enfants et à nos petits enfants ? Nous n’apprenons rien de nos erreurs, nous reproduisons encore et toujours les mêmes choses, nous pensons qu’à faire du profit immédiat et qu’à notre confort personnel, sans penser aux conséquences futures et aux ressources limitées qui sont à notre disposition. C’est à nous maintenant de montrer l’exemple et de faire quelque chose. C’est à nous d’arrêter de consommer des fraises cultivées en Espagne avec des produits chimiques interdits en Europe. C’est à nous de veiller que les commerçants locaux survivent face aux monstres machines alimentaires et commerciales de notre pays. Si nous commencions par aller acheter nos fruits et nos légumes chez le paysan local au lieu d’aller bêtement à la Migros ou à la Coop acheter des produits sans goût, pauvres en vitamines et en minéraux et de plus, bourrés de produits chimiques qui finiront par nous rendre tous malade, se serait génial et croyez-le, ça changerait pleins de choses…
Tout n’est pas noir non plus, nous avons croisé des gens magnifiques et des associations qui se bougent et qui essaient de changer les choses ou du moins de les rendre meilleures avec leurs propres moyens. Et malgré ce tableau un peu sombre (dixit Sophie), j’ai espoir que l’homme réussisse à sauver notre planète. J’ai vu tant de sourires et de joie de vivre sur tellement de visages que j’ai envie d’y croire. Envie d’espérer qu’un jour ceux qui nous dirigent réalisent le potentiel offert par notre planète et se donnent les moyens d’en faire quelque chose de bien. J’espère juste que ce n’est pas un rêve éveillé !
En conclusion, Sophie et Timo sont partagés entre le plaisir de rentrer et la tristesse de vivre la fin d’une grande et belle aventure, et d’une vie de rêve pendant une année. Arno et moi sommes heureux de rentrer, heureux d’avoir vécu cette belle année et vu tant de choses, mais très heureux de retrouver notre chez nous. Ce qui m’aura le plus manqué à part la nourriture, c’est les amis, le sport avec mon frère, les ballades en montagne, notre belle ville de Nyon et son lac, notre appartement, mes BD et nos séries DVD. Ce voyage m’aura permis de vivre des moments magiques avec Sophie et les enfants, probablement de grandir un peu aussi, d’ouvrir les yeux sur une certaine réalité, de relativiser les choses et d’apprécier les choses simple (ce matin nous nous sommes extasiés et réjouis devant un rouleau de PQ dans la salle de bains, objet peu courant dans les toilettes asiatiques), j’ai aussi pris conscience de l’importance de protéger notre planète, de vraiment faire un effort pour manger mieux et surtout, ce qui n’est pas rien, de trouver enfin ce que je voulais faire de ma vie. Je ne sais pas comment on va vivre ce retour en suisse, mais ça va être cool et je me réjouis de vous revoir…
Les dernières photos, deux jours sur l'île de Sentosa, calme et repos avant le retour...
Photos, états d'âmes, infos et souvenirs d'une famille suisse partie pour un tour du monde. Destinations: Québec, Californie, Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande, Australie, Indonésie, Malaisie. Juillet 2010- juillet 2011.
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lundi 11 juillet 2011
samedi 21 mai 2011
Rêve, réalité et bilan (après 10 mois de voyage)
Texte de chéri
Le rêve et la réalité sont comme la théorie et la pratique, deux choses très souvent bien différentes. C’est donc le moment de faire un petit bilan de notre voyage après bientôt 10 mois et surtout après nos 6 mois en Asie. Nous avons décidé dès le début de cette aventure de toujours dire les choses avec franchise et sans enjoliver les faits. Nous pourrions vous dire que tout est magnifique, que tout va pour le mieux et que les enfants sont des anges, mais serait-ce vraiment intéressant ? Le but n’est pas de se plaindre alors que nous sommes en train de réaliser ce qui restera probablement un des plus beau souvenir de notre vie, mais juste de faire une analyse réaliste de ce que nous sommes réellement en train de vivre et de ce que ça signifie de partir faire le tour du monde en famille (pour les fous qui voudraient encore tenter l’aventure). Voici donc un petit topo des plus et des moins de notre voyage.
Partir à quatre pendant une année et revenir à quatre est déjà un exploit en soit. Vivre une année collés les uns aux autres 24 heures sur 24 est probablement une des chose les moins évidentes qu’il m’a été donné de vivre (moi qui aime avoir du temps libre, faire des trucs seul dans mon coin et être dans ma bulle). Par contre d’un autre côté, c’est également la meilleure chose qu’il me soit arrivé et je suis convaincu que nos vies, nos relations de couple et de famille en seront positivement modifiées à jamais. Ce que je sais après une année partagée avec Sophie et les enfants, c’est que nous en sortirons plus fort et plus confiants qu’avant. Et même si pendant le voyage nous avons eu des moments de doutes sur nos vies et sur les relations de couple, cette année nous a permis de beaucoup parler, de réfléchir, de faire le point sur nos objectifs et nos priorités, de remettre les compteurs à zéro, de recharger les batteries et de prendre de bonnes décisions pour nos avenirs personnels, de couple et de famille.
Le rêve était donc le tour du monde en famille pendant une année. Je pense que tout ceux qui sont partis dans ce genre de délire n’avaient, comme nous, probablement pas réalisé ce que cela voulait réellement dire au jour le jour. En réalité, il y a trois facteurs importants à prendre en compte : tout dépend des moyens financiers à disposition, des objectifs du voyage et des personnalités de chacun. Pour nous les choses étaient assez claires dès le début, le budget à ne pas dépasser sans compter les frais de transports était de CHF 200.- par jour pour les quatre, les objectifs étaient de voir des pays différents, de rencontrer des gens et de voir un maximum d’animaux dans leurs milieu naturel et nos personnalités étaient connues d’avance, quatre caractères de cochon, donc une bonne ambiance prévue à l’horizon !
Le Budget
Pour moi, tout est trop cher, sauf en Asie ! Je ne me considère pas comme un radin, mais je trouve que les choses en général sont trop chères par rapport à la qualité des produits ou des services proposés. Le prochain qui me dit que la vie en Suisse est chère, je lui ris au nez. Ok, on paie le prix plein pour les loyers et les assurances maladie, mais pour le reste, je vous promets qu’on est mieux chez nous qu’au Canada, au USA ou en Australie (si on compare les prix en tenant compte de la qualité de vie). Ce qu’il faut en réalité pour bien vivre en Suisse, c’est apprendre à dépenser moins, à vivre plus simplement et arrêter de consommer comme des malades. Cela demande certains sacrifices et quelques changements de vie, par contre le résultat en vaut probablement la peine.
