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jeudi 9 juin 2011

Photos: notre maison à Bali sur les hauts de Seminyak

Après avoir voyagé de Cairns à Brisbane, puis Brisbane Singapour et enfin Singapour Denpasar, nous voici installés quelques jours dans une petite villa, à une quinzaine de kilomètres de la capitale. L'endroit est super joli, calme et on s'y sent d'emblée bien accueilli. On se régale avec plaisir de la nourriture locale, brochettes de satay, mangues juteuses, les soupes de légumes, curry.

Mom arrive dimanche, en attendant, on visite les environs en mobylette (sportif la conduite!). Premières impressions: un drôle de mélange, entre tradition et surdéveloppement touristique. On s'est lancés hier à l'assaut de Kuta et on a fui après 40 minutes ! Pas pour nous, trop de monde, trop de sollicitations, même si la plage a l'air parfaite pour les surfeurs.

Aujourd'hui on va visiter l'autre côté et on verra bien ! Voici quelques images de notre logement et de notre petite routine. A bientôt !

dimanche 29 mai 2011

Faire l’école aux enfants ? Mais quelle idée !

« Il existe des prises de courant à éclipses. Recherche comment elles sont constituées et quel est leur intérêt ». Lundi matin, cours de physique avec Timo, pendant qu’Arno tire la langue sur des lignes d’écriture en attaché. Des courants à éclipse ? Mais qu’est-ce que c’est encore que ce machin ? Bon, allez, un petit tour sur le net pour trouver des explications. Zut, y a pas de réseau par ici, va falloir improviser différemment. Faire l’école à ses enfants en voyage, c’est ça avant tout, improviser, c’est à dire faire avec les possibilités locales et surtout, celles de chacun. Une émulsion, par exemple c’est de la sauce à salade. Facile à démontrer. Parfois il y a des petits miracles, comme le centre de la science de Brisbane qui a permis de comprendre la différence entre les circuits simples et les circuits électriques en dérivation. Et la culture générale se construit en fonction de nos excursions, comme trois jours aux temples d’Angkor avec un vieux guide local.

