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vendredi 21 octobre 2011

3 mois après le retour, quelques news...

Pendant des semaines, je n'ai pas pu revenir sur ce blog sans avoir envie de pleurer. Dur le retour !
En même temps, quelle joie de retrouver tous ceux qu'on aime. Cela paraît bateau à dire comme ça, mais en fait il n'y a  que l'amour, l'amitié, le plaisir de partager qui comptent véritablement. On a donc passé un été génial, à faire la fête (Paléooooo), des apéros, des bonnes petites bouffes avec tous nos proches. Le pied et une bonne solution pour retrouver ses marques et sa place en Suisse.

Puis la rentrée est arrivée, il a fallu speeder, se remettre dans le rythme, organiser, régler les réveils (argh!). On s'y était mentalement préparé, donc on a joué le jeu et les choses se sont bien passées.


Petit résumé de la vie de chacun.


Arno et Yves, une journée à Basse-Ruche
Arno a démarré sa première primaire et il va bien, il s'est habitué à sa structure d'accueil, il joue avec ses amis et se montre très consciencieux pour faire son travail scolaire (si si c'est le même, on parle de celui  qui nous a fait tourner en bourrique quand on essayait de lui apprendre les jours de la semaine). Il râle bien sûr un peu tous les jours, on ne change pas hein, mais il fait sa part et assure plutôt bien. La décision de lui faire refaire son année était juste, il est dans son élément, dans son niveau. Il apprend à lire, gentiment. Retrouver sa chambre, ses jouets et manger -enfin!- des trucs bien de chez nous, c'était parfait pour lui. J'ai appris récemment qu'il faisait plein de dessins à l'école du voyage et il a demandé à voir quelques photos de notre trip la semaine passée. J'en déduis qu'il a aimé, à sa manière ...

Timo, quant à lui, a une pêche d'enfer (il fête d'ailleurs ses 13 ans aujourd'hui!). Il a rencontré de nouveaux amis et s'est mis à l'athlétisme. Les chaussettes sales et les fiches d'école chiffonnées ont fait leur retour, ainsi que les disputes pour les vaisselles du soir, mais globalement c'est un ado bien dans ses baskets, sympa, ouvert. Le voyage lui a énormément apporté et on en parle souvent ensemble. Positif aussi, donc.Il se débrouille bien à l'école, nous ne regrettons pas non plus qu'il refasse son année, le niveau et le rythme aurait été trop rude en 8ème. Finalement les enfants auront appris des choses avec nous, mais on n'a pas réussi à valider un programme scolaire complet. Avis aux amateurs de voyage avec des enfants, cette partie-là est pas des plus simples à régler. 

Timo et Sophie
Yves se lance dans son projet début novembre en ouvrant son centre de remise en forme Sabaï Dee à Nyon au centre ville. Il a déjà démarré ses activités avec quelques clientes et adore son job. Si vous le voyez passer avec notre super scooter et toutes sortes de matériel, c'est normal, il s'installe. Il s'est même mis à la cuisine (miracle!) et gère la maison pendant que je bosse. Bref, ça roule. Régulièrement, on se regarde et on se dit " Tu te rends compte le truc génial qu'on a fait ensemble?! ". Et il y a un peu de nostalgie... Forcément :-)

Quant à moi, j'ai eu la chance de retrouver du travail très rapidement ce qui nous permet de manger du riz plus facilement :-). J'ai parfois des gros coups de blues. Dieu merci le chocolat, le vin et surtout mes amis et ma famille existent. J'essaie de profiter à fond des bons moments et de prendre du temps pour faire des choses que j'aime, courir, écrire (j'ai repris la saga d'Oriane et Léo, démarrée il y a 7 ans ici). Et pour évacuer ailleurs que sur chéri et les loulous mes petites angoisses, je me suis mise au kickboxing.

J'aurais mille choses à vous dire, mais tout me semble encore un peu irréel... Je vous embrasse et vous dis encore merci de nous avoir suivis pendant ce magnifique voyage qui nous a rendus plus heureux.

Next Steps
Yves inaugure Sabaï Dee le 5 novembre de 11h à 14h au 19 grand rue 1260 Nyon, deuxième étage ! (yves.auberson@gmail.com ou 079.350.63.52 pour plus d'informations)
Je sors le livre de nos aventures avec quelques photo pour Noël, mes enfants le réclament, hop hop, on s'y colle !

lundi 11 juillet 2011

Voilàààà, c'est fini :-))

A bientôt les amis, merci de nous avoir
suivis pendant une année !

Bilan du tour du Monde

(Texte de chéri)

Voilà, la boucle est bouclée. Il faut sérieusement penser à la suite, à notre vie en suisse, au travail, à l’école de nos petits loulous, en bref, au retour à la vie dite normale. C’est le moment aussi de faire le bilan de ce voyage. Bilan de cette folle aventure à quatre pendant une année, de ce voyage un peu dingue que j’ai adoré, mais où j’ai un peu souffert aussi. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je n’ai pas toujours très bon caractère, supporte mal la frustration et il y a pleins de choses que je n’aime pas. Mais plus que tout, je n’aime pas : avoir chaud (bien vu les 7 mois en Asie à 35 degrés, avoir faim (si je mange pas, je peux vite tourner insupportable), les moustiques (une année de moustiques, moi content !), et attendre (on a beaucoup attendu, du coup maintenant ça va mieux). Sophie ne devait pas être dans son état normal quand elle m’a proposé de faire ce voyage, d’ailleurs j’ai toujours pas compris pourquoi elle l’a fait et pourquoi j’ai dis oui !!!

Mais une des questions qu’on va probablement nous poser plus d’une fois car elle suscite déjà de l’intérêt chez les gens qui nous entourent, c’est « Qu’est ce que ce voyage a changé dans notre vie, dans notre façon de penser et de voir les choses ? ». En réalité, ce n’est pas si simple de répondre à cette question et je pense qu’il nous faudra probablement un peu de temps pour pouvoir y donner une réponse précise. Il nous faudra aussi du temps pour digérer et réaliser ce que nous avons vécu pendant une année, car nous avons vu tellement de choses que j’ai des fois de la peine à me dire que nous avons vraiment fait tout ça.

Des souvenirs, bien sûr qu’il y en a pleins, des découvertes culinaires dans pratiquement tous les pays (le maïs bio de Roxanne au Canada, la traditionnelle soupe de nouilles Pho du Vietnam, le massaman curry et le coquelet grillé de Thaïlande, la fondue See-Food du Cambodge, le poisson frit et le cheese cake du Laos et les crevettes fraîches d’Australie), des belles découvertes (le Québec et son peuple si incroyable de gentillesse, la descente en campig car de la côte ouest en Californie, la grande découverte des pays de l’Asie du sud-est, le Laos qui restera la plus belle surprise de ce voyage et mon coup de cœur personnel et encore l’Australie qui est toujours aussi magnifique), des belles rencontres aussi (merci à toutes les personnes rencontrées lors de ce voyage avec qui nous avons partagé un bout de chemin et merci à ceux qui sont venu nous voir depuis la suisse) et des moments magiques (quand je me suis retrouvé avec Timo à moins d’un mètre d’une otarie sauvage dans la mer à San Diego, la première traversée de piscine d’Arno quand il a appris à nager à San Francisco, quand je me suis baigné avec un éléphant en Thaïlande avec Lilou et Marcos, quand nous avons joué dans la rivière avec des moines à au Laos, ma première vague surfée en Australie et notre nuit en amoureux avec Sophie dans un Relais & Châteaux à Bali pour notre anniversaire de mariage). J’en oublie sûrement plein d’autres, mais ceux-ci sont ceux qui me viennent en tête.

Le revers de la médaille de notre voyage, c’est que j’ai réalisé à quel point notre planète est fragile et polluée, le vrai problème du manque d’eau dans certains pays et l’énorme quantité de déchets plastiques qu’il y a un peu partout dans le monde. Dans nos pays on y réfléchit depuis quelques temps, on sait que ces problèmes existent, mais vu que chez nous ça va pas trop mal, on s’en fout un peu. Mais ici, c’est une autre histoire, l’eau manque cruellement dans plein de pays et c’est comme par hasard ces mêmes pays qui vivent au milieu de leurs déchets. En Suisse, on pose notre sac poubelle sur le trottoir ou dans le container et puis voilà c’est fini, on y pense plus. Mais là, il n’y a pas de camion qui passe alors on lance les déchets un peu partout, derrière la maison, dans le caniveau ou encore mieux, dans la rivière (déchets, poubelles, excréments, animaux morts et cadavres finissent dans les rivières), comme ça c’est plus propre et comme ils disent là-bas « la mer est grande ! ». Bref, tout ceci pour dire que ce n’est pas jojo et que ça fait peur. Mais il est vrai aussi que leur problème principal c’est de trouver du boulot pour survivre et pour manger, alors les poubelles ne font pas vraiment partie des priorités !

Il faut vraiment que nous ayons une prise de conscience générale sur notre façon de consommer et sur la façon dont nous épuisons les ressources de notre planète. Comme le dit très bien Pierre Rabhi dans son dernier livre « Manifeste pour la terre et l’humanisme », « il est temps que nous prenions conscience de notre inconscience ». Oui je sais, dit comme ça fait un peu rubrique catastrophe du Matin. Mais après avoir voyagé pendant une année et vu tellement de choses, de pays, de gens, de situations et de conditions de vie, et quand je vois ce que nous faisons de notre terre, je m’inquiète et me demande quelle planète allons-nous laisser à nos enfants et à nos petits enfants ? Nous n’apprenons rien de nos erreurs, nous reproduisons encore et toujours les mêmes choses, nous pensons qu’à faire du profit immédiat et qu’à notre confort personnel, sans penser aux conséquences futures et aux ressources limitées qui sont à notre disposition. C’est à nous maintenant de montrer l’exemple et de faire quelque chose. C’est à nous d’arrêter de consommer des fraises cultivées en Espagne avec des produits chimiques interdits en Europe. C’est à nous de veiller que les commerçants locaux survivent face aux monstres machines alimentaires et commerciales de notre pays. Si nous commencions par aller acheter nos fruits et nos légumes chez le paysan local au lieu d’aller bêtement à la Migros ou à la Coop acheter des produits sans goût, pauvres en vitamines et en minéraux et de plus, bourrés de produits chimiques qui finiront par nous rendre tous malade, se serait génial et croyez-le, ça changerait pleins de choses…

Tout n’est pas noir non plus, nous avons croisé des gens magnifiques et des associations qui se bougent et qui essaient de changer les choses ou du moins de les rendre meilleures avec leurs propres moyens. Et malgré ce tableau un peu sombre (dixit Sophie), j’ai espoir que l’homme réussisse à sauver notre planète. J’ai vu tant de sourires et de joie de vivre sur tellement de visages que j’ai envie d’y croire. Envie d’espérer qu’un jour ceux qui nous dirigent réalisent le potentiel offert par notre planète et se donnent les moyens d’en faire quelque chose de bien. J’espère juste que ce n’est pas un rêve éveillé !