Certains m’on dit que je ne reviendrai pas en Suisse après une année de voyage car je trouverai mieux ailleurs… j’ai pas encore trouvé ! Il est vrai qu’on peut vivre très bien et avec moins en Asie par exemple. Là-bas tout semble magique, la vie et les gens sont vraiment cool, pas de stress, pas de prise de tête et tout est simple et facile. La vie coûte trois fois rien, on y mange merveilleusement bien, on trouve des boui-bouis locaux délicieux à tout les coin de rue pratiquement 24h/24, on peut très bien dormir pour des sommes ridicules, on peut se faire faire des supers massages et il y a pleins de choses magnifiques à voir. Mais malgré toutes ces choses positives, après 6 mois passés sur place, je vous promets que le fantasme d’une retraite en Asie n’est plus d’actualité et que ma jalousie sur quelques connaissances parties vivre dans ces pays n’a plus raison d’être. Trop chaud pour moi et un manque de diversité qui fait qu’on s’ennuie un peu au bout d’un moment.
Mais grâce à l’Asie, on va donc tenir le budget annuel, alors moi content ! Mais ça n’a pas été sans douleur. Il a fallu expliquer à Timo qu’il ne pouvait pas manger des steaks et des crevettes à tous les repas, dire à Arno que ce n’était pas chaque semaine Noël et qu’il ne pouvait pas recevoir des cadeaux et aller dans des parcs d’attraction tous le temps, en ce qui me concerne j’ai dû faire un gros effort sur nos logements (finie la vie de château de l’époque du Golf avec Palace et cinq étoiles) et pour Sophie, à part deux paires de lunettes de soleil perdues, rien à dire. Par contre, il faut faire les comptes tous les jours pour pas perdre le fil et même si on a bien profité tout au long du voyage, on aura fait très attention et évité beaucoup d’envies (surtout au niveau des repas). En résumé, si vous êtes un peu juste sur le budget, prévoyez un voyage plus court pour ne pas être trop frustrés et devoir manger au Mc Do trop souvent (dans les pays occidentaux), et dormir dans des auberges de jeunesses pourries avec des petites bêtes cachées dans les draps. Ou alors, allez en Asie et profitez à fond…
Les Objectifs
De ce côté, les attentes sont presque atteintes. On a vu pleins d’animaux pour les enfants, on a traversé les pays qu’on voulait voir, on a rencontré des gens supers intéressants et vécu pleins de moments magiques. Le bémol est à nouveau les prix au Canada, au USA et en Australie. Tout est extrêmement cher et la moindre activité en famille coûte une fortune. Dans certains pays la formule famille n’existe même pas et dans d’autres les enfants dès 12 ans paient plein pot. Une simple visite dans un musée peut vite coûter 40 dollars, un parc d’attraction 120 dollars et un aller retour en bus et en métro à la plage 35 dollars. Le pire restera deux remontées en téléphérique dans les Blues Mountains en Australie, 50 dollars pour 2 minutes de transport (y en a vraiment qui nous prennent pour des cons). Il faut savoir aussi qu’on paie pour regarder les beaux paysages au Canada et au USA, c’est un peu comme si on devait payer pour aller à la Dôle regarder la vue ou pour avoir le droit de regarder le Cervin !
L’Asie par contre est à nouveau très intéressante au niveau des prix, mais ce n’est pas vraiment là-bas qu’on trouve les supers attractions pour les enfants. L’Asie c’est plutôt temples, rivières et chutes d’eau, montagnes sacrées, méditation et bouddhas. En résumé : la Thaïlande restera le pays qui nous a le moins séduit (sauf l’île de Kho Chang qu’on a adoré), trop moderne et trop développé pour nous même si tout y est accessible facilement. Le Vietnam restera la bonne surprise, des gens volontaires et qui savent ce qu’ils veulent dans un pays magnifique avec des paysages uniques mais néanmoins marqué par une histoire difficile. Le Cambodge sera le pays le moins apprécié de notre tour asiatique, trop de souffrance encore visible et peu de moyen donné par les pouvoirs politiques pour sortir ce pays de la misère. Et notre coup de cœur restera le Laos, pays encore authentique où l’on trouve une Asie intacte et pas trop contaminée par le modernisme et le tourisme avec là aussi des paysages somptueux. Pour le reste, le Québec reste notre gros coup de cœur pour la mentalité de ces gens (vraiment sympa et cool) en avance sur le reste du monde en ce qui concerne la place de la femme dans la société et le partage des tâches ménagères ! San Francisco a été notre ville coup de cœur des USA et pour l’Australie on a flashé sur Sydney (mais ce n’est pas fini, il nous reste encore 3 semaines en Australie et 5 semaines en Indonésie).
Conclusion
Une belle leçon de vie et une expérience unique pour nos vies. Même si les répercutions sur les enfants prendront probablement plusieurs années à venir, je pense que nous en sortirons tous meilleur. Je ne sais pas si j’ai vraiment changé (personnellement je ne trouve pas), mais j’ai une autre vision du monde et un autre regard sur les gens. Ma déception sera de ne pas avoir pu communiquer plus avec les locaux en Asie, même si on voyage sac au dos et qu’on reste souvent plus longtemps sur place, on reste des touristes malgré tout et les contacts plus personnels sont très difficiles à obtenir. Timo et Arno ont développé une complicité géniale, Timo a grandi et il est devenu encore plus cool en voyage même s’il reste un vrai casse pieds de temps en temps, Arno a pris confiance en lui mais est toujours un pénible de premier choix qui se plaint toutes les 5 minutes quand c’est pas comme il aime. Quand à Sophie, elle reste la femme de ma vie et je suis fière d’elle, elle a tenu le coup pendant une année avec trois mecs pas toujours très bien élevés et des fois pas très cool. Deux choses lui ont affreusement manqué, ses copines et sa Nespresso, mais le retour approche et même si tout ça est merveilleux, beaucoup de choses nous manquent et le retour sera une grande joie pour nous tous.
Alors à tout bientôt. Yves
Le rêve et la réalité sont comme la théorie et la pratique, deux choses très souvent bien différentes. C’est donc le moment de faire un petit bilan de notre voyage après bientôt 10 mois et surtout après nos 6 mois en Asie. Nous avons décidé dès le début de cette aventure de toujours dire les choses avec franchise et sans enjoliver les faits. Nous pourrions vous dire que tout est magnifique, que tout va pour le mieux et que les enfants sont des anges, mais serait-ce vraiment intéressant ? Le but n’est pas de se plaindre alors que nous sommes en train de réaliser ce qui restera probablement un des plus beau souvenir de notre vie, mais juste de faire une analyse réaliste de ce que nous sommes réellement en train de vivre et de ce que ça signifie de partir faire le tour du monde en famille (pour les fous qui voudraient encore tenter l’aventure). Voici donc un petit topo des plus et des moins de notre voyage.
| chouettes moments en famille à Woolgoolga |
Le rêve était donc le tour du monde en famille pendant une année. Je pense que tout ceux qui sont partis dans ce genre de délire n’avaient, comme nous, probablement pas réalisé ce que cela voulait réellement dire au jour le jour. En réalité, il y a trois facteurs importants à prendre en compte : tout dépend des moyens financiers à disposition, des objectifs du voyage et des personnalités de chacun. Pour nous les choses étaient assez claires dès le début, le budget à ne pas dépasser sans compter les frais de transports était de CHF 200.- par jour pour les quatre, les objectifs étaient de voir des pays différents, de rencontrer des gens et de voir un maximum d’animaux dans leurs milieu naturel et nos personnalités étaient connues d’avance, quatre caractères de cochon, donc une bonne ambiance prévue à l’horizon !