Séance école dans un Bed and Breakfast à Brisbane
Le programme scolaire peut être simple : vocabulaire d’allemand à apprendre, exercice sur les pourcentages et les problèmes de maths qui en découlent, les jours de la semaine pour Arno, l’alphabet. Mais parfois, ça se complique, genre les prises de courant à éclipses. Et il y a les grandes questions existentielles dont on ne peut pas se débarrasser aussi facilement qu’à la maison par un lâche mais efficace: « Euh, on va regarder ça dans un livre ensemble, d’accord ? ». Merci les bibliothèques. Et si jamais, y a Payot ou la Fnac. Je ne sais pas vous, mais moi, ce genre de truc se règle à coup de livres. Or, là, en voyage, on est un peu short… Alors on fait comme on peut. Exemples:
En plein milieu d’une séance de lecture, Arno adore sortir des trucs comme « Je crois plus en Dieu maman, tout ce que je lui ai demandé dans mes prières, et bien, y a rien qui a marché ». On avait décidé de respecter les croyances d’Arno qui avait dit un matin, vers ses 4 ans, qu’il croyait en Dieu. On lui a lu la Bible pour enfants (téléchargée façon BD sur mon iPod, merci la technologie) et montré aussi des autres formes de religion pendant le voyage. Là, des mormons (en Utah !), ici des bouddhistes (y en a assez en Asie), là une mosquée et même un temple Indien à Singapour. Et puis un matin, cette sortie. Faut-il expliquer, argumenter, nous qui ne sommes pas si sûrs de tout ceci ? Je lui ai juste répondu que ce n’était pas aussi simple. Mais alors ? Petits yeux grands ouverts, hein, maman, pourquoi ? Il faut alors assurer de grandes discussions philosophiques sur la croyance et ses mystères.
Et puis, un autre matin, alors qu’on potasse un livre sur la terre et son histoire « Maman, comment la graine elle fait pour aller dans le ventre des mamans exactement ? » Exactement ? Alors, euh, peut-être qu’on en reparlera quand tu seras plus grand, c’est un peu technique. Et tu es encore jeune. Non ? Tu veux savoir là, tout de suite, maintenant ? Et tu veux savoir « exactement ». D’accord, d’accord, je vais t’expliquer. Alors, le papa et la maman, quand ils sont très amoureux (autant se la jouer romantique à cet âge-là), se font des câlins, et puis le zizi du papa devient tout dur – Ah ! Comme moi le matin, j’ai le piquet, c’est pareil alors ? (Grand sourire épanoui) – euh, oui, c’est ça, il a le piquet, mais ce sont seulement les papas qui ont des graines et ce sont les grands qui ont des relations sexuelles. Quel âge ? Disons 16 ans, d’accord ? Donc, je reprends, le papa met son sexe dans celui de la maman et c’est comme ça qu’il met les graines, qui s’appellent les spermatozoïdes, et comme la maman fabrique un oeuf, et bien, … Hé, mais c’est dégueulasse ! Euh, ben c’est la vie mon petit et non, c’est plutôt sympa en fait. Silence consterné. Merde, j’en ai peut-être trop dit. Cet enfant est traumatisé ?? Quelques minutes plus tard le verdict tombe. Moi je ferai comme Mickael Jackson. On lui a pris des graines et il a trouvé une dame qui lui a fait ses enfants. Je veux pas faire ce que tu as dit là, c’est dégoûtant. Et je veux pas que ma femme on lui coupe le ventre pour sortir le bébé, comme ils t’ont fait à toi quand je suis né. C’est ce que je disais, traumatisé. Mais qu’est-ce qu’elles racontent les miss de l’éducation sexuelle aux cours en première primaire, hein ? Et surtout, d’où sort cette histoire de Mickael Jackson ? Et pourquoi diable lui a-t-on une fois dit qu’il était né par césarienne ?
Dur ensuite de continuer avec le « L’imagerie de la lecture, niveau 2 » et ses phrases passionnantes « la petite lapine tire la tulipe ». On reprend, encore une fois. La… oui « p » et « e » ça fait « pe »,… t – i, ti, etc.

L’école, c’est avant tout l’envie d’enseigner, la passion d’expliquer, la rigueur, la détermination, la patience, l’écoute et de la pédagogie en pagaille. Oups. Suis pas sûre qu’on ait toutes ces options en stock, Yves et moi. D’ailleurs, je remercie tous les bons profs que j’ai eu la chance d’avoir dans ma vie et j’ai une pensée compatissante pour ceux qui parfois pêtaient les plombs en classe quand cela faisait vingt fois qu’ils expliquaient la même chose et que certains préféraient se lancer des bouts de gomme en ricanant bêtement au lieu d’écouter.

Lorsqu’on a décidé de faire ce voyage et d’assumer l’enseignement aux enfants, je me disais « ça va le faire, ils sont intelligents, on a les grandes lignes du programme, on va faire ça tous les matins et puis ce sera l’occasion de passer de bons moments ensemble, de leur apprendre des choses ». Ah, c’est beau l’amour. Dix mois maintenant qu’il faut courir après les enfants pour les faire étudier, car il y a tellement de choses à faire plus intéressantes ! Dix mois qu’on constat âprement que la discipline nécessaire au programme scolaire est difficilement conciliable avec les aléas du voyage. Qu’il n’est pas toujours évident de trouver un espace calme pour se poser et travailler. Et qu’apprendre à lire à un petit, c’est super difficile quand il n’aime pas ça. Chaque enfant est différent. A l’époque, Timo avait eu sa technique bien à lui. Il nous avait demandé de répéter des centaines de fois des petits mots des livres de la collection « l’imagerie des petits » et il avait décortiqué ça tout seul comme un grand. Et un soir, il nous avait bluffé en sachant quasiment déchiffrer la plupart des mots. Il avait 4 ans. Ah, j’étais fière, ça c’est sûr ! Aujourd’hui, je transpire avec Arno qui ne s’intéresse pas à la lecture. Et il déteste l’écriture. Il aime les maths. Et les histoires. Et jouer. Aux Lego, aux petits soldats, et à l’iPod où il bat tout le monde en logique. Et il aime faire le clown, il nous fait mourir de rire lorsqu’il imite la vidéo de Youtube « I will survive » en enchaînant la chorégraphie nickel. A chacun ses compétences. Sauf que la lecture, c’est quand même important. Et les saisons aussi. Du coup, il refera sa première primaire et on va gentiment déléguer cette tâche à sa maîtresse que je bénis d’avance. (Promis maîtresse adorée, je vous ferai des tas de cheesecake pour les soirées de classe si vous me faites lire mon Arno).