En conclusion, Sophie et Timo sont partagés entre le plaisir de rentrer et la tristesse de vivre la fin d’une grande et belle aventure, et d’une vie de rêve pendant une année. Arno et moi sommes heureux de rentrer, heureux d’avoir vécu cette belle année et vu tant de choses, mais très heureux de retrouver notre chez nous. Ce qui m’aura le plus manqué à part la nourriture, c’est les amis, le sport avec mon frère, les ballades en montagne, notre belle ville de Nyon et son lac, notre appartement, mes BD et nos séries DVD. Ce voyage m’aura permis de vivre des moments magiques avec Sophie et les enfants, probablement de grandir un peu aussi, d’ouvrir les yeux sur une certaine réalité, de relativiser les choses et d’apprécier les choses simple (ce matin nous nous sommes extasiés et réjouis devant un rouleau de PQ dans la salle de bains, objet peu courant dans les toilettes asiatiques), j’ai aussi pris conscience de l’importance de protéger notre planète, de vraiment faire un effort pour manger mieux et surtout, ce qui n’est pas rien, de trouver enfin ce que je voulais faire de ma vie. Je ne sais pas comment on va vivre ce retour en suisse, mais ça va être cool et je me réjouis de vous revoir…

Les dernières photos, deux jours sur l'île de Sentosa, calme et repos avant le retour...

Fin du voyage, entre sourires et pincements au cœur

Dernier jour, Silosa, Singapour...
Assise dans le bus qui rentre sur Singapour, je cogite sur cette année qui vient de s’écouler.
Quel voyage ! Les plus belles découvertes : le Québec (pour la mentalité et les grands espaces, le camping car), la Californie et les parcs de l’ouest des USA (pour la beauté des paysages et le fun), le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande (spécialement le Laos et le Vietnam, un autre monde, le choc des cultures), l’Australie (jamais vu un ciel aussi bleu et autant d’oiseaux), Bali (pour la spiritualité, le contact avec les gens, sauf le Sud bondé de touristes)… Des milliers d’images dans les yeux, d’odeurs, de sensations, de souvenirs…

Et puis, les enfants qui rient et s’amusent, qui inventent des histoires, leur complicité, les yeux qui brillent de chéri quand il est dans la nature, heureux… J’ai adoré. L’impact est immense, le lien entre nous plus fort, le sentiment de liberté aussi. Fous rires, râleries, coups de chaud, émotions, découvertes, rencontres, des richesses à garder au fond de soi pour toujours, une grosse boîte de souvenirs communs à se remémorer ensemble, les soirs de pluie…

Aujourd’hui, je suis triste de rentrer et simultanément heureuse de retrouver les gens que j’aime. Drôles de sentiments mélangés, j’ai un nœud à l’estomac et le sourire en même temps. Il pleut des cordes dehors et on se gèle dans ce bus. Le temps n’est pas terrible depuis quelques jours, mélancolie. Dans mes livres de gamines, les « Martine », il pleuvait aussi toujours à la fin des vacances. Le paysage défile, des milliers de palmiers qui servent à l’huile de palme, et l’esprit s’envole… Envie de repartir, pas tout de suite, bien sûr, mais j’ai retrouvé le virus du voyage.

Je rêve de l’Afrique, de l’Amérique du Sud et de faire les steppes mongoles à cheval. Et puis aller au Tibet aussi. J’ai vu que l’équipe de nomades aventures cherchent des gens qui partent dénicher de nouveaux treks et visites culturelles au bout du monde, ça me tenterait bien. Qui vient avec moi ? Yves me regarde avec des yeux genre « ma chérie, je t’adore, mais tu me fatigues un peu là, laisse moi d’abord rentrer, ok ? Et puis, tu sais, moi le voyage, j’en ai un peu ma dose même si c’était génial ». Arno rétorque « Tu sais quoi, on va rester à la maison avec papa et toi tu partiras avec Timo ». Mom me fait un clin d’œil, je vais sûrement pouvoir l’embarquer dans un nouveau trip un de ces 4.

Un voyage entre filles ? On laisse maris et enfants et on part à l’aventure ? Le désert ? La Patagonie ? Et les steppes à cheval, ça vous tente ou bien ? On dort dans une yourte, ça pue un peu mais ça doit être génial de se lever et de découvrir des paysages incroyables, immenses. Qu’est-ce que vous en dites les filles ? S’agira d’abord de mettre des sous de côté, de bosser à nouveau, de rentrer un peu dans le système. Ok, ok, je me calme.

Dans deux jours on rentre à la maison. Je visualise à peine ce que contiennent tous mes placards, des mois qu’on vit avec le contenu de nos sacs à dos. Des questions bêtes me trottent dans la tête : j’ai un entretien pour du boulot au retour, est-ce que je sais encore marcher en hauts talons ? Ma paire de jeans fétiche me va-t-elle encore ? Une année sans me peser, sans régime, quelle paix ! Manger à ma faim, sans réfléchir, quelle liberté : soupes thaï, brochettes, poissons grillés, curry, ananas, riz à tous les repas, jus de fruits, « copi susu » indonésien (café au lait concentré, comme en Afrique, c’est bon, c’est chaud, c’est sucré, j’adore, un vrai machin total’ régressif). Et un bon gros cheese-cake de temps, en temps, une bière tiens (celles du Canada, artisanales, sont à tomber, tout comme la Dark beer du Laos). Le pied. Parallèlement j’ai du plaisir à bouger, marcher, nager, j’ai envie de reprendre la course et de me mettre enfin à la danse. Pas parce qu’il le faut, mais parce que ça me fait plaisir.

Plaisir, liberté, partage, découverte, merci le voyage, les batteries sont rechargées comme jamais, je me sens bien, heureuse, prête à repartir d’un bon pied.

Si c’était à refaire, je repartirai sans hésiter, c’est unique et extraordinaire comme expérience de vie. Se confronter à d’autres cultures, parler avec les gens, partager un peu de leurs univers et croyances, ouvrir son esprit à la différence… Je regarde mes enfants et je sens que leurs visions des choses a évolué, ils sont plus matures et ont réalisé comment d’autres enfants vivent, ailleurs. Et puis, dorénavant, ils devraient être plus à l’aise en géographie .

Pour ceux que l’aventure tente, je leur donnerai peut-être un ou deux conseils : pas trop d’organisation et de destinations bookées d’avance,  un simple billet aller pour un endroit suffit (genre un pays lointain qu’on ne connaît pas très bien, éviter les endroits trop connus et bourrés de touristes) et ensuite improviser le parcours en fonction des envies et opportunités, en privilégiant les trains et bus, le bateau. Manger local un maximum, aller dans les petites guesthouses qui ne figurent pas dans les guides, faire confiance aux gens, prendre le temps, sortir des chemins battus sans crainte, beaucoup de destinations sont safe. Au niveau techno prendre une caméra, réaliser un film du voyage plutôt qu’un blog textes + photos.

Et maintenant ? En vrac…
  • D’abord retrouver tout le monde et faire la fête (Paléo approche !)
  • Me faire un p… de café Nespresso
  • Boire un coup de rouge et manger du gruyère, peut-être avec du lard de Begnins (hein Carole ?)
  • Finaliser la version print du blog sur Lullu.com
  • Prendre des cours de photo et de vidéo
  • Me mettre à la danse, enfin
  • Aller marcher en famille, entre amis
  • M’investir dans un projet humain, écolo, social…

Puis…
  • Repartir, encore et encore, avec des amis, avec ceux qui en ont envie
  • Organiser un trip spécial filles :-)

Le mot de la fin pour ceux qui ont participé, chacun à leur manière à ce voyage :

  • Un spécial merci à super Fred pour son management parfait de notre correspondance et administratif pendant le voyage
  • Un autre grand merci à Emma et Chric d’avoir pris soin de notre chatte Boulette pendant notre absence
  • Un merci à papa pour son enveloppe spéciale « loisirs » qui nous a permis de joyeuses folies
  • Un merci à notre taxi driver préférée, Maya, qui nous a accompagnés au départ et qui vient nous rechercher à l’arrivée
  • Notre gratitude à nos amis qui nous ont rejoints en cours de route, Carole et Julie à San Diego, Adri et Sewa à San Diego aussi, Carole, Marcos et Lilou sur l’île de Koh Chang, Fred au Cambodge, Alain et Mom en Thaïlande, Mom pour le dernier mois de voyage. Et tous les messages, sur le bog, email, Skype, What’s up, Facebook… On s’est sentis accompagnés et en relation avec nos proches tout du long du voyage. Merci pour tout ça.
  • Un immense bisou à tous nos proches qui nous ont soutenus dans ce projet magnifique et un peu fou et qui ont toujours répondu présents même à l’autre bout du monde :-)

Coulisse, les us et coutumes de la smala

Quand on passe beaucoup de temps ensemble, les petites manies de chacun font rire les autres. Voici donc les coulisses du voyage, glanées d’abord par Mom puis complétées par toute la famille :-)


Yves
C'est midi, j'ai faim !
Ses petites phrases types
  • Quand est-ce qu’on mange ?
  • Soph… c’est où ce truc (Sophie ne sait jamais répondre à cette question, elle ne range jamais deux fois de suite un objet à la même place)
  • On a le temps, on va quand même pas arriver en avance !
  • Attends, je dois faire ma compta
  • C’est un tas de cailloux ce truc, non ? dixit des temples et antiquités (La petite phrase « boute en train » du jour)
  • Je suis très content (il y a un resto japonais dans le quartier avec plein de sushis)
  • Il faut s’hydrater toutes les 20 minutes
  • Je n’ai pas fini mon yoga
  • Soph, tu manages ?
  • En fait on va où demain ?

