(Texte de chéri)
Voilà, la boucle est bouclée. Il faut sérieusement penser à la suite, à notre vie en suisse, au travail, à l’école de nos petits loulous, en bref, au retour à la vie dite normale. C’est le moment aussi de faire le bilan de ce voyage. Bilan de cette folle aventure à quatre pendant une année, de ce voyage un peu dingue que j’ai adoré, mais où j’ai un peu souffert aussi. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je n’ai pas toujours très bon caractère, supporte mal la frustration et il y a pleins de choses que je n’aime pas. Mais plus que tout, je n’aime pas : avoir chaud (bien vu les 7 mois en Asie à 35 degrés, avoir faim (si je mange pas, je peux vite tourner insupportable), les moustiques (une année de moustiques, moi content !), et attendre (on a beaucoup attendu, du coup maintenant ça va mieux). Sophie ne devait pas être dans son état normal quand elle m’a proposé de faire ce voyage, d’ailleurs j’ai toujours pas compris pourquoi elle l’a fait et pourquoi j’ai dis oui !!!
Mais une des questions qu’on va probablement nous poser plus d’une fois car elle suscite déjà de l’intérêt chez les gens qui nous entourent, c’est « Qu’est ce que ce voyage a changé dans notre vie, dans notre façon de penser et de voir les choses ? ». En réalité, ce n’est pas si simple de répondre à cette question et je pense qu’il nous faudra probablement un peu de temps pour pouvoir y donner une réponse précise. Il nous faudra aussi du temps pour digérer et réaliser ce que nous avons vécu pendant une année, car nous avons vu tellement de choses que j’ai des fois de la peine à me dire que nous avons vraiment fait tout ça.
Des souvenirs, bien sûr qu’il y en a pleins, des découvertes culinaires dans pratiquement tous les pays (le maïs bio de Roxanne au Canada, la traditionnelle soupe de nouilles Pho du Vietnam, le massaman curry et le coquelet grillé de Thaïlande, la fondue See-Food du Cambodge, le poisson frit et le cheese cake du Laos et les crevettes fraîches d’Australie), des belles découvertes (le Québec et son peuple si incroyable de gentillesse, la descente en campig car de la côte ouest en Californie, la grande découverte des pays de l’Asie du sud-est, le Laos qui restera la plus belle surprise de ce voyage et mon coup de cœur personnel et encore l’Australie qui est toujours aussi magnifique), des belles rencontres aussi (merci à toutes les personnes rencontrées lors de ce voyage avec qui nous avons partagé un bout de chemin et merci à ceux qui sont venu nous voir depuis la suisse) et des moments magiques (quand je me suis retrouvé avec Timo à moins d’un mètre d’une otarie sauvage dans la mer à San Diego, la première traversée de piscine d’Arno quand il a appris à nager à San Francisco, quand je me suis baigné avec un éléphant en Thaïlande avec Lilou et Marcos, quand nous avons joué dans la rivière avec des moines à au Laos, ma première vague surfée en Australie et notre nuit en amoureux avec Sophie dans un Relais & Châteaux à Bali pour notre anniversaire de mariage). J’en oublie sûrement plein d’autres, mais ceux-ci sont ceux qui me viennent en tête.
Le revers de la médaille de notre voyage, c’est que j’ai réalisé à quel point notre planète est fragile et polluée, le vrai problème du manque d’eau dans certains pays et l’énorme quantité de déchets plastiques qu’il y a un peu partout dans le monde. Dans nos pays on y réfléchit depuis quelques temps, on sait que ces problèmes existent, mais vu que chez nous ça va pas trop mal, on s’en fout un peu. Mais ici, c’est une autre histoire, l’eau manque cruellement dans plein de pays et c’est comme par hasard ces mêmes pays qui vivent au milieu de leurs déchets. En Suisse, on pose notre sac poubelle sur le trottoir ou dans le container et puis voilà c’est fini, on y pense plus. Mais là, il n’y a pas de camion qui passe alors on lance les déchets un peu partout, derrière la maison, dans le caniveau ou encore mieux, dans la rivière (déchets, poubelles, excréments, animaux morts et cadavres finissent dans les rivières), comme ça c’est plus propre et comme ils disent là-bas « la mer est grande ! ». Bref, tout ceci pour dire que ce n’est pas jojo et que ça fait peur. Mais il est vrai aussi que leur problème principal c’est de trouver du boulot pour survivre et pour manger, alors les poubelles ne font pas vraiment partie des priorités !