Quant à Timo, il ne supporte pas qu’on lui explique quelque chose, ça l’énerve, il veut tout faire tout seul. Comme la lecture, à l’époque. Et ce qui m’avait rendue tellement fière m’insupporte aujourd’hui, car il faut parfois lui expliquer deux ou trois trucs difficiles à deviner tout seul, comme la manière de construire un argumentaire par exemple. Et là, on a droit à des soupirs, à des mouvements d’humeur, voire pire. Patience, inspirer, expirer. Et quand il oublie une notion (vue il y a quelques mois et parfois pas suffisamment répétée), il s’énerve carrément car il réalise que c’est dur de tout retenir et que sans les heures d’écoles, les devoirs et les tests, parfois on ne n’assimile pas les choses de la même manière. Alors il se bute, et là bonne chance pour rattraper la mayonnaise. Et nous on s’inquiète : se rappellera-t-il de la différence entre les angles alternes internes et les correspondants pour ses examens en août ? Du côté positif, il a par contre bien assimilé les notions de démographie, d’alphabétisation et la problématique de la sécheresse. Forcément, il a vu au Cambodge la différence entre les paysans qui vivent le long du Mekong et ceux qui sont dans les terres reculées et arides des plaines. Les premiers font deux récoltes par an de riz et plantent des légumes et du maïs en plus, tandis que ceux des plaines ne font qu’une récolte de riz par an et c’est souvent insuffisant. Alors les enfants ne vont pas toujours à l’école, car il faut donner un peu d’argent au professeur (qui ne survit pas avec ses 40 dollars par mois de salaire) et ils n’en ont pas. Pour Timo, et même Arno, ce sont des choses qu’ils ont vues de près, on a parlé avec des professeurs, visité des villages, traversé les plaines, longé le Mekong, vu les enfants… Mais ce ne sera peut-être pas suffisant pour passer en huitième car pendant ce temps-là, j’ai eu du mal à lui enseigner les subtilités de la grammaire allemande (ce n’est vraiment pas ma tasse de thé) et on a sué sur les exercices de physique. D’ailleurs à ce propos, je me réjouis que super Mom nous rejoigne. Peut-être que si je lui beurre ses tartines le matin elle voudra bien m’aider avec cette cochonnerie d’allemand ?

De manière générale, on s’est organisé comme cela : cinq jours d’école pendant lesquels on travaille le matin (environ deux heures et demi) puis deux jours de week-end. On a aussi suivi le calendrier des vacances scolaires. Pour Timo l’accent est mis sur les branches principales : math (algèbre et géométrie), allemand, anglais, français, physique et quand on a le temps, de la culture générale classique. Pour Arno, c’est lecture, écriture, calculs et notion du temps. J’assure trois jours avec Timo et deux avec Arno et c’est l’inverse pour Yves. On a carrément laissé tomber les tests formels, la musique, la couture et le bricolage et ils dessinent ce qu’ils veulent. Quant au sport, on en fait assez naturellement pendant le voyage.

Il y a des jours qui se passent merveilleusement bien et d’autres où je me dis qu’on est cinglés. Il y a des cris, des larmes et quelques cahiers ont parfois volé dans la pièce. On rit aussi beaucoup et il y a, dieu merci, des moments d’émerveillement, comme quand Arno a réussi à déchiffrer ses premiers petits mots ou quand Timo se lance dans de petites conversations en anglais avec des gens de passage.