Ses manies et habitudes
  • Yves adore les statistiques : moyennes pour le budget, kils parcourus, courses de montagne (dénivelé, rythme cardiaque, calories, moyenne au kilomètre, altitude… Sophie dit qu’il fait même des stats sur la fréquence des rapports sexuels mais nous ne les publierons pas ici)
  • Yves est irrésistible en krama ou en sarong
  • Yves sort sa cape de héros dès que Sophie et ses enfants sont en danger. Il se transforme en Zorro-Superman : il se bat avec les mygales sauteuses du Cambodge et porte tous les sacs (comme Obélix) quand Sophie est blessée
  • Yves prend soin de la santé de toute la famille (Soph t’as mis ta crème, pourquoi t’as pas soigné ça, tu veux que je te spraye ?)
  • Yves est toujours content de ce qui est organisé par Sophie
  • Yves surveille tout et veille au grain (le temps d’écran des enfants, séchage des linges, dépenses, nombre de cocas autorisés, la lessive, le budget)
  • Yves ne supporte plus les chiens qui gueulent toute la nuit, les coqs qui chantent dès 4 heures du mat et les ouvrier qui plantent des clous dès 5 heures trente du matin

Arno
Je m'ennuie...
Ses petites phrases types
  • Pffff… pourquoi je dois toujours dire bonjour ?
  • Maman, tu me racontes une histoire ?
  • Pourquoi ils se moquent toujours de moi ?
  • J’ai chaud
  • Je m’ennuie
  • J’ai jamais le temps de jouer !
  • J’aime pas le riz
  • Je suis triste parce que je voulais rester, pourquoi on doit toujours partir ?


Ses manies et habitudes
  • Arno ferme la porte toutes les 5 minutes à cause des moustiques
  • Il aligne chaque soir ses doudous, sa gourde et sa lampe frontale (on sent une certaine hérédité) et c’est le seul qui ne perd jamais rien, sauf éventuellement ses chaussettes sales
  • Arno fait son sac tout seul
  • Arno joue des heures aux Lego et invente plein d’histoires avec des personnages ( y a toujours les gentils et les méchants)
  • Arno demande à son frère de lui traduire les « hints » (avertissements en anglais) de ses jeux vidéo
  • Arno veut adopter et sauver tous les bébés animaux, y compris les chats galeux et chiens pouilleux
  • Arno s’éclate à la piscine, à la mer, dans les rivières, l’eau est son élément !
  • Arno sait toujours où on est, et où on habite
  • Arno voit toujours le détail qui tue
  • Arno adore les batailles de polochon avec sa mamy et son frère
  • Arno veut toujours faire les mêmes jeux iPod que son frère et pique des crises quand il n’y arrive pas

Timo
Hé, attendez-moiiii !
Ses petites phrases types
  • J’ai l’œuf
  • Ca va !!! Vous êtes des stressés (tout le monde est prêt, on l’attend depuis 15 minutes)
  • T’as pas vu mes tongs ?
  • J’ai déjà pris une douche avant-hier !
  • J’ai envie de t’embêter, je peux ?
  • J’ai pas sommeil, pourquoi il faut toujours aller au lit ?
  • Laisse moi faire mon sac tout seul, je déteste qu’on touche à mes affaires
  • Des fois j’en ai marre de ces Aubers’
  • Attends, j’ai pas fini de manger (des heures à table…)
  • Tu crois qu’ils ont du cheesecake ?
  • Maman !!! Un Starbuck !

Ses manies et habitudes
  • Timo est volontaire pour goûter et tester toutes les cuisines locales
  • Timo est capable de commander à manger pour toute la famille, en anglais, et se débrouille toujours pour obtenir sa pitance favorite
  • Timo joue avec son frère
  • Timo ne se plaint jamais
  • Timo donne des conseils éducatifs à Mom quand Sophie et Yves sont absents
  • Timo aime bien agacer (comme Fred quand il était petit)
  • Timo déteste qu’on lui explique un nouveau concept scolaire et soupire pendant des heures quand il ne comprend pas du premier coup
  • Timo n’aime vraiment pas l’allemand
  • Timo tripote tous les animaux, surtout les écrevisses, les crabes, les chauves-souris géantes et les pythons
  • Timo dessine pendant la nuit s’il n’arrive pas à trouver le sommeil, avec sa lampe frontale

Timo et Arno font de l’écran à donf dès que Mom et Sophie organisent le voyage ou mettent à jour le blog
Timo et Arno adorent l’eau et les activités de ouistiti (nager, plonger, grimper, sauter…)


Sophie
Bon, vous me lâchez le slip ?
Ses petites phrases types (et injonctions)
  • Timo, Arno, retour au calme, 5 minutes assis
  • Dans le Lonely, ils disent qu’il faut aller là et on va y aller
  • Vous voulez pas une bière ?
  • Merde, j’ai plus de clopes !
  • Mais lâchez-moi le slip !
  • Ok, tout le monde s’assied, séance briefing
  • Chéri j’arrive dans deux minutes, je fais juste un petit mail (elle revient genre deux heures après)
  • On va encore juste voir ce truc et après on rentre ok ?
  • Je suis contente de faire les sacs, j’adore quand on bouge !
  • Chéri je crois que j’ai encore perdu mes lunettes…
  • Combien j’ai dépensé ? Mais j’en sais rien moi…. (une année qu’Yves tente de faire la compta au sous près)
Ses habitudes et petites manies
  • Sophie écrase les pilules anti nausée entre deux tranches de biscuits pour les faire avaler à Arno (baptisée méthode du bébé-chat)
  • Sophie arrose Arno d’eau fraîche quand il a chaud et qu’il tourne méchant
  • Sophie demande à Mom si elle a bien mangé avant de monter sur le bateau, histoire de ne pas avoir le mal de mer
  • Sophie porte tous les sacs pendant les excursions
  • Sophie prend Arno sur les genoux pendant un trajet qui dure 4 heures en taxi
  • Sophie invente des histoires abracadabrantes (par exemple Wang Zi, le chinois bougon) qui subjuguent Arno lequel ouvre de grands yeux émerveillés et fait quelquefois des rapprochements entre le titre de l’histoire et sa petite personne)
  • Sophie met de la crème solaire à tout le monde mais rentre le soir complètement cramée (car en fait elle en met jamais)
  • Sophie organise toujours des visites culturelles obligatoires pour toute la smala (le 1000e temple et le 358e musée)
  • Sophie obtient tout ce qu’elle veut avec son sourire éclatant et ses yeux naïfs
  • Sophie connaît tous les noms des plats de tous les pays qu’elle traverse
  • Sophie pète les plombs deux jours par mois (elle doit absolument manger du chocolat)


Mom
Où ai-je mis mes lunettes ?
Ses petites phrases types
  • Faut y aller, on va être en retard !
  • Euh, non merci, j’ai pas faim, on vient juste de sortir de table, non ? (La pauvre, on mange tout le temps dans cette famille)
  • Ça vous dérange pas si je me mets au soleil (le reste de la famille cherche l’ombre) ?
  • T’as vu des toilettes par ici ?
  • Oulà, c’est super spicy ce truc !
  • T’inquiète pas, je m’occupe des petits, reste tranquille avec Yves (nous la bénissons chaque matin et chaque soir de s’occuper des loulous)


Ses petites manies et habitudes
  • Mom a des sachets zippés pour légumes congelés dans lesquels elle range ses affaires de voyage
  • Mom arrive en Asie avec ses bâtons de nordic walking
  • Mom confond tous les billets des monnaies locales
  • Mom flaire les arnaques
  • Mom regarde avec méfiance les trucs qui flottent dans la soupe (surtout les moreaux de foie de poulet qui ont failli la faire crever dans le méga palace chinois de Ko Si Chang)
  • Mom n’aime pas qu’on lui réclame des coupons
  • Mom est un régulateur d’ambiance, en principe elle fout pas la merde
  • Mom vérifie l’adéquation entre le nombre de passagers du bateau et le nombre de gilets de sauvetage
  • Mom est adepte des petites pilules roses distribuées par les beaux matelots de « Blue Express »
  • Mom ne va jamais dans les grottes, a peur des chauves-souris et déteste les serpents, elle se méfie aussi des macaques qui grimpent sur sa jupe
  • Mom arrive à faire lever les enfants à 6h40 et les faire rire en dansant le clip de « I will survive »
  • Mom n’y voit plus rien et cherche toujours ses lunettes
  • Mom ne se plaint pas (du chaud, de la soif, de la faim) mais s’inquiète de l’organisation
Voilà, vous savez tout :-)

dimanche 3 juillet 2011

Y a des fois c’est comme ça…

… Ou les chamailleries et mésaventures du Visigoth, de la mégère et de leurs rejetons mal lunés…

Sérénité, sérénité... qui disait...
D’habitude, on s’amuse plutôt bien. Le matin, on se lève tranquillou, Yves et Mom font leur yoga pendant que les enfants émergent, je prends une petite douche suivie d’un café si possible pas trop dégueu. Ensuite, on s’organise, école, activités culturelles, marches, visites, plage, piscine, planification du voyage, petits restos, discussions, rencontres, les jours coulent, différents l’un de l’autre, mais tous magnifiques à leur façon. L’ambiance varie en fonction de quelques paramètres de base, en gros s’il fait très chaud, que la nourriture est étrange et qu’on a mal dormi, il y a quelques frictions et crêpages de chignons, mais globalement le voyage est suffisamment riche d’émotions et de surprises pour que les petits désagréments soient vite oubliés. En bref, on est heureux et en vacances depuis une année ce qui est juste hallucinant et totalement indécent je vous l’accorde…

Et puis, ponctuellement, il y a des JDM (ou journées de merde, pour ceux qui ne sont pas addicts au site VDM). Et là, Bali ou non, soleil ou pas, karma ou yoga, rien n’y fait, les petits évènements s’emmêlent et à la fin on est franchement de mauvais poil. Exemple type avec la petite liste ci-dessous…