Le Budget
Pour moi, tout est trop cher, sauf en Asie ! Je ne me considère pas comme un radin, mais je trouve que les choses en général sont trop chères par rapport à la qualité des produits ou des services proposés. Le prochain qui me dit que la vie en Suisse est chère, je lui ris au nez. Ok, on paie le prix plein pour les loyers et les assurances maladie, mais pour le reste, je vous promets qu’on est mieux chez nous qu’au Canada, au USA ou en Australie (si on compare les prix en tenant compte de la qualité de vie). Ce qu’il faut en réalité pour bien vivre en Suisse, c’est apprendre à dépenser moins, à vivre plus simplement et arrêter de consommer comme des malades. Cela demande certains sacrifices et quelques changements de vie, par contre le résultat en vaut probablement la peine.
Certains m’on dit que je ne reviendrai pas en Suisse après une année de voyage car je trouverai mieux ailleurs… j’ai pas encore trouvé ! Il est vrai qu’on peut vivre très bien et avec moins en Asie par exemple. Là-bas tout semble magique, la vie et les gens sont vraiment cool, pas de stress, pas de prise de tête et tout est simple et facile. La vie coûte trois fois rien, on y mange merveilleusement bien, on trouve des boui-bouis locaux délicieux à tout les coin de rue pratiquement 24h/24, on peut très bien dormir pour des sommes ridicules, on peut se faire faire des supers massages et il y a pleins de choses magnifiques à voir. Mais malgré toutes ces choses positives, après 6 mois passés sur place, je vous promets que le fantasme d’une retraite en Asie n’est plus d’actualité et que ma jalousie sur quelques connaissances parties vivre dans ces pays n’a plus raison d’être. Trop chaud pour moi et un manque de diversité qui fait qu’on s’ennuie un peu au bout d’un moment.
Mais grâce à l’Asie, on va donc tenir le budget annuel, alors moi content ! Mais ça n’a pas été sans douleur. Il a fallu expliquer à Timo qu’il ne pouvait pas manger des steaks et des crevettes à tous les repas, dire à Arno que ce n’était pas chaque semaine Noël et qu’il ne pouvait pas recevoir des cadeaux et aller dans des parcs d’attraction tous le temps, en ce qui me concerne j’ai dû faire un gros effort sur nos logements (finie la vie de château de l’époque du Golf avec Palace et cinq étoiles) et pour Sophie, à part deux paires de lunettes de soleil perdues, rien à dire. Par contre, il faut faire les comptes tous les jours pour pas perdre le fil et même si on a bien profité tout au long du voyage, on aura fait très attention et évité beaucoup d’envies (surtout au niveau des repas). En résumé, si vous êtes un peu juste sur le budget, prévoyez un voyage plus court pour ne pas être trop frustrés et devoir manger au Mc Do trop souvent (dans les pays occidentaux), et dormir dans des auberges de jeunesses pourries avec des petites bêtes cachées dans les draps. Ou alors, allez en Asie et profitez à fond…
Les Objectifs
De ce côté, les attentes sont presque atteintes. On a vu pleins d’animaux pour les enfants, on a traversé les pays qu’on voulait voir, on a rencontré des gens supers intéressants et vécu pleins de moments magiques. Le bémol est à nouveau les prix au Canada, au USA et en Australie. Tout est extrêmement cher et la moindre activité en famille coûte une fortune. Dans certains pays la formule famille n’existe même pas et dans d’autres les enfants dès 12 ans paient plein pot. Une simple visite dans un musée peut vite coûter 40 dollars, un parc d’attraction 120 dollars et un aller retour en bus et en métro à la plage 35 dollars. Le pire restera deux remontées en téléphérique dans les Blues Mountains en Australie, 50 dollars pour 2 minutes de transport (y en a vraiment qui nous prennent pour des cons). Il faut savoir aussi qu’on paie pour regarder les beaux paysages au Canada et au USA, c’est un peu comme si on devait payer pour aller à la Dôle regarder la vue ou pour avoir le droit de regarder le Cervin !
L’Asie par contre est à nouveau très intéressante au niveau des prix, mais ce n’est pas vraiment là-bas qu’on trouve les supers attractions pour les enfants. L’Asie c’est plutôt temples, rivières et chutes d’eau, montagnes sacrées, méditation et bouddhas. En résumé : la Thaïlande restera le pays qui nous a le moins séduit (sauf l’île de Kho Chang qu’on a adoré), trop moderne et trop développé pour nous même si tout y est accessible facilement. Le Vietnam restera la bonne surprise, des gens volontaires et qui savent ce qu’ils veulent dans un pays magnifique avec des paysages uniques mais néanmoins marqué par une histoire difficile. Le Cambodge sera le pays le moins apprécié de notre tour asiatique, trop de souffrance encore visible et peu de moyen donné par les pouvoirs politiques pour sortir ce pays de la misère. Et notre coup de cœur restera le Laos, pays encore authentique où l’on trouve une Asie intacte et pas trop contaminée par le modernisme et le tourisme avec là aussi des paysages somptueux. Pour le reste, le Québec reste notre gros coup de cœur pour la mentalité de ces gens (vraiment sympa et cool) en avance sur le reste du monde en ce qui concerne la place de la femme dans la société et le partage des tâches ménagères ! San Francisco a été notre ville coup de cœur des USA et pour l’Australie on a flashé sur Sydney (mais ce n’est pas fini, il nous reste encore 3 semaines en Australie et 5 semaines en Indonésie).
Conclusion
Une belle leçon de vie et une expérience unique pour nos vies. Même si les répercutions sur les enfants prendront probablement plusieurs années à venir, je pense que nous en sortirons tous meilleur. Je ne sais pas si j’ai vraiment changé (personnellement je ne trouve pas), mais j’ai une autre vision du monde et un autre regard sur les gens. Ma déception sera de ne pas avoir pu communiquer plus avec les locaux en Asie, même si on voyage sac au dos et qu’on reste souvent plus longtemps sur place, on reste des touristes malgré tout et les contacts plus personnels sont très difficiles à obtenir. Timo et Arno ont développé une complicité géniale, Timo a grandi et il est devenu encore plus cool en voyage même s’il reste un vrai casse pieds de temps en temps, Arno a pris confiance en lui mais est toujours un pénible de premier choix qui se plaint toutes les 5 minutes quand c’est pas comme il aime. Quand à Sophie, elle reste la femme de ma vie et je suis fière d’elle, elle a tenu le coup pendant une année avec trois mecs pas toujours très bien élevés et des fois pas très cool. Deux choses lui ont affreusement manqué, ses copines et sa Nespresso, mais le retour approche et même si tout ça est merveilleux, beaucoup de choses nous manquent et le retour sera une grande joie pour nous tous.