On se retient bien sûr comme on peut de leur taper dessus quand ils manifestent une parfaite mauvaise volonté. Parfois on s’échange même les enfants dans la matinée pour éviter la crise de nerfs. Mais laborieusement, consciencieusement, on n’a jamais lâché. Yves se coltine des kilos de livres dans son sac à dos et j’ai fait et refait le programme de Timo dans tous les sens pour essayer de ne rien oublier. Aujourd’hui, à quelques semaines de la fin, on est plus zen, on les encourage à être un maximum autonome et on ne harcèle plus Arno sur des choses qui visiblement ne sont pas acquises. Il recommencera, avec une vraie maîtresse et je suis persuadée que sa pédagogie, associées aux bonnes méthodes, à la dynamique de la classe et des copains feront la différence. (Laissez moi rêver, ok ?) Quant à Timo on va essayer de le préparer à ses examens, sans pour autant le stresser avec ça. Si doit refaire sa septième ce sera aussi plus simple pour lui et je le prépare à cette éventualité.

Ayant passé quelques heures sur des sites de parents (de mamans devrais-je dire) qui scolarisent leurs enfants à la maison, je dois constater que nous ne sommes pas de la même planète, ce sont des super women et je leur tire mon chapeau, car perso, ce n’est pas mon truc, ne s’improvise pas prof qui veut…. Je ne rêve que d’une chose, c’est de confier à nouveau cette responsabilité à des pros. Et puis, l’école, ce sont les copains, la cantine, la récréation, les sports collectifs, les profs qui nous poussent en avant, les fous rires en classe. En tous les cas ce sont les souvenirs que j’en garde avec le recul… (Oui je sais, il y a aussi les ribambelles de tests, les profs qui ont oublié d’être passionnants, le racket et les heures de devoirs, mais quand même, on a de la chance d’avoir globalement de bonnes écoles en Suisse).

J’essaie de ne pas trop voir cette expérience de « homeschooling » comme un échec, mais plutôt comme une réalité qui nous dépasse un peu. On fait au mieux de nos moyens et les enfants ont encore toute la vie pour se rattraper, ce voyage leur aura tellement apporté ! Timo a pris une bonne dose d’assurance, Arno est devenu beaucoup plus autonome et ils ont appris tous les deux des milliers de petites choses grâce à cette merveilleuse école de la vie qu’est le voyage. Et puis, qui sait, on aura peut-être une bonne surprise avec Timo ? On le saura juste avant la rentrée. Ses examens sont mi août, les mêmes que ceux qui arrivent de privé. Ils ne sont pas obligatoires pour lui, mais on a privilégié cette option avec le collège pour lui éviter d’être enclassé dans la mauvaise année. Tenez-lui les pouces !

Sur ce, je vous laisse, le soleil nous attend et il s’agirait d’en profiter, bises à tous, belle journée et merci d’être là, de nous lire, merci pour vos messages ici, par email, sur Facebook, ils nous font du bien.
N'ayant pas fini de mettre mes favoris scolaires à jour, voici en attendant quelques applications iPod / iPhone super bien faites qui aident à réviser: les dictionnaires Larousse, Calcul mental, Busuu pour les langues, Devine la capitale, Devine le pays, Drapeaux quizz, Famille les incollables, Apprendre l’alphabet en s’amusant, Apprendre l’heure en s’amusant, Lola ABC, Trivial Poursuit, Bescherelle le conjugueur, Jouons avec les mots, etc.

vendredi 21 janvier 2011

Visite à l’école de français à Kep

Nous sommes allés avec les enfants vendredi après-midi à «école pour tous», l’école de français à Kep, association Chaul Rean Taing Os Knea. 