Il faut vraiment que nous ayons une prise de conscience générale sur notre façon de consommer et sur la façon dont nous épuisons les ressources de notre planète. Comme le dit très bien Pierre Rabhi dans son dernier livre « Manifeste pour la terre et l’humanisme », « il est temps que nous prenions conscience de notre inconscience ». Oui je sais, dit comme ça fait un peu rubrique catastrophe du Matin. Mais après avoir voyagé pendant une année et vu tellement de choses, de pays, de gens, de situations et de conditions de vie, et quand je vois ce que nous faisons de notre terre, je m’inquiète et me demande quelle planète allons-nous laisser à nos enfants et à nos petits enfants ? Nous n’apprenons rien de nos erreurs, nous reproduisons encore et toujours les mêmes choses, nous pensons qu’à faire du profit immédiat et qu’à notre confort personnel, sans penser aux conséquences futures et aux ressources limitées qui sont à notre disposition. C’est à nous maintenant de montrer l’exemple et de faire quelque chose. C’est à nous d’arrêter de consommer des fraises cultivées en Espagne avec des produits chimiques interdits en Europe. C’est à nous de veiller que les commerçants locaux survivent face aux monstres machines alimentaires et commerciales de notre pays. Si nous commencions par aller acheter nos fruits et nos légumes chez le paysan local au lieu d’aller bêtement à la Migros ou à la Coop acheter des produits sans goût, pauvres en vitamines et en minéraux et de plus, bourrés de produits chimiques qui finiront par nous rendre tous malade, se serait génial et croyez-le, ça changerait pleins de choses…
Tout n’est pas noir non plus, nous avons croisé des gens magnifiques et des associations qui se bougent et qui essaient de changer les choses ou du moins de les rendre meilleures avec leurs propres moyens. Et malgré ce tableau un peu sombre (dixit Sophie), j’ai espoir que l’homme réussisse à sauver notre planète. J’ai vu tant de sourires et de joie de vivre sur tellement de visages que j’ai envie d’y croire. Envie d’espérer qu’un jour ceux qui nous dirigent réalisent le potentiel offert par notre planète et se donnent les moyens d’en faire quelque chose de bien. J’espère juste que ce n’est pas un rêve éveillé !
En conclusion, Sophie et Timo sont partagés entre le plaisir de rentrer et la tristesse de vivre la fin d’une grande et belle aventure, et d’une vie de rêve pendant une année. Arno et moi sommes heureux de rentrer, heureux d’avoir vécu cette belle année et vu tant de choses, mais très heureux de retrouver notre chez nous. Ce qui m’aura le plus manqué à part la nourriture, c’est les amis, le sport avec mon frère, les ballades en montagne, notre belle ville de Nyon et son lac, notre appartement, mes BD et nos séries DVD. Ce voyage m’aura permis de vivre des moments magiques avec Sophie et les enfants, probablement de grandir un peu aussi, d’ouvrir les yeux sur une certaine réalité, de relativiser les choses et d’apprécier les choses simple (ce matin nous nous sommes extasiés et réjouis devant un rouleau de PQ dans la salle de bains, objet peu courant dans les toilettes asiatiques), j’ai aussi pris conscience de l’importance de protéger notre planète, de vraiment faire un effort pour manger mieux et surtout, ce qui n’est pas rien, de trouver enfin ce que je voulais faire de ma vie. Je ne sais pas comment on va vivre ce retour en suisse, mais ça va être cool et je me réjouis de vous revoir…
Les dernières photos, deux jours sur l'île de Sentosa, calme et repos avant le retour...