Alors à tout bientôt. Yves
mardi 11 janvier 2011
Le point après six mois de voyage...
Texte de chéri ;-)
Que le temps passe vite. Voilà bientôt 6 mois que notre aventure a commencé. Le 19 janvier, nous serons pile poil à la moitié de notre voyage et nous commencerons à nous rapprocher de notre retour avec, sans vous le cacher, un mélange de tristesse et de joie. Tristesse parce que pour tout vous dire, on s’y habitue à cette vie. Depuis 9 semaines que nous sommes en Asie, nous n’avons jamais mis la table, ni préparé notre repas, fait la vaisselle, fait notre lessive, fait le ménage, fait les courses, fait notre administratif, en fait, on fait rien et c’est vachement cool (le retour risque donc d’être vraiment terrible). Triste aussi parce que nous vivons quelque chose d’unique, de vraiment magique et qu’on aimerait que ça ne s’arrête pas déjà. Il y a bien sûr des moments moins drôles, j’ai même eu mon premier coup de blues quand Carole et Marcos sont rentré en suisse il y a deux jours, je serai bien allé avec eux juste un petit moment pour revoir la maison, les amis, la famille, pour manger un bon tartare, une fondue ou un bon pain avec du fromage, pour aller me faire un bon ciné avec un pote et pour faire une ballade en raquette dans le jura ou un tour en vélo avec mon frangin. Mais tout cela viendra bien assez vite et le 13 juillet va arriver sans qu’on s’en rende vraiment compte. Et hop, un jour on sera là comme avant, rien n’aura vraiment changé sauf peut-être dans nos têtes.
Le 6ème mois, c’est aussi le moment de faire le bilan à mi parcours et de faire une analyse de ces deux derniers mois en Asie (6 semaines au Vietnam et 3 semaines en Thaïlande). Premièrement, ces deux pays sont très différents, même si on ne peut pas encore vraiment parler de la Thaïlande car pour le moment on a vu que Bangkok et Koh Chang (on reviendra en Thaïlande en avril pour faire le nord et le sud et pour vous en dire un peu plus). Par contre, on a adoré le Vietnam de par l’authenticité du pays, la simplicité de la vie et la gentillesse des habitants, même si les premiers contacts sont plutôt froids et distants, les gens sont en fait d’une extrême bonté. La Thaïlande c’est autre chose, on voit que le business marche ici depuis longtemps et que c’est une affaire qui roule plutôt bien. Le revers de la médaille, c’est qu’ils sont dépassés par presque tout. Trop de monde, trop de voiture, trop de déchet, trop de pollution et trop de prostitution aussi avec son lot de vieux européens (et de jeunes) avec des filles thaï, pas cool !!! Pas évident non plus de gérer l’explosion d’un pays (y a du boulot dans le secteur de l’écologie), Bangkok est une ville de folie, 50 km de long et 10 millions d’habitants, attachante et étouffante à la fois, on adore ou on déteste car beaucoup trop de monde, de voitures et surtout de bouchons, on peut facilement mettre une heure pour faire 10 km en taxi. Les réseaux de transport sont très moyens et pour se déplacer c’est un vrai cauchemar.
Côté finance par contre c’est le paradis, et donc « moi content ». Le budget a été coupé en deux par rapport au Canada et au USA et avec un petit effort on pourrait même le couper en trois. On se loge pour Chf 30.- à 50.- par nuit pour toute la famille (pour Chf 30.- c’est du sommaire, mais pour Chf 50.- ou un peux plus on peut avoir la piscine et l’air conditionné). On mange pour trois fois rien et en plus c’est bon. Repas le moins cher au Vietnam Chf 6.- pour quatre et en Thaïlande Chf 2,50 pour trois (un Pad Thaï, une salade de Papaye verte et une assiette de poulet avec du riz plus une grande bouteille d’eau), rien à dire. Si on continue comme ça on risque de rentrer dans notre budget et de rattraper les dépenses excessives des 3 premiers mois, j’y travaille. Côté famille, ça roule plutôt bien, on commence à vraiment bien fonctionner et je crois qu’on va finir ce voyage à 4 et rentrer tous ensemble avec pleins d’étoiles dans les yeux. Les enfants ont grandi et ils ont bien changé. Sophie et moi allons bien, même si on a un peu perdu et mis entre parenthèse notre place de couple et qu’on est plus des parents et des copains (faudra que ça change au retour car je veux retrouver ma Soph et elle veut retrouver son Yves). Pas évident le 24h/24 pendant 12 mois, y à mieux pour le couple et la libido, mais bon on le savait et on s’y était préparé, donc ça va le faire.
Pour finir cette analyse, après deux mois en Asie, je dirais simplement qu’on est des « gros nazes » et qu’on à encore beaucoup à apprendre de la vie (quand je dis on, c’est pas uniquement Sophie, les enfants et moi, c’est nous tous, les soi-disant riches de cette planète). Après quoi courrons-nous tous ? Qu’attendons-nous de notre vie et de notre existence ? Qu’avons-nous envie de partager et de vivre ? Nous sommes si riches mais si pauvres en même temps, nous avons presque tout mais nous sommes souvent si seuls, nous croyons encore qu’avoir et posséder plein de choses nous apportera le bonheur alors que nous sommes les champions du monde des antidépresseurs. Nous faisons fausse route et on dirait que presque personne ne réalise que nous allons tout droit dans le mur et que la facture sera salée. En réalité, on veut toujours plus ou on veut justement le truc qu’on n’a pas. Les blancs veulent être bronzés, font du solarium, se paient des crèmes pour bronzer, quitte à choper un cancer de la peau, et ceux qui ont la peau foncée dépensent des fortunes pour des crèmes qui rendent la peau plus blanche. Y a comme un truc qui m’échappe… Ici, les gens n’ont peut-être pas grand-chose mais ils ont des familles et un cercle d’amis unis et soudés sur qui ils peuvent compter (pas comme chez nous où on n’ose presque pas demander un service par peur de déranger ou de perturber le programme). Ici, ce sont les rois de la combine et même si c’est souvent le grand bordel, ça marche quand même et surtout, ils vivent beaucoup plus simplement sans chercher à avoir sans arrêt plus ou mieux que le voisin. Ils ont l’air d’aller mieux que nous alors qu’ils n’ont pas le dixième de ce que nous avons. Nous réfléchissons trop et à force d’avoir le luxe de nous poser mille questions sur la vie et sur notre petite existence, on oublie tout simplement de vivre et d’être heureux. Une fois de plus, nous avons encore du travail…
Que le temps passe vite. Voilà bientôt 6 mois que notre aventure a commencé. Le 19 janvier, nous serons pile poil à la moitié de notre voyage et nous commencerons à nous rapprocher de notre retour avec, sans vous le cacher, un mélange de tristesse et de joie. Tristesse parce que pour tout vous dire, on s’y habitue à cette vie. Depuis 9 semaines que nous sommes en Asie, nous n’avons jamais mis la table, ni préparé notre repas, fait la vaisselle, fait notre lessive, fait le ménage, fait les courses, fait notre administratif, en fait, on fait rien et c’est vachement cool (le retour risque donc d’être vraiment terrible). Triste aussi parce que nous vivons quelque chose d’unique, de vraiment magique et qu’on aimerait que ça ne s’arrête pas déjà. Il y a bien sûr des moments moins drôles, j’ai même eu mon premier coup de blues quand Carole et Marcos sont rentré en suisse il y a deux jours, je serai bien allé avec eux juste un petit moment pour revoir la maison, les amis, la famille, pour manger un bon tartare, une fondue ou un bon pain avec du fromage, pour aller me faire un bon ciné avec un pote et pour faire une ballade en raquette dans le jura ou un tour en vélo avec mon frangin. Mais tout cela viendra bien assez vite et le 13 juillet va arriver sans qu’on s’en rende vraiment compte. Et hop, un jour on sera là comme avant, rien n’aura vraiment changé sauf peut-être dans nos têtes.