 Leur objectif est d’offrir des cours de français aux petits et grands, ainsi que des activités créatrices et sportives aux enfants. Le tourisme dans cette région étant essentiellement de nature francophone, l’étude du français est un véritable atout pour la population locale.

L’association, initiative de Sokphal Ngo Sisowath, a ouvert ses portes aux premiers élèves en février 2009. Actuellement ils construisent une deuxième salle de classe et fourmillent d’idées pour développer leurs activités. Bénévole, l’équipe est jeune, dynamique et motivée. Seuls les employés khmers sont payés pour leur travail.

Nous avons été touchés par leur accueil et par leur engagement auprès des enfants et des personnes de la région. C’était l’heure des loisirs, les enfants jouaient au foot, à la pétanque et travaillaient à des projets créatifs. Marc Benkemoun, directeur et animateur du centre de loisirs, nous a fait visiter les locaux et présenté leurs projets. Four à bois, potager, salles de classe, terrain de jeux, tout est fait pour apporter un maximum aux enfants, avec les moyens du bord. Nous avons été très surpris d’apprendre que l’école publique n’était pas tout à fait gratuite pour les enfants. Les professeurs gagnent seulement 30 dollars par mois. Ils demandent alors un peu d’argent aux familles, mais les plus pauvres d’entre elles ne peuvent pas payer.

Les enfants que nous avons vus hier font majoritairement partie de cette population en difficulté. Ils viennent à l’école de français tous les jours, l’objectif étant de pouvoir s’en sortir une fois adulte, grâce à un bon bagage de base. L’association tourne grâce aux dons et à la bonne volonté de son équipe, qui n’hésite pas à retourner travailler ponctuellement en dehors pour subvenir à ses propres besoins.

Merci encore à Marc, Lucie, Anastasia et Célia et tous les autres, pour leur chaleureux accueil et bravo pour leur énergie positive et leur engagement. Chapeau ! Nous leur souhaitons le meilleur pour l’avenir de l’association et bonne chance à tous les jeunes pour qu’ils puissent y trouver un tremplin pour leur avenir.

A la question : « De quoi auriez-vous besoin aujourd’hui ? » Marc a répondu : Tout nous est utile bien sûr, mais je serais très heureux d’accueillir un tailleur de pierre ou un sculpteur, qui viendraient apprendre leur métier aux jeunes, un cuisinier qui puisse utiliser le four à bois pour des ateliers (pain, pizza, nourriture européenne et khmer si possible). Ce serait génial d’avoir aussi des cours de cirque pour monter un spectacle ! Une des idées étant de monter des manifestations et de récolter des fonds avec les enfants tout en produisant quelque chose.

Avis aux amateurs bénévoles !  

Pour prendre contact, Célia Fernandez, chef de projet, email : celiafernandez66[@]gmail.com

Liens utiles :

Pour découvrir l’école et ses activités grâce à leur site
Pour lire leur dossier de présentation complet
Pour les soutenir, soit ponctuellement soit par un parrainage annuel.
(ils manquent encore de matériel pédagogique et sont en train de créer une bibliothèque)

dimanche 26 septembre 2010

Photos, deux premiers jours à San Francisco

San Francisco, sa baie, ses otaries et notre petit hôtel Heritage Marina sur la Van Ness Avenue...

jeudi 2 septembre 2010

Zapping TV, école et piscines (au bord de l'autoroute)