  • Yves a très mal dormi à cause d’un concerto de grenouilles doublé d’un tintamarre de coqs passablement en forme
  • La dernière escapade faite à Bali s’est révélée décevante, une marche au bord d’une route polluée et dangereuse, merci Lonely Planet, et c’est depuis ce moment-là que Mom a mal au dos - à moins qu’elle en ait plein le dos de nous ?
  • On a mis une soirée entière, dans un bar bruyant, à tenter de trouver un hôtel de libre à Singapour pour devoir finalement opter, en désespoir de cause, pour l’infâme hôtel 81 de la rue Joo Chiat (premier épisode par ici)
  • Le lendemain, Arno a vomi dans la voiture et a geint pendant deux heures, malgré l’ingestion d’un médic anti nausée spécial voyage
  • Timo a malencontreusement oublié mon iPod Dieu sait où à notre arrivée à l’aéroport et je n’y ai pas fait gaffe car je cherchais une poubelle pour le sac de vomi
  • Timo ne s’est même pas excusé, ce qui m’a perturbée, je ne lui ai rien appris à ce jeune homme ou bien ?
  • Comme je n’avais pas mis de mot de passe dessus, mes infos privées sont devenues lisibles par le premier abruti venu, ce qui m’a fait une drôle d’impression, car j’avais gardé tous mes petits What’s up de cette année de voyage, comme des trésors
  • Pendant que je changeais mes mots de passe sur un PC à l’aéroport (pour la modique somme de 15 $ !!), Yves s’est acheté du Toblerone et il ne m’en a même pas laissé un morceau, pourtant il sait que quand je suis down, le chocolat me fait du bien
  • Mom s’est fait embarqué son produit anti moustique, ses piles pour sa frontale et son tube de crème solaire à la douane, la pauvre, elle avait oublié avec tout ce chenis de les remettre dans son gros sac pour la soute
  • Dans l’avion, je me suis fâchée avec Timo qui s’est enfin finalement excusé, puis j’ai stupidement pleuré comme une gamine, tout en regardant Black Swan …
  • Yves s’est fait fouiller son gros sac à dos, à minuit, à la sortie de l’aéroport de Singapour, il a fallu tout sortir et argumenter pour son couteau suisse et son coupe-ongles (qui étaient dans la soute, où est le problème ?), Timo a voulu s’en mêler, Yves l’a envoyer balader, bonne ambiance
  • Du coup on est arrivés les derniers dans la queue pour les taxis et là un vieux chinois s’est pris méchamment de bec avec une famille d’Indiens parce qu’ils avaient dépassé dans la file et ensuite tout le monde s’en est mêlé, ça criait dans tous les sens, welcome in Singapour !
  • Ensuite on a pris un taxi, le chauffeur roulait comme un fou et Yves ne voulait pas lui demander de se calmer, ça m’a franchement agacée, car la sécurité du groupe, c’est à lui d’assumer, c’est dans notre « contrat » de base du voyage (toi Tarzan, moi Jane, voire par ici pour plus d’explications…)
  • Arno s’est endormi sur mes genoux après s’être chamaillé pendant la moitié du trajet avec son frère. A l’arrivée Yves l’a secoué comme un sac de patates parce qu’il traînait pour sortir du taxi, alors ça m’a encore plus énervée et je l’ai traité de grosse brute (à sa décharge il n’avait pas vu qu’il dormait)… Adieu zen attitude et bon karma…
  • Le chauffeur du taxi nous a laissé au mauvais hôtel, il faut dire qu’il y a cinq hôtels 81 dans la rue, il a fallu remettre les sacs sur le dos et déménager, avec Arno endormi
  • A l’arrivée le réceptionniste nous a demandé 100 dollars de plus que ce qui était prévu ce qui a causé quelques embrouilles, car la copie de la réservation était sur mon iPod (oui, celui qui est perdu)
  • Le réseau wifi de l’hôtel ne fonctionnait pas, donc on n’a pas pu voir la copie online
  • On s’est couchés fâchés et fatigués dans une chambre sans fenêtre qui sentait la vieille transpiration
  • Le lendemain matin, je me suis réveillée avec un gros ganglion enflammé douloureux sous l’oreille gauche, et j’ai dit à Yves que c’était de leur faute, qu’il m’avaient foutu les boules et je l’ai ensuite traité de Visigoth, ce à quoi il a répondu que j’étais une mégère. Ah, l’amour…
  • On a pris un taxi, chauffeur vraiment peu sympathique, pour aller à la gare des bus acheter nos billets pour Malacca et là, …


… Yes, Dieu merci, la chance a tourné. Le bus avait de la place, on a pu déjeuner au Food Center en face, et depuis nous voguons dans un super bus confortable, climatisé et à moitié vide, en direction de Malaka. Yves m’a fait un bisou, les enfants sont relativement calmes et on arrive bientôt…

Il s’agirait maintenant de profiter de ces derniers jours de voyage, dans un esprit plus serein et zen, mmmh ???

samedi 4 juin 2011

Photos: on refait les sacs...

Le voyage, c'est un tout: des paysages fantastiques, des rencontres merveilleuses, des aventures et aussi, bêtement des sacs à dos, à faire et refaire et porter :-). Quelques images pour le souvenir.

Sinon, question news, on est à 3 jours de notre arrivée à Bali et on se réjouit comme des fous de découvrir, encore une fois, une destination de rêve... A très bientôt pour de nouvelles photos et impressions !

dimanche 29 mai 2011

Faire l’école aux enfants ? Mais quelle idée !

« Il existe des prises de courant à éclipses. Recherche comment elles sont constituées et quel est leur intérêt ». Lundi matin, cours de physique avec Timo, pendant qu’Arno tire la langue sur des lignes d’écriture en attaché. Des courants à éclipse ? Mais qu’est-ce que c’est encore que ce machin ? Bon, allez, un petit tour sur le net pour trouver des explications. Zut, y a pas de réseau par ici, va falloir improviser différemment. Faire l’école à ses enfants en voyage, c’est ça avant tout, improviser, c’est à dire faire avec les possibilités locales et surtout, celles de chacun. Une émulsion, par exemple c’est de la sauce à salade. Facile à démontrer. Parfois il y a des petits miracles, comme le centre de la science de Brisbane qui a permis de comprendre la différence entre les circuits simples et les circuits électriques en dérivation. Et la culture générale se construit en fonction de nos excursions, comme trois jours aux temples d’Angkor avec un vieux guide local.

Séance école dans un Bed and Breakfast à Brisbane
Le programme scolaire peut être simple : vocabulaire d’allemand à apprendre, exercice sur les pourcentages et les problèmes de maths qui en découlent, les jours de la semaine pour Arno, l’alphabet. Mais parfois, ça se complique, genre les prises de courant à éclipses. Et il y a les grandes questions existentielles dont on ne peut pas se débarrasser aussi facilement qu’à la maison par un lâche mais efficace: « Euh, on va regarder ça dans un livre ensemble, d’accord ? ». Merci les bibliothèques. Et si jamais, y a Payot ou la Fnac. Je ne sais pas vous, mais moi, ce genre de truc se règle à coup de livres. Or, là, en voyage, on est un peu short… Alors on fait comme on peut. Exemples:
En plein milieu d’une séance de lecture, Arno adore sortir des trucs comme « Je crois plus en Dieu maman, tout ce que je lui ai demandé dans mes prières, et bien, y a rien qui a marché ». On avait décidé de respecter les croyances d’Arno qui avait dit un matin, vers ses 4 ans, qu’il croyait en Dieu. On lui a lu la Bible pour enfants (téléchargée façon BD sur mon iPod, merci la technologie) et montré aussi des autres formes de religion pendant le voyage. Là, des mormons (en Utah !), ici des bouddhistes (y en a assez en Asie), là une mosquée et même un temple Indien à Singapour. Et puis un matin, cette sortie. Faut-il expliquer, argumenter, nous qui ne sommes pas si sûrs de tout ceci ? Je lui ai juste répondu que ce n’était pas aussi simple. Mais alors ? Petits yeux grands ouverts, hein, maman, pourquoi ? Il faut alors assurer de grandes discussions philosophiques sur la croyance et ses mystères.
Et puis, un autre matin, alors qu’on potasse un livre sur la terre et son histoire « Maman, comment la graine elle fait pour aller dans le ventre des mamans exactement ? » Exactement ? Alors, euh, peut-être qu’on en reparlera quand tu seras plus grand, c’est un peu technique. Et tu es encore jeune. Non ? Tu veux savoir là, tout de suite, maintenant ? Et tu veux savoir « exactement ». D’accord, d’accord, je vais t’expliquer. Alors, le papa et la maman, quand ils sont très amoureux (autant se la jouer romantique à cet âge-là), se font des câlins, et puis le zizi du papa devient tout dur – Ah ! Comme moi le matin, j’ai le piquet, c’est pareil alors ? (Grand sourire épanoui) – euh, oui, c’est ça, il a le piquet, mais ce sont seulement les papas qui ont des graines et ce sont les grands qui ont des relations sexuelles. Quel âge ? Disons 16 ans, d’accord ? Donc, je reprends, le papa met son sexe dans celui de la maman et c’est comme ça qu’il met les graines, qui s’appellent les spermatozoïdes, et comme la maman fabrique un oeuf, et bien, … Hé, mais c’est dégueulasse ! Euh, ben c’est la vie mon petit et non, c’est plutôt sympa en fait. Silence consterné. Merde, j’en ai peut-être trop dit. Cet enfant est traumatisé ?? Quelques minutes plus tard le verdict tombe. Moi je ferai comme Mickael Jackson. On lui a pris des graines et il a trouvé une dame qui lui a fait ses enfants. Je veux pas faire ce que tu as dit là, c’est dégoûtant. Et je veux pas que ma femme on lui coupe le ventre pour sortir le bébé, comme ils t’ont fait à toi quand je suis né. C’est ce que je disais, traumatisé. Mais qu’est-ce qu’elles racontent les miss de l’éducation sexuelle aux cours en première primaire, hein ? Et surtout, d’où sort cette histoire de Mickael Jackson ? Et pourquoi diable lui a-t-on une fois dit qu’il était né par césarienne ?
Dur ensuite de continuer avec le « L’imagerie de la lecture, niveau 2 » et ses phrases passionnantes « la petite lapine tire la tulipe ». On reprend, encore une fois. La… oui « p » et « e » ça fait « pe »,… t – i, ti, etc.

L’école, c’est avant tout l’envie d’enseigner, la passion d’expliquer, la rigueur, la détermination, la patience, l’écoute et de la pédagogie en pagaille. Oups. Suis pas sûre qu’on ait toutes ces options en stock, Yves et moi. D’ailleurs, je remercie tous les bons profs que j’ai eu la chance d’avoir dans ma vie et j’ai une pensée compatissante pour ceux qui parfois pêtaient les plombs en classe quand cela faisait vingt fois qu’ils expliquaient la même chose et que certains préféraient se lancer des bouts de gomme en ricanant bêtement au lieu d’écouter.