Le 6ème mois, c’est aussi le moment de faire le bilan à mi parcours et de faire une analyse de ces deux derniers mois en Asie (6 semaines au Vietnam et 3 semaines en Thaïlande). Premièrement, ces deux pays sont très différents, même si on ne peut pas encore vraiment parler de la Thaïlande car pour le moment on a vu que Bangkok et Koh Chang (on reviendra en Thaïlande en avril pour faire le nord et le sud et pour vous en dire un peu plus). Par contre, on a adoré le Vietnam de par l’authenticité du pays, la simplicité de la vie et la gentillesse des habitants, même si les premiers contacts sont plutôt froids et distants, les gens sont en fait d’une extrême bonté. La Thaïlande c’est autre chose, on voit que le business marche ici depuis longtemps et que c’est une affaire qui roule plutôt bien. Le revers de la médaille, c’est qu’ils sont dépassés par presque tout. Trop de monde, trop de voiture, trop de déchet, trop de pollution et trop de prostitution aussi avec son lot de vieux européens (et de jeunes) avec des filles thaï, pas cool !!! Pas évident non plus de gérer l’explosion d’un pays (y a du boulot dans le secteur de l’écologie), Bangkok est une ville de folie, 50 km de long et 10 millions d’habitants, attachante et étouffante à la fois, on adore ou on déteste car beaucoup trop de monde, de voitures et surtout de bouchons, on peut facilement mettre une heure pour faire 10 km en taxi. Les réseaux de transport sont très moyens et pour se déplacer c’est un vrai cauchemar.
Côté finance par contre c’est le paradis, et donc « moi content ». Le budget a été coupé en deux par rapport au Canada et au USA et avec un petit effort on pourrait même le couper en trois. On se loge pour Chf 30.- à 50.- par nuit pour toute la famille (pour Chf 30.- c’est du sommaire, mais pour Chf 50.- ou un peux plus on peut avoir la piscine et l’air conditionné). On mange pour trois fois rien et en plus c’est bon. Repas le moins cher au Vietnam Chf 6.- pour quatre et en Thaïlande Chf 2,50 pour trois (un Pad Thaï, une salade de Papaye verte et une assiette de poulet avec du riz plus une grande bouteille d’eau), rien à dire. Si on continue comme ça on risque de rentrer dans notre budget et de rattraper les dépenses excessives des 3 premiers mois, j’y travaille. Côté famille, ça roule plutôt bien, on commence à vraiment bien fonctionner et je crois qu’on va finir ce voyage à 4 et rentrer tous ensemble avec pleins d’étoiles dans les yeux. Les enfants ont grandi et ils ont bien changé. Sophie et moi allons bien, même si on a un peu perdu et mis entre parenthèse notre place de couple et qu’on est plus des parents et des copains (faudra que ça change au retour car je veux retrouver ma Soph et elle veut retrouver son Yves). Pas évident le 24h/24 pendant 12 mois, y à mieux pour le couple et la libido, mais bon on le savait et on s’y était préparé, donc ça va le faire.
Pour finir cette analyse, après deux mois en Asie, je dirais simplement qu’on est des « gros nazes » et qu’on à encore beaucoup à apprendre de la vie (quand je dis on, c’est pas uniquement Sophie, les enfants et moi, c’est nous tous, les soi-disant riches de cette planète). Après quoi courrons-nous tous ? Qu’attendons-nous de notre vie et de notre existence ? Qu’avons-nous envie de partager et de vivre ? Nous sommes si riches mais si pauvres en même temps, nous avons presque tout mais nous sommes souvent si seuls, nous croyons encore qu’avoir et posséder plein de choses nous apportera le bonheur alors que nous sommes les champions du monde des antidépresseurs. Nous faisons fausse route et on dirait que presque personne ne réalise que nous allons tout droit dans le mur et que la facture sera salée. En réalité, on veut toujours plus ou on veut justement le truc qu’on n’a pas. Les blancs veulent être bronzés, font du solarium, se paient des crèmes pour bronzer, quitte à choper un cancer de la peau, et ceux qui ont la peau foncée dépensent des fortunes pour des crèmes qui rendent la peau plus blanche. Y a comme un truc qui m’échappe… Ici, les gens n’ont peut-être pas grand-chose mais ils ont des familles et un cercle d’amis unis et soudés sur qui ils peuvent compter (pas comme chez nous où on n’ose presque pas demander un service par peur de déranger ou de perturber le programme). Ici, ce sont les rois de la combine et même si c’est souvent le grand bordel, ça marche quand même et surtout, ils vivent beaucoup plus simplement sans chercher à avoir sans arrêt plus ou mieux que le voisin. Ils ont l’air d’aller mieux que nous alors qu’ils n’ont pas le dixième de ce que nous avons. Nous réfléchissons trop et à force d’avoir le luxe de nous poser mille questions sur la vie et sur notre petite existence, on oublie tout simplement de vivre et d’être heureux. Une fois de plus, nous avons encore du travail…
mardi 2 novembre 2010
3 mois et 6 kilos plus tard !