Nouveau départ
Après le périple nature en camping-car, on a opté pour une nouvelle formule pour terminer notre périple canadien: trois semaines en voiture et petits hôtels. C'est le bon moment pour tester cette combinaison, car la saison des grandes vacances est terminée et les hôtels font des bons deals. On utilise souvent Expedia.ca pour trouver des chambres en 3 ou même 4 étoiles au même prix que les auberges de jeunesse de cet été. Le voyage sacs à dos/ bus locaux ne fonctionnant pas très bien pour découvrir ce pays dont les plus belles richesses sont atteignables en véhicule, on se la joue style américain. Ainsi nous voici munis d'une voiture de l'espace genre hyper confort à un très bon prix, de notre éternelle carte routière et en quelques clics on se réserve des hôtels pas chers et confortables pour les jours suivants. Une chambre rien qu'à nous, avec des lits déjà faits, propres et une salle de bain, ohhhhhhhhhhh comme c'est beau. Les enfants sont ravis d'avoir la TV et parfois même une piscine (même si elle est au bord de l'autoroute!) et Yves a enfin moins mal au dos. Du coup, il ronfle tel un bienheureux et se la joue bad boy au volant de sa grosse bagnole ;-)... Quant à moi je tapote tranquille sur mon clavier le soir pour trouver des bons deals et je profite des salles de bains privées pour regarder de plus près mes poils. Simple et efficace, mais, il faut bien le dire, sans le charme du camping-car. (Et, bonus suprême du jour, à l'hôtel Sépia, il y a même une NES-PRESSOOOOOOOOOO dans la chambre! Incroyable, j'ai failli chialer)


Les enfants, ravis devant la TV


L'objet ultime
On est donc partis il y a deux jours de Montréal par la route n°20 qui est de l'autre côté du fleuve afin de rejoindre Québec. Premier arrêt à Victoriaville, petite ville sympathique, pour ensuite se rendre sur en périphérie de Québec que nous irons visiter demain. La 20 est calme, droite et de bonne qualité, du coup la route défile vite. Pour couronner le tout, on a investi dans un lecteur DVD pour occuper les enfants car on va avaler quelques kilomètres pour faire le tour de la Gaspésie ces prochaines deux semaines. Quel luxe (et quelle paix en voiture!). D'habitude ils se chamaillent tout du long et Arno demande toutes les cinq minutes: "On arrive quand?" Puis geint: "Maman je suis malade...". Là, rien, le calme absolu. Incroyable.

Pour ceux que cela intéresse, La Gaspésie est la partie opposée au fleuve que nous avons visité jusqu'à maintenant. Notre but est d'en faire le tour en privilégieant le parc de la Gaspésie, la région de Gaspé et le rocher de Percé. Voici une carte que j'ai volée sur le site d'une Auberge Château (qui a l'air originale et où nous irons j'espère avec les enfants pour leur faire une jolie surprise).



Premières conclusions utiles après ces premières semaines de vacances, dont l'un des buts est d'arriver à finir ce périple sans:

1/ s'entretuer
2/ divorcer
3/ gâcher la vie de son prochain

Premièrement, les enfants sont vraiment mieux dehors qu'en ville. Les aspects culturels ne vont donc malheureusement pas constituer le centre de notre voyage (adieu musées, balades en ville et expos). On va plutôt privilégier la nature et les grands espaces. On lâche les fauves dehors en espérant qu'ils ne croisent pas un ours et tout le monde respire un grand coup (bonjour ballon de foot, badmington et batons épées). On va bien sûr leur imposer quelques visites pseudo intello mais en privilégiant les meilleures, et les plus accessibles. Arno est franchement encore petit. Ou alors j'irai seule avec Timo, Yves n'étant pas non plus fana des musées.

Deuxième constat: un poil de confort réjouit fortement chéri. Un bon lit, un p'tit déj copieux, la route au volant de sa belle voiture et le voilà souriant et épanoui. Il a même pu faire un peu de fitness hier à l'hôtel. Heu-reux je vous dis. Il lui manque juste un pain aux noisettes avec un bon Redbull, comme ceux qu'ils achetaient à l'époque chez Esso. C'est comme ça, il aime le confort et c'est sûrement normal. Peu conciable avec notre budget, mais naturel.

Ensuite la bouffe est limite dégueu et on va finir obèses si on ne peut pas cuisiner (enfin surtout moi en fait). Mais faire sa popotte ça ne va pas trop avec l'option hôtel. Alors en attendant l'Asie et ses petits plats, on pallie au problème en s'offrant quelques extras santé même s'ils sont plus coûteux que le casse-croûte local. Restos végétariens, thaï, sushis, pique-niques maison... Pour le fun on a bien sûr testé la poutine (affreusement indigeste), le pogo (tube étrange et gras) et le smoked beaf (qui ne nous a pas transcendé) mais le vrai plaisir a été de déguster hier soir un magnifique saumon grillé (ça c'était bon). Mais le truc le mieux ici c'est la bière locale.