Lorsqu’on a décidé de faire ce voyage et d’assumer l’enseignement aux enfants, je me disais « ça va le faire, ils sont intelligents, on a les grandes lignes du programme, on va faire ça tous les matins et puis ce sera l’occasion de passer de bons moments ensemble, de leur apprendre des choses ». Ah, c’est beau l’amour. Dix mois maintenant qu’il faut courir après les enfants pour les faire étudier, car il y a tellement de choses à faire plus intéressantes ! Dix mois qu’on constat âprement que la discipline nécessaire au programme scolaire est difficilement conciliable avec les aléas du voyage. Qu’il n’est pas toujours évident de trouver un espace calme pour se poser et travailler. Et qu’apprendre à lire à un petit, c’est super difficile quand il n’aime pas ça. Chaque enfant est différent. A l’époque, Timo avait eu sa technique bien à lui. Il nous avait demandé de répéter des centaines de fois des petits mots des livres de la collection « l’imagerie des petits » et il avait décortiqué ça tout seul comme un grand. Et un soir, il nous avait bluffé en sachant quasiment déchiffrer la plupart des mots. Il avait 4 ans. Ah, j’étais fière, ça c’est sûr ! Aujourd’hui, je transpire avec Arno qui ne s’intéresse pas à la lecture. Et il déteste l’écriture. Il aime les maths. Et les histoires. Et jouer. Aux Lego, aux petits soldats, et à l’iPod où il bat tout le monde en logique. Et il aime faire le clown, il nous fait mourir de rire lorsqu’il imite la vidéo de Youtube « I will survive » en enchaînant la chorégraphie nickel. A chacun ses compétences. Sauf que la lecture, c’est quand même important. Et les saisons aussi. Du coup, il refera sa première primaire et on va gentiment déléguer cette tâche à sa maîtresse que je bénis d’avance. (Promis maîtresse adorée, je vous ferai des tas de cheesecake pour les soirées de classe si vous me faites lire mon Arno).

Quant à Timo, il ne supporte pas qu’on lui explique quelque chose, ça l’énerve, il veut tout faire tout seul. Comme la lecture, à l’époque. Et ce qui m’avait rendue tellement fière m’insupporte aujourd’hui, car il faut parfois lui expliquer deux ou trois trucs difficiles à deviner tout seul, comme la manière de construire un argumentaire par exemple. Et là, on a droit à des soupirs, à des mouvements d’humeur, voire pire. Patience, inspirer, expirer. Et quand il oublie une notion (vue il y a quelques mois et parfois pas suffisamment répétée), il s’énerve carrément car il réalise que c’est dur de tout retenir et que sans les heures d’écoles, les devoirs et les tests, parfois on ne n’assimile pas les choses de la même manière. Alors il se bute, et là bonne chance pour rattraper la mayonnaise. Et nous on s’inquiète : se rappellera-t-il de la différence entre les angles alternes internes et les correspondants pour ses examens en août ? Du côté positif, il a par contre bien assimilé les notions de démographie, d’alphabétisation et la problématique de la sécheresse. Forcément, il a vu au Cambodge la différence entre les paysans qui vivent le long du Mekong et ceux qui sont dans les terres reculées et arides des plaines. Les premiers font deux récoltes par an de riz et plantent des légumes et du maïs en plus, tandis que ceux des plaines ne font qu’une récolte de riz par an et c’est souvent insuffisant. Alors les enfants ne vont pas toujours à l’école, car il faut donner un peu d’argent au professeur (qui ne survit pas avec ses 40 dollars par mois de salaire) et ils n’en ont pas. Pour Timo, et même Arno, ce sont des choses qu’ils ont vues de près, on a parlé avec des professeurs, visité des villages, traversé les plaines, longé le Mekong, vu les enfants… Mais ce ne sera peut-être pas suffisant pour passer en huitième car pendant ce temps-là, j’ai eu du mal à lui enseigner les subtilités de la grammaire allemande (ce n’est vraiment pas ma tasse de thé) et on a sué sur les exercices de physique. D’ailleurs à ce propos, je me réjouis que super Mom nous rejoigne. Peut-être que si je lui beurre ses tartines le matin elle voudra bien m’aider avec cette cochonnerie d’allemand ?

De manière générale, on s’est organisé comme cela : cinq jours d’école pendant lesquels on travaille le matin (environ deux heures et demi) puis deux jours de week-end. On a aussi suivi le calendrier des vacances scolaires. Pour Timo l’accent est mis sur les branches principales : math (algèbre et géométrie), allemand, anglais, français, physique et quand on a le temps, de la culture générale classique. Pour Arno, c’est lecture, écriture, calculs et notion du temps. J’assure trois jours avec Timo et deux avec Arno et c’est l’inverse pour Yves. On a carrément laissé tomber les tests formels, la musique, la couture et le bricolage et ils dessinent ce qu’ils veulent. Quant au sport, on en fait assez naturellement pendant le voyage.

Il y a des jours qui se passent merveilleusement bien et d’autres où je me dis qu’on est cinglés. Il y a des cris, des larmes et quelques cahiers ont parfois volé dans la pièce. On rit aussi beaucoup et il y a, dieu merci, des moments d’émerveillement, comme quand Arno a réussi à déchiffrer ses premiers petits mots ou quand Timo se lance dans de petites conversations en anglais avec des gens de passage.

On se retient bien sûr comme on peut de leur taper dessus quand ils manifestent une parfaite mauvaise volonté. Parfois on s’échange même les enfants dans la matinée pour éviter la crise de nerfs. Mais laborieusement, consciencieusement, on n’a jamais lâché. Yves se coltine des kilos de livres dans son sac à dos et j’ai fait et refait le programme de Timo dans tous les sens pour essayer de ne rien oublier. Aujourd’hui, à quelques semaines de la fin, on est plus zen, on les encourage à être un maximum autonome et on ne harcèle plus Arno sur des choses qui visiblement ne sont pas acquises. Il recommencera, avec une vraie maîtresse et je suis persuadée que sa pédagogie, associées aux bonnes méthodes, à la dynamique de la classe et des copains feront la différence. (Laissez moi rêver, ok ?) Quant à Timo on va essayer de le préparer à ses examens, sans pour autant le stresser avec ça. Si doit refaire sa septième ce sera aussi plus simple pour lui et je le prépare à cette éventualité.

Ayant passé quelques heures sur des sites de parents (de mamans devrais-je dire) qui scolarisent leurs enfants à la maison, je dois constater que nous ne sommes pas de la même planète, ce sont des super women et je leur tire mon chapeau, car perso, ce n’est pas mon truc, ne s’improvise pas prof qui veut…. Je ne rêve que d’une chose, c’est de confier à nouveau cette responsabilité à des pros. Et puis, l’école, ce sont les copains, la cantine, la récréation, les sports collectifs, les profs qui nous poussent en avant, les fous rires en classe. En tous les cas ce sont les souvenirs que j’en garde avec le recul… (Oui je sais, il y a aussi les ribambelles de tests, les profs qui ont oublié d’être passionnants, le racket et les heures de devoirs, mais quand même, on a de la chance d’avoir globalement de bonnes écoles en Suisse).

J’essaie de ne pas trop voir cette expérience de « homeschooling » comme un échec, mais plutôt comme une réalité qui nous dépasse un peu. On fait au mieux de nos moyens et les enfants ont encore toute la vie pour se rattraper, ce voyage leur aura tellement apporté ! Timo a pris une bonne dose d’assurance, Arno est devenu beaucoup plus autonome et ils ont appris tous les deux des milliers de petites choses grâce à cette merveilleuse école de la vie qu’est le voyage. Et puis, qui sait, on aura peut-être une bonne surprise avec Timo ? On le saura juste avant la rentrée. Ses examens sont mi août, les mêmes que ceux qui arrivent de privé. Ils ne sont pas obligatoires pour lui, mais on a privilégié cette option avec le collège pour lui éviter d’être enclassé dans la mauvaise année. Tenez-lui les pouces !

Sur ce, je vous laisse, le soleil nous attend et il s’agirait d’en profiter, bises à tous, belle journée et merci d’être là, de nous lire, merci pour vos messages ici, par email, sur Facebook, ils nous font du bien.
N'ayant pas fini de mettre mes favoris scolaires à jour, voici en attendant quelques applications iPod / iPhone super bien faites qui aident à réviser: les dictionnaires Larousse, Calcul mental, Busuu pour les langues, Devine la capitale, Devine le pays, Drapeaux quizz, Famille les incollables, Apprendre l’alphabet en s’amusant, Apprendre l’heure en s’amusant, Lola ABC, Trivial Poursuit, Bescherelle le conjugueur, Jouons avec les mots, etc.

dimanche 22 mai 2011

J-50, avant le retour ! Itinéraire et quelques nouvelles

Je me souviens encore très bien du moment "J- 50" avant le départ. Il fallait penser aux derniers papiers administratifs, acheter notre matériel de voyage et surtout se préparer mentalement à partir en laissant derrière soi nos proches, nos habitudes et nos boulots. Concrètement j'étais en plein examen, on a finalement fait nos sacs une semaine avant de partir et le départ fut carrément chaud puisqu'on a failli rater l'avion pour Montréal ! Heureusement qu'entre deux, il y a eu Paléo et un grand pique-nique sur la plage pour dire au revoir à nos amis et familles. Et aujourd'hui, nous sommes à 50 jours du retour - que le temps passe vite ! -. Voici ce qui nous attend au programme:

Australie
Cela fait déjà plus de trois semaines qu'on est dans ce pays magnifique. Partis de Sydney, on a remonté la fameuse côte est en camping-car après une escapade dans les Blue Montains. Aujourd'hui on visite Brisbane. Dans deux jours, on s'envole pour Cairns, afin de profiter de dix jours de beau, le long de la barrière de corail. Plongée, snorkling, plage et quelques virées dans les environs, on ne devrait pas être malheureux. L'idée est de louer une petite cabine dans un camping, histoire que les enfants puissent jouer librement un maximum dehors - tous les parents me comprendront j'en suis sûre-.

Bali, Lombok et Java
Le 6 juin, on s'envole pour Bali, après une escale par Singapour. A l'époque, nous avions réservé les grandes lignes de vol afin de bénéficier de tarifs avantageux. Cela nous oblige aujourd'hui à être à certains endroits à dates fixes. Discutable sur le plan écologique - merci notre consommation de carbone - ce n'est pratiquement pas très grave, il suffit de prendre un  vol low-cost pour combler les distances. A Bali, Yves nous a réservé une petite villa dans les hauteurs de Dempasar. On y restera deux semaines, pour découvrir l'île et Lombok, ainsi que les îles Guili. Au programme, volcans, plages, street bouffe et petits treks dans les terres. Super Mom nous rejoints et nous a concoctés la suite de l'itinéraire sur Java, en privilégiant les parcs nationaux et les sites de l'Unesco. On se réjouit de la retrouver !

