Allez, on commence par le meilleur…
Le top 10 de nos activités
- La pagode d’argent de Phnom Penh (et les bons moments avec Emilie au Mini Banana)
- Les crabes de Kep
- Les grottes de la région de Kampot et de Kompong Trach
- La visite de l’école de français de Kep
- L’aquaparc de Phnom Penh
- Les temples d’Angkor
- Les singes de la montagne sacrée de Santuk
- La visite du village grâce à l’ONG Amica
- Les dauphins Irrawaddy du Mekong
- Et bien sûr, la visite surprise de Fred :-), mon petit frère adoré et super tonton
Le top 5 du pire
- Les mygales et les puces de Kep
- Les deux nuits à Stung Treng dans des chambres sans fenêtres, sans clim’, étouffantes
- La chaleur qui fait dégouliner dès le matin
- La musique à fond dans les bus (une heure ça va, mais 5 ou 6, ça tape un peu sur le système)
- Et nos crises existentielles, les pires depuis le début du voyage, chacun y a mis du sien, à tour de rôle...
Est-ce parce qu’on a atteint la moitié du voyage ? Chacun de nous a vécu un vrai passage à vide pendant ce mois au Cambodge. Le voyage, c’est merveilleux, une aventure extraordinaire et on en profite vraiment à fond. On est tous conscients d'avoir beaucoup de chance de vivre cette aventure. Simplement, il y a parfois des sentiments, des situations ou des faits qui font que ce n’est pas toujours tout rose. Introspection…
Conflit de loyauté
Timo a donné le ton le premier, au retour de chez son père. Après plus de deux semaines en Suisse, il est rentré malade, à cran et malheureux. Non pas à cause de son père avec qui le séjour s’est bien passé, mais il n’a pas supporté la séparation. On a essuyé des larmes et tenté de consoler un immense chagrin qui a duré cinq jours. J’en ai un peu pris plein la gueule au passage, merci l’adolescence… En même temps, je ne peux pas le blâmer, c’est dur pour lui d’être loin de son père.Intense cogitation et idées noires
Je ne vais pas rentrer dans les détails car il est impossible d’expliquer en quelques mots l’état d’esprit d’Yves en lutte avec la maladie de Parkinson. Disons simplement qu’il en souffre plus à certains moments qu’à d’autres et que cela le rend alors triste, fatigué et nerveux. Dans ces moments-là, il faut que j’assure à fond pour que tout roule, tant au niveau des enfants que du voyage. Après une nuit de discussions intenses, le moral est bien remonté et depuis chéri est de nouveau là, avec nous… Crise existentielle de mère indigne (la troisième depuis le début du voyage... eh oui...)
Je ne voulais d’abord pas l’aborder ici (la honte, la culpabilité, le remords me nouent le bide), mais nous avons décidé de jouer franc jeu sur ce blog afin de conserver une trace relativement sincère de notre périple, avec ses bons et ses moins bons côtés. Cela fait maintenant trois mois que l’on est en Asie. Ici, certains enfants ne peuvent pas aller à l’école faute de moyens. Les campagnes sont pauvres, la misère est souvent palpable et cela me touche. Parallèlement, Timo et Arno se conduisent parfois comme deux enfants gâtés et pourris et j’ai du mal à l’accepter (pourtant on les a élevés comme ça visiblement). Pas en continu bien sûr, et si je veux être juste, ils s’en sortent même bien la plupart du temps. Mais là, je ne sais pas pourquoi, ils m’avaient sérieusement gonflée avec leurs petits soucis « à deux balles ». Essentiellement des chamailleries liées au partage. Je les ai prévenus, une fois, deux fois, vingt fois. Expliqué ce que j’attends d’eux (le minimum de base), mais non, ils ont continué. Râleries, soupirs, chamailleries, plaintes en tout genre. Un soir, je leur dis : « Maintenant ça suffit. Il est 18h, je vous demande une heure de calme, vous jouez gentiment aux Lego et ensuite on va manger dehors. Si je vous entends encore une seule fois vous chamailler, je vire l’intégralité de vos jouets et je les donne aux enfants pauvres, c’est clair ? ». « Oui maman ». Dix minutes plus tard, ça hurle. Je passe la tête et fais de gros yeux. Une minute plus tard, rebelotte. Argh, mon sang ne fait qu’un tour, je rentre comme une furie avec un sac et je prends tous les jouets de la chambre- à l’exception de leurs doudous, crayons et DS-. Ils pleurent, supplient, jurent qu’ils vont être plus gentils. Mais non, c’est trop tard. C’est fini, je sens qu’il faut que je marque le coup brutalement. Je laisse passer la crise, puis je leur explique que si pendant un mois ils se conduisent mieux (je donne à chacun trois objectifs écrits très clairs), je leur rachète avec plaisir des Lego, sinon tant pis pour eux. Du chantage ! Pas terrible je sais, mais j’ai besoin de leur donner une échéance et je veux qu’ils sachent que les choses peuvent s’arranger s’ils y mettent du leur. Le soir même on a tout donné aux enfants des rues. Un vrai drame. Depuis, Timo se comporte mieux et Arno fait des efforts, même s’il râle encore souvent. Ils ont investi les batailles de coussin, les parties de UNO et font plein de dessins. Néanmoins je regrette mon geste car leurs jouets représentaient « leur petite maison » à eux et depuis il y a un manque, surtout pour Arno. Il paraît qu'il ne faut pas culpabiliser car sinon c'est deux fois bête. La première fois en perdant le contrôle et la deuxième en regrettant... Mouaip, facile à dire...Déprime du petit
Le style « écotourisme solidaire » rend nerveux le petit. Ce petit a besoin d’un peu de confort Il suffit parfois d’un bon repas à l’européenne et d’une TV équipée de Cartoon pour que son sourire revienne. Il m’inquiète un peu, notre périple baroudeur au Cambodge le laisse fatigué et tendu. Son niveau d’agressivité monte et il refuse parfois de manger. Je fais du mieux que je peux pour lui remonter le moral. Il s’ennuie. L’épisode « maman jette tous les jouets » l’a traumatisé. Je décide de passer d’autres moments sympas avec lui, on invente des histoires avec un mouchoir « Bob le fantôme » et on saute sur les lits. On décide alors de privilégier des destinations un peu plus « fun » pour le Laos et de manger autre chose que de la nourriture asiatique qu’il n’aime toujours pas (après trois mois… soupirs…) . Objectif atteint : depuis notre arrivée au Laos, à Pakse, il joue dehors et dévore tout ce qui lui tombe sous la main.
Ouf, ça fait du bien…. Et l’ambiance est revenue globalement au calme depuis quelques jours, pour notre plus grand bonheur. Les enfants seront récompensés par une petite surprise à Vientiane, avant notre arrivée sur Chiang Maï où j’espère leur retrouver des Lego.
| Arno, Sophie, Timo et Yves, autoportrait à Kep |
Allez, vive la vie de famille, vive le voyage... Entre nous des soucis on en avait aussi avant de partir, ils ne sont juste pas envolés :-), suite au prochain épisode, bises et merci d'être là, sur ce blog, sur Facebook, par mail ou What's up, sur Skype... La magie du net!