Dernièrement, faire l'école aux enfants demandent de la place et un minimum de disponibilité. Pas toujours facile de donner des leçons dans certaines conditions, surtout les jours pendant lesquels on roule. Parfois on se retrouve dans un couloir d'hôtel ou sur un coin de table et là, faut y croire très fort. Dans l'ensemble on ne s'en sort pas si mal, étant donné qu'on a complètement oublié le contenu et qu'on n'a jamais donné l'école à nos enfants! Pour compenser un peu le programme scolaire vaudois parfois étrange, j'ai abonné les enfants à maxicours.com. Pour ma part, j'ai quelques difficultés avec la méthode Genial pour l'allemand -qui porte mal son nom- et j'improvise un peu certaines choses, notamment les explications grammaticales. On doit souvent se creuser les méninges pour donner de la vie aux leçons... Pour ça Internet et certaines applications iPod nous aident bien. En gros, Yves donne l'anglais et la géométrie, moi les autres branches pour Timo (algèbre, allemand, français, histoire (d'ailleurs pas encore démarré... pour l'instant je lis la matière: renaissance et humanisme - franchement c'est bien loin tout ça!), géo et physique) et on se partage les leçons d'Arno. Sacrée expérience! Je ne sais franchement pas si on va réussir à leur donner tout ce qu'il faut pour qu'ils atteignent les objectifs fixés. Timo est en 7ème VSB scientifique et Arno en première primaire. Mais on tâche d'être sérieux avec ça car les enfants tiennent à ne pas refaire leur année au retour. Les aspects positifs sont de passer des moments privilégiés avec les enfants et de découvrir leurs potentiels et difficultés. Timo par exemple a un bon vocabulaire mais oublie les "s" dans les dictées et rédactions... Il comprend super vite les math, mais se décourage rapidement en cas d'incompréhesion. Arno est très appliqué en écriture, bon en math, mais n'a aucun intérêt pour la lecture encore. Bref, c'est bien de voir tout ça avec eux car cela permet d'ajuster le programme et de reprendre certaines bases.

Ah, les enfants... Tout un poème :-)

Arno: s'ennuie de ses amis, rouspète quand il fait chaud, a systématiquement besoin de faire pipi ou caca au mauvais moment, dit des blagues (et plein de gros mots), est pénible à table, adore les animaux, a pris beaucoup d'autonomie dans le quotidien, râle pour porter son sac, se fait facilement des amis (et ça c'est nouveau!), s'endort facilement n'importe où, rit comme une baleine avec son frère, fait plein de câlins puis devient insupportable quand il a faim. Ou soif. Ou chaud. Ou sommeil. Ce qui arrive souvent dans une journée finalement. Heureusement ça se calme vite et ensuite c'est une crème de petit gars.

Timo: sème la zizanie chaque matin et chaque soir systématiquement pendant une bonne demi-heure, laisse son chenis partout, porte vaillamment son sac, joue avec son frère des heures puis lui fout une taloche, raconte plein de trucs, rigole de bétises avec nous, a énormément besoin de se dépenser (comprendre est monté sur piles), s'intéresse à tout, donne tout d'un coup un sacré coup de main, s'ennuie parfois de son papa, mange comme un ogre, pose plein de questions, déteste se laver, lit des tonnes de livres, s'occupe se mieux en mieux tout seul, passe du rire aux larmes facilement, joue aux cartes avec Yves et me donne encore parfois la main dans la rue. Et ça c'est cool.

Parfois on se dit qu'on est des vieux cons qui ne comprennent rien à la jeunesse exhubérante, vivante, élastique et pleine de vie. Et que ce sont juste des enfants...

Et que la pomme ne tombe jamais bien loin de l'arbre.