Retour
On quittera ce petit paradis au dernier moment pour s'envoler sur Singapour, notre lieu de départ pour le grand retour prévu le 12 juillet, arrivée le 13 après quelques heures de vol :-).

Voilà, vous savez tout ou presque. Dans les autres nouvelles de la famille, Arno commencera à la rentrée en première primaire au centre ville et fréquentera les classes tartines, pour sa plus grande joie. Nous avons privilégié un retour en douceur et choisi de ne pas le stresser. Il recommencera un nouveau cycle entier et sera plus à l'aise ainsi. Pour Timo, c'est l'inverse, on va mettre les bouchées doubles pour ses examens, afin de valider sa 7VSB et intégrer sa 8ème, en sachant que le programme est dense et que malgré ses efforts (et les nôtres!) on n'est pas trop sûrs que ça va le faire, comme on dit. J'écrirai prochainement sur la réalité de ce qu'implique "faire l'école à ses enfants" pendant une année...

De notre côté, tout va bien, on profite à fond de notre liberté quotidienne, car le maître mot est là. On est libres. De nos horaires, de nos journées, de faire ce que l'on veut - et perso, j'adore ça! - . Parallèlement, sans se focaliser non plus, on pense retour professionnel: recherche de travail pour moi comme responsable de site Internet, ou responsable communication (mon CV est là), l'idée étant de privilégier ma carrière après ces grands vacances et Yves prépare son grand retour professionnel dans le domaine du coaching sportif. Avis aux amateurs  et amatrices, ses programmes sportifs sont d'enfer !
Sur ce, on vous embrasse bien fort et à bientôt pour quelques photos et récits de voyage comme d'habitude. Voici d'ailleurs quelques images de notre visite au musée et bush aborigène Minjungbal de Tweed Heads, sur la Gold Coast.

samedi 21 mai 2011

Rêve, réalité et bilan (après 10 mois de voyage)

Texte de chéri


Le rêve et la réalité sont comme la théorie et la pratique, deux choses très souvent bien différentes. C’est donc le moment de faire un petit bilan de notre voyage après bientôt 10 mois et surtout après nos 6 mois en Asie. Nous avons décidé dès le début de cette aventure de toujours dire les choses avec franchise et sans enjoliver les faits. Nous pourrions vous dire que tout est magnifique, que tout va pour le mieux et que les enfants sont des anges, mais serait-ce vraiment intéressant ? Le but n’est pas de se plaindre alors que nous sommes en train de réaliser ce qui restera probablement un des plus beau souvenir de notre vie, mais juste de faire une analyse réaliste de ce que nous sommes réellement en train de vivre et de ce que ça signifie de partir faire le tour du monde en famille (pour les fous qui voudraient encore tenter l’aventure). Voici donc un petit topo des plus et des moins de notre voyage.

chouettes moments en famille à Woolgoolga
Partir à quatre pendant une année et revenir à quatre est déjà un exploit en soit. Vivre une année collés les uns aux autres 24 heures sur 24 est probablement une des chose les moins évidentes qu’il m’a été donné de vivre (moi qui aime avoir du temps libre, faire des trucs seul dans mon coin et être dans ma bulle). Par contre d’un autre côté, c’est également la meilleure chose qu’il me soit arrivé et je suis convaincu que nos vies, nos relations de couple et de famille en seront positivement modifiées à jamais. Ce que je sais après une année partagée avec Sophie et les enfants, c’est que nous en sortirons plus fort et plus confiants qu’avant. Et même si pendant le voyage nous avons eu des moments de doutes sur nos vies et sur les relations de couple, cette année nous a permis de beaucoup parler, de réfléchir, de faire le point sur nos objectifs et nos priorités, de remettre les compteurs à zéro, de recharger les batteries et de prendre de bonnes décisions pour nos avenirs personnels, de couple et de famille.

Le rêve était donc le tour du monde en famille pendant une année. Je pense que tout ceux qui sont partis dans ce genre de délire n’avaient, comme nous, probablement pas réalisé ce que cela voulait réellement dire au jour le jour. En réalité, il y a trois facteurs importants à prendre en compte : tout dépend des moyens financiers à disposition, des objectifs du voyage et des personnalités de chacun. Pour nous les choses étaient assez claires dès le début, le budget à ne pas dépasser sans compter les frais de transports était de CHF 200.- par jour pour les quatre, les objectifs étaient de voir des pays différents, de rencontrer des gens et de voir un maximum d’animaux dans leurs milieu naturel et nos personnalités étaient connues d’avance, quatre caractères de cochon, donc une bonne ambiance prévue à l’horizon !

Le Budget

Pour moi, tout est trop cher, sauf en Asie ! Je ne me considère pas comme un radin, mais je trouve que les choses en général sont trop chères par rapport à la qualité des produits ou des services proposés. Le prochain qui me dit que la vie en Suisse est chère, je lui ris au nez. Ok, on paie le prix plein pour les loyers et les assurances maladie, mais pour le reste, je vous promets qu’on est mieux chez nous qu’au Canada, au USA ou en Australie (si on compare les prix en tenant compte de la qualité de vie). Ce qu’il faut en réalité pour bien vivre en Suisse, c’est apprendre à dépenser moins, à vivre plus simplement et arrêter de consommer comme des malades. Cela demande certains sacrifices et quelques changements de vie, par contre le résultat en vaut probablement la peine.

Certains m’on dit que je ne reviendrai pas en Suisse après une année de voyage car je trouverai mieux ailleurs… j’ai pas encore trouvé ! Il est vrai qu’on peut vivre très bien et avec moins en Asie par exemple. Là-bas tout semble magique, la vie et les gens sont vraiment cool, pas de stress, pas de prise de tête et tout est simple et facile. La vie coûte trois fois rien, on y mange merveilleusement bien, on trouve des boui-bouis locaux délicieux à tout les coin de rue pratiquement 24h/24, on peut très bien dormir pour des sommes ridicules, on peut se faire faire des supers massages et il y a pleins de choses magnifiques à voir. Mais malgré toutes ces choses positives, après 6 mois passés sur place, je vous promets que le fantasme d’une retraite en Asie n’est plus d’actualité et que ma jalousie sur quelques connaissances parties vivre dans ces pays n’a plus raison d’être. Trop chaud pour moi et un manque de diversité qui fait qu’on s’ennuie un peu au bout d’un moment.

Mais grâce à l’Asie, on va donc tenir le budget annuel, alors moi content ! Mais ça n’a pas été sans douleur. Il a fallu expliquer à Timo qu’il ne pouvait pas manger des steaks et des crevettes à tous les repas, dire à Arno que ce n’était pas chaque semaine Noël et qu’il ne pouvait pas recevoir des cadeaux et aller dans des parcs d’attraction tous le temps, en ce qui me concerne j’ai dû faire un gros effort sur nos logements (finie la vie de château de l’époque du Golf avec Palace et cinq étoiles) et pour Sophie, à part deux paires de lunettes de soleil perdues, rien à dire. Par contre, il faut faire les comptes tous les jours pour pas perdre le fil et même si on a bien profité tout au long du voyage, on aura fait très attention et évité beaucoup d’envies (surtout au niveau des repas). En résumé, si vous êtes un peu juste sur le budget, prévoyez un voyage plus court pour ne pas être trop frustrés et devoir manger au Mc Do trop souvent (dans les pays occidentaux), et dormir dans des auberges de jeunesses pourries avec des petites bêtes cachées dans les draps. Ou alors, allez en Asie et profitez à fond…

Les Objectifs

De ce côté, les attentes sont presque atteintes. On a vu pleins d’animaux pour les enfants, on a traversé les pays qu’on voulait voir, on a rencontré des gens supers intéressants et vécu pleins de moments magiques. Le bémol est à nouveau les prix au Canada, au USA et en Australie. Tout est extrêmement cher et la moindre activité en famille coûte une fortune. Dans certains pays la formule famille n’existe même pas et dans d’autres les enfants dès 12 ans paient plein pot. Une simple visite dans un musée peut vite coûter 40 dollars, un parc d’attraction 120 dollars et un aller retour en bus et en métro à la plage 35 dollars. Le pire restera deux remontées en téléphérique dans les Blues Mountains en Australie, 50 dollars pour 2 minutes de transport (y en a vraiment qui nous prennent pour des cons). Il faut savoir aussi qu’on paie pour regarder les beaux paysages au Canada et au USA, c’est un peu comme si on devait payer pour aller à la Dôle regarder la vue ou pour avoir le droit de regarder le Cervin !

L’Asie par contre est à nouveau très intéressante au niveau des prix, mais ce n’est pas vraiment là-bas qu’on trouve les supers attractions pour les enfants. L’Asie c’est plutôt temples, rivières et chutes d’eau, montagnes sacrées, méditation et bouddhas. En résumé : la Thaïlande restera le pays qui nous a le moins séduit (sauf l’île de Kho Chang qu’on a adoré), trop moderne et trop développé pour nous même si tout y est accessible facilement. Le Vietnam restera la bonne surprise, des gens volontaires et qui savent ce qu’ils veulent dans un pays magnifique avec des paysages uniques mais néanmoins marqué par une histoire difficile. Le Cambodge sera le pays le moins apprécié de notre tour asiatique, trop de souffrance encore visible et peu de moyen donné par les pouvoirs politiques pour sortir ce pays de la misère. Et notre coup de cœur restera le Laos, pays encore authentique où l’on trouve une Asie intacte et pas trop contaminée par le modernisme et le tourisme avec là aussi des paysages somptueux. Pour le reste, le Québec reste notre gros coup de cœur pour la mentalité de ces gens (vraiment sympa et cool) en avance sur le reste du monde en ce qui concerne la place de la femme dans la société et le partage des tâches ménagères ! San Francisco a été notre ville coup de cœur des USA et pour l’Australie on a flashé sur Sydney (mais ce n’est pas fini, il nous reste encore 3 semaines en Australie et 5 semaines en Indonésie).