Billet et bilan de chéri :-)
Voilà, la boucle de nos 3 premiers mois en Amérique du nord est bouclée, pleins de merveilleux moments et de chouettes souvenirs, quelques engueulades avec les enfants, une dispute avec Sophie et surtout, 4 kilos en plus autour de la taille pour moi et 2 pour ma tendre moitié, vive l’Amérique, ses Cheeseburgers et son Coca-cola. C’est donc pour moi le moment du bilan après trois mois de vie à quatre. Pour ceux que ça intéresse, en ce qui concerne les câlins, on a maintenu la moyenne au-dessus d’une fois par semaine (les deux tiers durant les deux fois cinq jours pendant lesquels on avait la chance d’avoir une chambre à nous. Sinon le reste du temps c’est plutôt galère). En ce qui concerne notre voyage, nous avons traversé pour le Canada : le Québec et l’Ontario avec Montréal, Trois Rivières, Québec, la Gaspésie, Blue Montain (Toronto) et les Chutes du Niagara pour les destinations principales, et la Californie, le Nevada et l’Utah pour les Etats-Unis avec San Francisco, Los Angeles, Las Vegas et San Diego comme villes principales.
Nous avons fait un peu moins de 4000 km en camping car, un peu plus de 3000 km en voiture et pris trois fois l’avion (pas bon pour notre quota de Co2). Sans vous refaire le résumé de chaque endroit avec ses plus et ses moins (Sophie et les enfants vont s’en occuper), je citerai juste l’incroyable gentillesse des Québécois et leurs forêts sauvages à perte de vue avec leur faune extraordinaire pour le Canada et pour les USA, les villes de San Francisco et de San Diego qui nous ont laissé une merveilleuse impression de vie dans un pays de fous où tout y est plus grand qu’ailleurs, mais ou la qualité de vie ne nous a pas convaincus ni le contact avec les gens qui sont froids et toujours aussi superficiels. Sans oublier le plus fort moment du voyage, quand j’ai nagé avec Timo et les otaries à la plage de la Jolla à San Diego, à voir sur les photos du blog.
Côté finance… comment dire, on va manger beaucoup de riz en Asie et les enfants vont jouer avec des bouts de bois trouvés dans la forêt. En résumé, on a un peu explosé le budget. Le Canada nous a coûté plus cher que prévu, et les activités des USA ont été douloureuses pour notre porte monnaie. Pour ces raisons et pour garder une trace de ce que nous avons fait (pour le jour ou les enfants nous diront qu’on a pas fait grand-chose pendant notre voyage), voici un petit résumé de ce que nous avons fait au Canada : Parc d’attraction de la Ronde, musée de la civilisation et Jardin Botanique à Montréal, visite du Parc de la Mauricie et rencontre des Baleines en zodiac à Tadoussac, descente d’une rivière en canoë dans le Parc Jacques Cartier et Parc d’attraction aquatique à Val Cartier, Explora Mer et visite du Parc du Bic en Gaspésie, Golf et Acqua Splasch au Blue Montain, Visite des Chutes du Niagara, Water Parc et journée Fun Pass pour Niagara Falls.
Pour les USA, voici nos activités avec les enfants : Exploratorium, Musée de la science et tour en catamaran pour San Francisco, Aquarium de Monterrey, tour de ville, casino pour enfants et Parc d’attraction Dôme Aventure à Las Vegas, Visite des Parcs Bryce Canyon et Zions International en Utah, Musée de la science, Lego Land et Zoo de San Diego plus visite des bateaux et sous-marins dans la baie de San Diego, musée de cire Madame Tussauds, Hollywood et Universal Studio pour finir en beauté à Los Angeles. Ces activités nous ont coûtés CHF 2'000.- au Canada et la même chose pour les USA. Les frais de transport ont été de CHF 7'000.- (bus, essence et billets d’avion) et la vie de tous les jours CHF 16'000.- pour le Canada et CHF 9'000.- pour les USA. Budget final pour nos trois mois CHF 36'000.- soit CHF 9’000.- de plus que prévu dans notre budget de départ (Aïe, aïe, aïe va falloir se serrer la ceinture).
Nous avons donc décidé de modifier la fin de notre voyage. Nous partons dans quelques jours pour le Vietnam via Singapour, suivis de la Thaïlande, du Cambodge et du Laos. Nous irons ensuite un mois en Australie (initialement prévu deux) et nous finirons par un mois à Bali. En conclusion après nos 3 premiers mois, nous avons choisi pour la suite du voyage de moins bouger, nous allons devoir bosser un peu plus l’école avec Timo et les enfants ont besoin de rester plus longtemps au même endroit. Nous avons également comme objectif d’aller à la rencontre des gens, de donner la possibilité aux enfants de plus jouer avec d’autres enfants et de vivre de manière plus locale. Ca va être dur pour Arno (il va revenir tout maigre) et surtout pour moi (adieu mon petit confort que j’aime tant). De beaux souvenirs et de belles expériences en vue, et en ce qui me concerne un objectif: revenir avec 4 kilos de moins !
Voilà, la boucle de nos 3 premiers mois en Amérique du nord est bouclée, pleins de merveilleux moments et de chouettes souvenirs, quelques engueulades avec les enfants, une dispute avec Sophie et surtout, 4 kilos en plus autour de la taille pour moi et 2 pour ma tendre moitié, vive l’Amérique, ses Cheeseburgers et son Coca-cola. C’est donc pour moi le moment du bilan après trois mois de vie à quatre. Pour ceux que ça intéresse, en ce qui concerne les câlins, on a maintenu la moyenne au-dessus d’une fois par semaine (les deux tiers durant les deux fois cinq jours pendant lesquels on avait la chance d’avoir une chambre à nous. Sinon le reste du temps c’est plutôt galère). En ce qui concerne notre voyage, nous avons traversé pour le Canada : le Québec et l’Ontario avec Montréal, Trois Rivières, Québec, la Gaspésie, Blue Montain (Toronto) et les Chutes du Niagara pour les destinations principales, et la Californie, le Nevada et l’Utah pour les Etats-Unis avec San Francisco, Los Angeles, Las Vegas et San Diego comme villes principales.
Nous avons fait un peu moins de 4000 km en camping car, un peu plus de 3000 km en voiture et pris trois fois l’avion (pas bon pour notre quota de Co2). Sans vous refaire le résumé de chaque endroit avec ses plus et ses moins (Sophie et les enfants vont s’en occuper), je citerai juste l’incroyable gentillesse des Québécois et leurs forêts sauvages à perte de vue avec leur faune extraordinaire pour le Canada et pour les USA, les villes de San Francisco et de San Diego qui nous ont laissé une merveilleuse impression de vie dans un pays de fous où tout y est plus grand qu’ailleurs, mais ou la qualité de vie ne nous a pas convaincus ni le contact avec les gens qui sont froids et toujours aussi superficiels. Sans oublier le plus fort moment du voyage, quand j’ai nagé avec Timo et les otaries à la plage de la Jolla à San Diego, à voir sur les photos du blog.