Conclusion

Une belle leçon de vie et une expérience unique pour nos vies. Même si les répercutions sur les enfants prendront probablement plusieurs années à venir, je pense que nous en sortirons tous meilleur. Je ne sais pas si j’ai vraiment changé (personnellement je ne trouve pas), mais j’ai une autre vision du monde et un autre regard sur les gens. Ma déception sera de ne pas avoir pu communiquer plus avec les locaux en Asie, même si on voyage sac au dos et qu’on reste souvent plus longtemps sur place, on reste des touristes malgré tout et les contacts plus personnels sont très difficiles à obtenir. Timo et Arno ont développé une complicité géniale, Timo a grandi et il est devenu encore plus cool en voyage même s’il reste un vrai casse pieds de temps en temps, Arno a pris confiance en lui mais est toujours un pénible de premier choix qui se plaint toutes les 5 minutes quand c’est pas comme il aime. Quand à Sophie, elle reste la femme de ma vie et je suis fière d’elle, elle a tenu le coup pendant une année avec trois mecs pas toujours très bien élevés et des fois pas très cool. Deux choses lui ont affreusement manqué, ses copines et sa Nespresso, mais le retour approche et même si tout ça est merveilleux, beaucoup de choses nous manquent et le retour sera une grande joie pour nous tous.

Alors à tout bientôt. Yves

dimanche 15 mai 2011

Logements : hôtel, guest house, auberge de jeunesse, location de vacances ou camping-car?

Camping-car dans les Blue Mountains en Australie
Après 10 mois de voyage, on a testé un certain nombre d’hébergements, de 20.- la nuit pour 4 dans une petite guesthouse sans fenêtre à Stung Treng au Cambodge à 250.- la nuit en camping-car (location + emplacement électricité et eau courante dans un Camper Van) au Canada, il y en a pour tous les goûts et budgets. Voici un petit feed-back sous forme d’avantages, inconvénients des solutions, qui sera peut-être utile aux autres cinglés qui choisissent l’option voyage non organisé (et qui n’ont plus 20 ans, âge béni où on se fout de tout, et surtout du confort, pourvu qu’on s’amuse ). De manière générale, Tripadvisor est de bon conseil, mais il faut fouiller dans les recommandations car tout n’est pas bon marché, alors que les endroits recommandés par le Lonely sont souvent plus chers qu’annoncés car ils profitent de leur notoriété. En Asie, il y a toujours une solution simple pour trouver un logement sur place, sans réserver au préalable, tout comme les USA, Canada et l’Australie offrent des motels le long du chemin à prix intéressant, il suffit de vérifier s’ils affichent « vacancy/no vacancy » au bord de la route. Nous en avons répertoriés une série ici sur nos pages infos, dont je n’ai hélas pas encore fini la mise à jour, mais ce sera fait avant notre retour, c’est promis !

 
L’hôtel basique (le genre 2, 3 étoiles, notations d’ailleurs illusoire selon les endroits)
Les +
  • La clim’ et/ou le chauffage – Yves = content
  • L’eau chaude dans les salles de bain – Sophie = contente, allez vous laver les cheveux à un filet d’eau froide, surtout depuis que j’ai appris à 38 ans ( !) par ma cops zamzam qu’il fallait se faire deux shampoings et se coltiner du conditionner systématiquement après si on voulait avoir de beaux cheveux
  • La possibilité de demander parfois deux chambres selon le prix - et donc de roucouler à l’aise, vital en temps de cohabitation forcenée
Les –
  • Déco et hygiènes douteuses - où est-ce qu’ils vont acheter ces tableaux déprimants de mochitude ?
  • Peu d’échange avec les autres voyageurs – chacun boit son infâme café lavasse dans son coin
  • Les hôtels bons marchés sont soit en périphérie des villes ou dans des quartiers bruyants – il faut donc choisir entre écologie/bruit ou confort/zone industrielle

 
On a eu parfois l’opportunité de louer de belles chambres à prix réduits en utilisant booking.com ou expedia.com, mais attention les localisations et le prix des petits déj’ souvent exorbitants. A réserver aux cas d’urgence, quand chéri par exemple n’a pas pu faire de sport depuis des lustres, que je râle sans connection web digne de ce nom et que les enfants supplient pour une après-midi de cartoons biens cons à la TV. On n’est pas tous des Poussin ou des Mike Horn…

 
La guest house (en Asie)
Les +
  • C’est propre, et ça c’est vraiment appréciable - les rares fois où on a du se battre contre des puces, c’était dans des endroits plus luxueux !
  • L’ambiance est chaleureuse et accueillante - les propriétaires, souvent des femmes, sont généralement adorables et facilitent la vie des voyageurs en se chargeant de tous les services de base (lessive, billets de bus, renseignements, expéditions)
  • Quand il y a l’option cuisine, on y mange bien et pas cher – on s’est même fait à l’idée d’une petite soupe de riz aux fruits de mer le matin, avec une pointe de piment (excellent pour la digestion)
Les –
  • Le matériel de base, commode, crochets, table de nuit, chaise, etc. est inexistant. - on pose tout par terre et puis voilà, tout en se méfiant des bestioles locales qui adorent se faufiler partout
  • Les salles de bains n’ont pas toutes l’eau chaude et sont souvent très sommaires – le petit moment où tu te demandes où tu vas poser ton linge exactement et si tes cheveux peuvent supporter ou non un jour supplémentaire sans lavage n’est pas toujours très glamour
  • Il n’y pas toujours de cuisine - et il faut parfois partir à la quête d’une petite cantine pour se restaurer sans que j’aie pu avaler mon petit café du matin, chose relativement difficile pour moi j’avoue…

 
L’auberge de jeunesse
Les +
  • L’espace commun sympathique – et donc les chouettes moments à échanger des bons plans voyages et à rire de nos aventures, tout en mangeant un petit plat cuisiné sur place
  • L’emplacement central dans les villes – le quartier offre généralement de bonnes options pour les voyageurs, agence de voyage, laveries, petite bistros, épiceries, le tout généralement à prix attractifs
  • Les PC, jeux, livres mis à disposition – ce qui permet de se ressourcer, de bouquiner, d’envoyer un mail, de surfer tranquillement et de jouer au Monopoly avec les enfants
Les -
  • Les lits à étage grinçants et branlants – ce qui occasionne des nuits entrecoupées et des réveils grincheux ensuite
  • Le partage de l’espace en général - 8 mètres carrés pour 4 c’est un peu short, il y a parfois à peine la place de poser son sac quelque part – et du coup Yves ne peut pas faire son yoga tranquillement le matin, pas bien ça, car ensuite il a mal au dos…
  • La propreté pas toujours très nette - les assiettes mal lavées, les cheveux dans la douche, les casseroles avec les restes du voisin collés au fond, etc.

 
Location à la semaine ou au mois
Les +
  • Un nouveau chez soi – avec des enfants qui font deux heures d’école tous les matins, c’est la meilleure solution pour pouvoir étudier ailleurs que sur un coin de table, vite fait bien fait
  • La place – chacun sa chambre, de bons lits, une salle de bain confort, des placards…
  • Du temps pour soi – les locations de vacances permettent de bénéficier d’un peu plus de temps personnel car ils sont des pauses dans le voyage
Les -
  • Le retour des habitudes – chacun retrouve ses petites manies et finalement la vie ressemble au quotidien habituel qu’on a justement décidé d’abandonner pendant le voyage !
  • L’emplacement – les prix attractifs impliquent souvent un emplacement éloigné des commodités et il faut se méfier de ne pas se retrouver dans la pampa sans moyen de locomotion
  • Les tâches ménagères – argh, la cuisine, la vaisselle, nettoyer, ranger…

 
Le camping-car
Les +
  • La liberté de mouvement ! Il n’y a rien de tel qu’une maison sur roues pour découvrir de grands espaces comme les USA, le Canada ou l’Australie
  • L’esprit « comme à la maison » - cuisiner selon les goûts habituels (après l’Asie, une vraie bénédiction pour Arno qui déteste le riz et les aliments mélangés), ranger ses affaires dans un petit placard, ne pas refaire le sac tous les deux jours
  • L’espace extérieur – dès qu’on arrive quelque part les enfants peuvent jouer dehors, alléluia, alors qu’en ville ils étouffent et font les sauvages n’importe où pendant qu’on tente (sans succès) de canaliser leur énergie débordante
Les –
  • Le manque d’intimité – le moindre mouvement fait bouger tout le camping-car (ceux qui sont partis pendant 4 ans en camping-car en famille sont des héros, comment ont-ils faits pour rester un couple ?)
  • Les équipements souvent foireux – écoulement d’eau fichus (2 inondations en 3 locations), placards qui ferment mal, équipement de cuisine sommaire, table branlante
  • Le prix ! Entre celui affiché et le vrai coût final (location + assurances + taxes + kilométrage + essence + emplacement en camping) ce mode d’hébergement est largement le plus cher de tout ce qu’on a testé

 
On a aussi testé le woofing (compte-rendu ici), les nuits avec le camping-car sur les aires d’autoroute autorisées (un poil glauque, s’acheter le guide Camp6 en Australie pour pouvoir le faire), les transports de nuit (deux jours pour s’en remettre) et les nuits chez l’habitant (peu compatible avec une famille de 4). En tous les cas, c’est une part d’aventures, de rencontres et un excellent exercice d’adaptation !

 
C’est donc avec joie qu’on est partis il y a trois jours à la recherche de notre camping-car. Cela fait depuis les USA qu’on n’a plus utilisé ce mode de transport. On se réjouit d’être à nouveau libres de nos mouvements et destinations, de poser nos petites affaires dans un chez-nous roulant. L’idée est de remonter depuis Sydney jusqu’à Brisbane en douze jours. On aurait bien aimé prolonger un peu mais vu les prix de location, on est resté raisonnable. Certains achètent leurs véhicules et le revendent ensuite, mais il faut avoir le temps et être dans la bonne saison. Comme on est en automne, les prix sont mauvais et certains jeunes nous ont dit qu’ils avaient perdus de l’argent en revendant leurs véhicules.

mardi 3 mai 2011

Photos: anniversaire d'Arno à Singapour :-)

Pas évident en voyage de fêter les anniversaires comme à la maison. Non pas qu'on va se plaindre d'être à l'autre bout du monde en vacances depuis des mois, hein, faut pas déconner, mais pour les loulous, il n'y a pas le côté copains + famille + fiesta habituels. Et les enfants aiment leurs habitudes. Parfois plus que les voyages autour du monde d'ailleurs... Bref, pour Timo on avait fêté ses 12 ans à San Diego avec Carole, Julie, Adri et Sewa, qui nous avaient rejoints pour l'occasion. On avait passé la journée à Legoland et le soir on avait eu du mal à retrouver le chemin entre la cuisine et la chambre car Sewa nous avait fait apprécier les charmes de la vodka. On est russe ou on ne l'est pas :-)

Pour Arno, on aura célébré ses 7 ans à Singapour, d'abord au parc aquatique ensuite à l'auberge de jeunesse River City Inn où nous logeons, avec un gros gâteau au chocolat délicieux et les locataires présents. C'était super sympa et il était ravi, comme quoi... Arno était impatient, on l'a fêté avec une semaine de retard, on attendait le retour de Timo de Suisse. (En parlant de Timo il a assuré à fond son trajet retour comme un grand. Il EST grand en fait... Argh!).