Côté finance… comment dire, on va manger beaucoup de riz en Asie et les enfants vont jouer avec des bouts de bois trouvés dans la forêt. En résumé, on a un peu explosé le budget. Le Canada nous a coûté plus cher que prévu, et les activités des USA ont été douloureuses pour notre porte monnaie. Pour ces raisons et pour garder une trace de ce que nous avons fait (pour le jour ou les enfants nous diront qu’on a pas fait grand-chose pendant notre voyage), voici un petit résumé de ce que nous avons fait au Canada : Parc d’attraction de la Ronde, musée de la civilisation et Jardin Botanique à Montréal, visite du Parc de la Mauricie et rencontre des Baleines en zodiac à Tadoussac, descente d’une rivière en canoë dans le Parc Jacques Cartier et Parc d’attraction aquatique à Val Cartier, Explora Mer et visite du Parc du Bic en Gaspésie, Golf et Acqua Splasch au Blue Montain, Visite des Chutes du Niagara, Water Parc et journée Fun Pass pour Niagara Falls.
Pour les USA, voici nos activités avec les enfants : Exploratorium, Musée de la science et tour en catamaran pour San Francisco, Aquarium de Monterrey, tour de ville, casino pour enfants et Parc d’attraction Dôme Aventure à Las Vegas, Visite des Parcs Bryce Canyon et Zions International en Utah, Musée de la science, Lego Land et Zoo de San Diego plus visite des bateaux et sous-marins dans la baie de San Diego, musée de cire Madame Tussauds, Hollywood et Universal Studio pour finir en beauté à Los Angeles. Ces activités nous ont coûtés CHF 2'000.- au Canada et la même chose pour les USA. Les frais de transport ont été de CHF 7'000.- (bus, essence et billets d’avion) et la vie de tous les jours CHF 16'000.- pour le Canada et CHF 9'000.- pour les USA. Budget final pour nos trois mois CHF 36'000.- soit CHF 9’000.- de plus que prévu dans notre budget de départ (Aïe, aïe, aïe va falloir se serrer la ceinture).
Nous avons donc décidé de modifier la fin de notre voyage. Nous partons dans quelques jours pour le Vietnam via Singapour, suivis de la Thaïlande, du Cambodge et du Laos. Nous irons ensuite un mois en Australie (initialement prévu deux) et nous finirons par un mois à Bali. En conclusion après nos 3 premiers mois, nous avons choisi pour la suite du voyage de moins bouger, nous allons devoir bosser un peu plus l’école avec Timo et les enfants ont besoin de rester plus longtemps au même endroit. Nous avons également comme objectif d’aller à la rencontre des gens, de donner la possibilité aux enfants de plus jouer avec d’autres enfants et de vivre de manière plus locale. Ca va être dur pour Arno (il va revenir tout maigre) et surtout pour moi (adieu mon petit confort que j’aime tant). De beaux souvenirs et de belles expériences en vue, et en ce qui me concerne un objectif: revenir avec 4 kilos de moins !
vendredi 17 septembre 2010
Le bilan après la 8ème semaine de voyage
(Rédigé par chéri)
Après 6 semaines de silence sur notre blog de famille (qui en réalité est plus celui de Sophie que le mien) c’est à nouveau moi qui prends le clavier pour écrire quelques lignes. Voilà deux mois que nous sommes partis et l’heure des premiers bilans a sonné. Bilan financier en premier, bilan familial ensuite et bilan personnel pour terminer. Ceux qui me connaissent savent que j’aime les chiffres, alors parlons finances : afin de respecter notre budget annuel qui devrait être de CHF 72'000.- sans les frais de transport (billets d’avions et transports internes en bus, en train ou en avion) nous avions comme objectif pour les trois mois en Amérique du Nord de vivre avec CHF 250.- par jour tout compris. Notre constat après deux mois… ça ne va pas être possible ! Notre aventure de Woofing qui devait en réalité durer trois semaines au Canada et qui a finalement été réduite à une, va augmenter d’environ CHF 4'500.- notre budget, donc de presque CHF 50.- par jour nos trois premiers mois, pas cool du tout !
En moyenne nous avons dépensé 120 à 140.- dollars par nuit pour les auberges des jeunesses et les divers hôtels. Finalement, les auberges coûtaient pratiquement le même prix que les hôtels avec le confort et la salle de bains en moins. Plus ou moins 20.- dollars pour les petits déjeuner, environ 40.- dollars pour les repas de midi et 60.- pour les repas du soir (sans faire de folie), on a fait 4 ou 5 bon restos à 100.- dollars mais c’est pas les rois de la gastronomie. Nous avons dépensé 50.- dollars par jour en frais de transport (métro, bus et voiture de location) et 30.- dollars pour les diverses activités, visites, musées, zoo, parc d’attraction, etc. Mais le plus douloureux dans notre budget auront été nos 12 jours en camping car. Au Canada, le camping car c’est très cher, 220.- dollars par jour pour la location, 80.- dollars de frais divers, taxes et kilomètres et sans oublier les 40.- dollars à payer par nuit dans les camping. Total, pas loin de 350.- dollars la journée. En résumé, au lieu d’être à 250.- dollars en moyenne par jour, on est à 300.- dollars et on termine à CHF 9'000.- de dépenses par mois au lieu des CHF 7500.- prévu. Conclusion, on va probablement réduire la durée prévue en Australie et se serrer le kiki en Asie.
Bilan familial : avec Sophie, ça roule. Plus je suis avec elle et mieux ça va, par contre côté intimité et gros câlins, on a déjà vu mieux… il faut dire que dormir toutes les nuits à quatre dans la même chambre pendant des semaines, c’est pas le pied pour la vie de couple et ça aide pas au développement de la libido. Mais les miracles existent, la semaine dernière, nous avons loué un appart pour 7 jours avec notre chambre rien que pour nous avec une « belle porte » et une chambre à deux lits pour les enfants, le bonheur à l’état pur. En ce qui concerne les deux terreurs, on va dire qu’on commence à trouver notre rythme de croisière et que nous vivons une sacrée remise en question. Sommes-nous de bons parents ? Et surtout, suis-je un bon père ? Cette question je me la pose chaque semaine sans avoir la réponse, le bon mode d’emploi n’existe pas et dans cette aventure il n’y a pas de porte de sortie. On est dans le même bateau pour une année, 24 heures sur 24, avec les bons et les mauvais moments à vivre tous ensemble. C’est un peu ma thérapie à moi et probablement la chance de répondre à certaines de mes questions existentielles. Ceci dit, si on arrive à les faire courir 2 ou 3 heures chaque jour dans la forêt ou au bord de la mer, c’est plutôt relax. Sinon c’est le champ de bataille à la maison avec les engueulades et les punitions de vaisselle. En gros on va dire qu’on vit 80% de très bons moments et 20% de « on pourrait mieux faire ».
Faisons maintenant ce que je vais appeler mon bilan personnel de ces deux premiers mois. Suis-je un fou inconscient qui n’a pas réfléchi avant de décider de vivre cette année là ? Peut-être. Il est vrai qu’à la base j’aime bien être seul. J’aime partir courir dans la montagne avec mon frère, voir mes copains pour une bonne petite bouffe, passer des moments en amoureux avec ma Soph et faire du sport avec les enfants. Depuis notre départ je me suis à plusieurs reprises posé la question « pourquoi ? » Mais en réalité, même si il y a des moments difficiles, même si pleins de choses me manquent, je suis très heureux de vivre cette aventure avec Sophie et les enfants. Nous avions besoin de faire un break dans nos vies, nous avons vécu beaucoup de choses ces dix dernières années et c’était le bon moment de partager cette aventure. Parce que nous avons également décidé, depuis que nous avons vendu notre maison de Crassier, de vivre différemment, de changer notre mode de consommation et d’arrêter la course en avant du toujours plus. Parce que simplement nous avons quarante ans et que c’est le bon moment de se poser les bonnes questions pour les 20 prochaines années, pour nos enfants et pour nous deux. Ce que j’attends de ce voyage, c’est simplement de savoir ce que je veux faire de ma vie et surtout ce que je ne veux plus faire. Je veux également vivre une aventure unique avec Sophie et les enfants car tout va très vite et bientôt ils seront déjà trop grands.
Je ne sais pas comment je serais dans une année, si je vais vraiment changer et voir la vie sous un autre angle comme certains me le disent. Tout ce que je sais après ces deux premier mois de voyage, c’est que cette année sera probablement la plus extraordinaire de ma vie et qu’elle aura des répercutions sur toutes les années qui me restent à vivre. Alors, que l’aventure continue…
Après 6 semaines de silence sur notre blog de famille (qui en réalité est plus celui de Sophie que le mien) c’est à nouveau moi qui prends le clavier pour écrire quelques lignes. Voilà deux mois que nous sommes partis et l’heure des premiers bilans a sonné. Bilan financier en premier, bilan familial ensuite et bilan personnel pour terminer. Ceux qui me connaissent savent que j’aime les chiffres, alors parlons finances : afin de respecter notre budget annuel qui devrait être de CHF 72'000.- sans les frais de transport (billets d’avions et transports internes en bus, en train ou en avion) nous avions comme objectif pour les trois mois en Amérique du Nord de vivre avec CHF 250.- par jour tout compris. Notre constat après deux mois… ça ne va pas être possible ! Notre aventure de Woofing qui devait en réalité durer trois semaines au Canada et qui a finalement été réduite à une, va augmenter d’environ CHF 4'500.- notre budget, donc de presque CHF 50.- par jour nos trois premiers mois, pas cool du tout !
En moyenne nous avons dépensé 120 à 140.- dollars par nuit pour les auberges des jeunesses et les divers hôtels. Finalement, les auberges coûtaient pratiquement le même prix que les hôtels avec le confort et la salle de bains en moins. Plus ou moins 20.- dollars pour les petits déjeuner, environ 40.- dollars pour les repas de midi et 60.- pour les repas du soir (sans faire de folie), on a fait 4 ou 5 bon restos à 100.- dollars mais c’est pas les rois de la gastronomie. Nous avons dépensé 50.- dollars par jour en frais de transport (métro, bus et voiture de location) et 30.- dollars pour les diverses activités, visites, musées, zoo, parc d’attraction, etc. Mais le plus douloureux dans notre budget auront été nos 12 jours en camping car. Au Canada, le camping car c’est très cher, 220.- dollars par jour pour la location, 80.- dollars de frais divers, taxes et kilomètres et sans oublier les 40.- dollars à payer par nuit dans les camping. Total, pas loin de 350.- dollars la journée. En résumé, au lieu d’être à 250.- dollars en moyenne par jour, on est à 300.- dollars et on termine à CHF 9'000.- de dépenses par mois au lieu des CHF 7500.- prévu. Conclusion, on va probablement réduire la durée prévue en Australie et se serrer le kiki en Asie.
Bilan familial : avec Sophie, ça roule. Plus je suis avec elle et mieux ça va, par contre côté intimité et gros câlins, on a déjà vu mieux… il faut dire que dormir toutes les nuits à quatre dans la même chambre pendant des semaines, c’est pas le pied pour la vie de couple et ça aide pas au développement de la libido. Mais les miracles existent, la semaine dernière, nous avons loué un appart pour 7 jours avec notre chambre rien que pour nous avec une « belle porte » et une chambre à deux lits pour les enfants, le bonheur à l’état pur. En ce qui concerne les deux terreurs, on va dire qu’on commence à trouver notre rythme de croisière et que nous vivons une sacrée remise en question. Sommes-nous de bons parents ? Et surtout, suis-je un bon père ? Cette question je me la pose chaque semaine sans avoir la réponse, le bon mode d’emploi n’existe pas et dans cette aventure il n’y a pas de porte de sortie. On est dans le même bateau pour une année, 24 heures sur 24, avec les bons et les mauvais moments à vivre tous ensemble. C’est un peu ma thérapie à moi et probablement la chance de répondre à certaines de mes questions existentielles. Ceci dit, si on arrive à les faire courir 2 ou 3 heures chaque jour dans la forêt ou au bord de la mer, c’est plutôt relax. Sinon c’est le champ de bataille à la maison avec les engueulades et les punitions de vaisselle. En gros on va dire qu’on vit 80% de très bons moments et 20% de « on pourrait mieux faire ».
Faisons maintenant ce que je vais appeler mon bilan personnel de ces deux premiers mois. Suis-je un fou inconscient qui n’a pas réfléchi avant de décider de vivre cette année là ? Peut-être. Il est vrai qu’à la base j’aime bien être seul. J’aime partir courir dans la montagne avec mon frère, voir mes copains pour une bonne petite bouffe, passer des moments en amoureux avec ma Soph et faire du sport avec les enfants. Depuis notre départ je me suis à plusieurs reprises posé la question « pourquoi ? » Mais en réalité, même si il y a des moments difficiles, même si pleins de choses me manquent, je suis très heureux de vivre cette aventure avec Sophie et les enfants. Nous avions besoin de faire un break dans nos vies, nous avons vécu beaucoup de choses ces dix dernières années et c’était le bon moment de partager cette aventure. Parce que nous avons également décidé, depuis que nous avons vendu notre maison de Crassier, de vivre différemment, de changer notre mode de consommation et d’arrêter la course en avant du toujours plus. Parce que simplement nous avons quarante ans et que c’est le bon moment de se poser les bonnes questions pour les 20 prochaines années, pour nos enfants et pour nous deux. Ce que j’attends de ce voyage, c’est simplement de savoir ce que je veux faire de ma vie et surtout ce que je ne veux plus faire. Je veux également vivre une aventure unique avec Sophie et les enfants car tout va très vite et bientôt ils seront déjà trop grands.
Je ne sais pas comment je serais dans une année, si je vais vraiment changer et voir la vie sous un autre angle comme certains me le disent. Tout ce que je sais après ces deux premier mois de voyage, c’est que cette année sera probablement la plus extraordinaire de ma vie et qu’elle aura des répercutions sur toutes les années qui me restent à vivre. Alors, que l’aventure continue…
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