Demain, c'est le grand départ pour l'Australie. L'auberge de jeunesse "Original Backpakers" est bookée, les sacs pas encore faits, mais ça ne saurait tarder, le camping-car est réservé aussi, à nous l'aventure au pays des kangourous! Après la phobie du riz, voici les nouveautés d'Arno: il nous a déjà signalé qu'il était exclu qu'il se baigne dans une quelconque rivière - à cause des crocodiles - ni à la mer - les requins bien sûr -. Voilà voilà. Et qui va rester au bord de l'eau pendant que les autres friment avec leur PADI? On se le demande...

dimanche 1 mai 2011

Transit à Singapour avant l'Australie

Quelques news avant notre départ au pays des kangourous:

Mom est repartie hier après deux semaines passés avec nous. Cela nous a fait un bien fou de passer ces quelques jours avec elle, un bol d'air frais dans notre routine de voyage - et notre famille de fous -. On a passé notre dernière journée à Little India, Chinatown et Clark Quay. Au programme, flâneries entre filles, échoppes de souvenirs et difficulté à trouver une bête terrasse pour un dernier verre... Tristes de la voir repartie hier soir...

Aujourd'hui, nous avons déambulé, Yves, Arno et moi, l'air abasourdis, sur l'avenue Orchard, en quête de cadeaux d'anniversaire pour Arno. Quel choc! C'est vraiment l'ultraconsommation, le luxe, un monde fou avide de belles choses chères. Avec Yves, on se sent un peu largués, dur de retrouver cette réalité aprsè notre petite vie paisible de ces derniers mois. Je m'accroche à ma robe vietnamienne - portée tous les jours ou presque depuis des mois - et mon sac lao - acheté à une gentille mamie qui l'a tissé de ses petites mains -, tout en jetant un air ahuri aux magnifiques robes dans les vitrines. Va falloir que je me remette au goût du jour dans quelques semaines!

Timo va prendre l'avion dans quelques minutes, tout seul, pour faire Zürich-Singapour. Il a passé deux semaines avec son papa, Marie et Teo. L'accompagnement pour mineur n'a pas pu se faire pour ce dernier voyage et nous sommes complètement flippés de le savoir seul, entre deux univers, sans natel, sans personne. Saura-t-il assurer le coup et se débrouiller à la sortie de l'avion, la douane, aux bagages jusqu'à l'arrivée ? Je sens que je vais faire un scandale à Singapour Airlines.

En attendant, je surveille les vols online tout en bouquinant notre nouveau guide "East Coast Australia - merci Mom de ce beau cadeau -  histoire de ne pas devenir chèvre. On s'envole le 4 mai à 9 heures pour Sydney où on passera quelques jours avant de louer un camping-car et de remonter jusqu'à Brisbane, voire plus haut...

Demain, le programme est simple: une après-midi au waterpark Wild Wild Wet avec les loulous, agrémenté d'une bonne soirée d'anniversaire pour Arno qui se réjouit de déballer ses cadeaux. Il est tellement content ! Mais pour ça, il faut que Timo ne se perde pas en route... Oui, je sais, je suis une mère poule et il va très bien se débrouiller, c'est ce que me répète en boucle Yves depuis tout à l'heure...

Voilà. Suite au prochain épisode.

PS: Basiquement, tout le monde va bien, Arno est ravi de "ne plus manger de riz dans des boui-bouis", Yves est à fond dans ses programmes de yoga - gainage - et moi je suis heureuse du changement, car dès que ça bouge, j'aime. Quant à Timo, vous donnerai de ses news dès que je l'aurais retrouvé. Ok, j'arrête là ...

mercredi 27 avril 2011

Récit de Mom, je rejoins la famille en vadrouille pour 15 jours.

Quel bonheur de se retrouver après de si longs mois de séparation. J’arrive à Bangkok le 18, et déjà, le 19, nous migrons à Ayutthaya, histoire d’échapper à la grande métropole dégantée, bruyante, polluée mais joyeusement bordélique. Nous optons pour le train, 3e classe, sans clim, avec vieux ventilo et marchands ambulants proposant toutes de sortes de mets étranges que je me réjouis de découvrir.

Ayutthaya est une ancienne cité, comparée à la Venise de l’est par les premiers européens, débarqués vers l’an 1500. Cernée par trois fleuves qui se rejoignent pour former une île, des canaux aujourd’hui glauques transportent moult ordures et eaux brunâtres. Nous logeons dans la guesthouse familiale Sherwood,  5 chambres, salle de bains en commun, cuisine locale fraîche et piscine qui « sauvent les journées » avec Arno, comme dit si bien Sophie. Il fait très chaud, humide et le ciel est bas, lâchant de temps à autre une bonne averse accompagnée de cohortes de moustiques agressifs et teigneux. Une fois nos sacs largués, embarquement immédiat pour visites des temples externes à la cité historique et ballade en éléphants (voir photos et vidéo dans le prochain message). Le lendemain, on remet une couche de vieux temples (dur-dur pour Arno qu’il faut régulièrement asperger d’eau, sprayer, dorloter, (sup)porter avant qu’il n’agonise), il faut dire que nous somme sur un site classé Unesco depuis 1991. Petit rappel historique : la ville a été mise à sac par les Birmans, puis les Portugais qui avaient amené avec eux des canons ont aidé les Thaïs à reprendre la main sur la ville. Le soir, visite du night market, dont certains étals présentent grenouilles, poissons, anguilles, plus ou moins vivants…Mauvaise pioche, on décide de rentrer à pied et on se perd…

Le lendemain, nous partons en train pour Bang Pa-In, le palais d’été du roi, à une quinzaine de kilomètres. Qu’en dire ? Un ensemble un peu hétéroclite de bâtiments néo-classiquo-bof, avec une touche de thaï et quelques dorures. Les jardins sont bien entretenus, mais l’ensemble ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Arno est très impressionné par l’histoire de la reine Sunantha, qui s’est noyée en venant visiter sa demeure. Une loi interdisait alors de toucher la reine, elle mourut donc sous les yeux de tous ses sujets. Le roi fit changer cette loi et lui érigea un obélisque dans le jardin, en souvenir. La fin de journée se passe à organiser notre départ le lendemain matin pour le grand parc national de Khao Yai, dans la région Nord Est de la Thaïlande. Après avoir potassé le Lonely et les recommandations des voyageurs sur TripAdvisor, nous optons pour la guesthouse Greenleaf qui fait aussi office d’agence de trek. Le lendemain, départ pour la petite ville de Pak Chong en train. Nous profitons de faire quelques photos de la gare pour Fred, notre pilote de loco préféré (voir photos ici). Le train est relativement à l’heure, le trajet se déroule tranquillement le long de paysages de plus en plus verts et denses ! A l’arrivée, notre guide nous donne un album photos d’animaux de la jungle, histoire de nous mettre au parfum de nos futures aventures. Celles du long python de 10 mètres nous laissent perplexes…La guesthouse me rappelle de bons souvenirs de voyage : lits qui grattent, pas d’eau chaude, le lavabo qui arrive à la hauteur des miches – pas pratique pour Arno qui ne peut pas se brosser les dents sans qu’on le porte – pression 0 pour se laver les tifs …

Parc national de Khao Yai
Départ à 8 heures pour une longue journée de trek, en vrac : découverte de la jungle, petites virées en forêt pour suivre une troupe de gibbons qui se balancent au-dessus de nos têtes, observation d’un couple de calaos géants, longue marche pendant laquelle notre guide déniche un énorme scorpion noir qu’il lance sur notre ami canadien, attaques sournoises de sangsues sauteuses qui visent chaque espace de peau nue pour s’abreuver, telles des vampires, à notre sang goutteux – épisode qui vaudra à Sophie la perte de sa 2e paire de lunettes du voyage lorsqu’elle s’enfuit pour échapper à ces sournoises bestioles…Faut dire que le t-shirt sanguinolent de notre pote français sucé par une minuscule sangsue est impressionnant ! En fin de journée, nous tombons sur une famille de 5 éléphants sauvages (un gros mâle, un ado, un petit, deux femelles) qui traversent, puis remontent la route pour s’enfoncer dans la jungle. Un des jeunes s’égare, revient en arrière, ne sait plus où retrouver sa famille. C’est alors que le gros mâle apparaît à 3 m de notre voiture, agite des oreilles menaçantes (kestu fais dans mon quartier bouffon ?), puis vient récupérer sa petite troupe, les jeunes protégés au centre par les adultes, et s’enfonce à nouveau dans les bois. L’espace de 5 minutes, on la menait pas large…mais notre éléphant fait preuve de magnanimité envers ces andouilles de touristes qui empiètent sur son territoire. Faut dire qu’ici tout le monde est bienveillant, aimable, souriant, se précipite pour vous aider… ça change un peu de l’esprit borné et égocentrique de certains de nos concitoyens que je ne nommerai point.
Après ce périple, nous retrouvons Yves et Alain à Bangkok pour une petite soirée sympathique.

Sea View du Si Chang Palace - nice isn't it??-
Puis c’est à nouveau le départ pour Ko Si Chang, "île romantique, petit village de pêcheurs, monastère, bouddhas d’or, collines, baignades" – description du Lonely. Réalité, nous nous trouvons dans une immense port de transbordement, c’est ici qu’atterrissent les milliers de barges chargées de riz, sucre, fruits qui arrivent de tous les fleuves environnants, garés sous les fenêtres de notre palace – décrépi et moisi – et qui attendent d’être déchargés dans les centaines de cargos en partance pour le monde entier. Comme quoi, les attrape-couillons, c’est toujours d’actu. 

Vous retrouverez les photos du périple dans la jungle, de notre retour d'Ayutthaya en bateau et de Ko Si chang dans dans les prochains messages...