Photos, états d'âmes, infos et souvenirs d'une famille suisse partie pour un tour du monde. Destinations: Québec, Californie, Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande, Australie, Indonésie, Malaisie. Juillet 2010- juillet 2011.
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lundi 11 juillet 2011
mercredi 22 juin 2011
Gili et Lombok: entre coup de cœur et coup de gueule
Texte de chéri (âme sensible s'abstenir...)
Nous avons quitté Bali pour Lombok et les îles Gili il y a cinq jours maintenant. Gili, c’est trois petites îles à l’ouest de Lombok qui sont si petites qu’on en fait le tour à pied ou en vélo en moins de 60 minutes, les voitures y sont d’ailleurs interdites. C’est plein de jeunes qui font la fête, c’est 30 restos, 30 bars et dix clubs de plongée entourés d’une multitude d’hôtels et de guest-house. Lombok par contre, c’est un coin un peu perdu où le tourisme n’a pas encore fait trop de ravage, sauf peut-être sur la côte sud-ouest avec son aéroport et ses quelques hôtels. Mais Lombok c’est surtout un volcan magnifique qui pointe son nez à 3700 mètres d’altitude et qui fait le bonheur de milliers de randonneurs chaque année.
Tout ça pour en arriver où me direz-vous ? Pour en arriver à mon coup de gueule du jour. Car tous ces beaux endroits ont le chic de se trouver en pays musulman, et les pays musulmans, pour ceux qui connaissent pas (dont je faisais partie il y a encore 5 jours), c’est le pays des mosquées… en voilà une bonne idée !!! J’avais voté pour les minarets mais si c’était à refaire, peut-être que je vérifierais en premier s’ils prévoient d’y inclure les haut-parleurs ou pas. Parce qu’il faut le savoir, les musulmans ont décidé de faire profiter tout le monde de leurs prières grâce à de monstres haut-parleurs qui diffusent la bonne parole à des kilomètres à la ronde. C’est un peu comme si chez nous, ont faisait sonner nos clochers pendant une heure d’affilée tous les jour à 5 heures du matin, au milieu de la journée, en fin d’après midi et en fin de soirée. On y a même eu droit entre 2 et 3 heures du matin parce que c’était un jour spécial… merci pour la fête, on a vraiment apprécié !
A la base, j’ai plutôt tendance à voter à gauche et grâce à Sophie j’essaye de développer la tolérance, qui me fait quelques fois défaut. Mais là, je suis vraiment désolé, j’ai vraiment eu des envies de meurtres qui m’ont traversé l’esprit durant mes nuits éveillées. Chacun vit sa vie et croit en se qui veut, tant qu’il le fait sans déranger son voisin (ma liberté s’arrête où commence celle de mon voisin, disait je sais plus qui). Mais pourquoi alors emm… le monde entier avec leurs prières et leurs haut-parleurs qui nous réveillent chaque nuit à 4 heures 45 ? Si quelqu’un à une bonne réponse à cette question, je suis tout ouïe. Et en plus, elles sont belles leurs mosquées et y en a partout. Le peuple crève de faim, leurs routes sont pourries, y a des ordures partout, les enfants doivent payer pour aller à l’école, sinon ils restent chez eux, mais pour les mosquées, comme par miracle, ils ont du pognon qui tombe du ciel (un air de déjà vu chez nous, il y a quelques centaines d’années). La vie n’est-elle pas magnifique ? Voilà, j’ai dis ce que je pensais, fin de mon coup de gueule.
Pour mon coup de cœur, je vais brièvement parler de notre ascension du volcan Rinjani avec super Mom (la maman de Sophie pour ceux qui ne la savent pas encore). Je ne vais pas trop m’étaler vu que notre super Mom a déjà écrit un texte sur cette belle aventure que nous publions juste après. Donc sans refaire le détail de cette expédition, je tire mon chapeau à Martine qui a réalisé cette montée et cette descente de 2000 mètres de dénivelé sans faillir (pour ceux qui ne réalisent pas vraiment ce que veut dire 2000 m de D+ et de D-, imaginez un immeuble de 600 étages avec 7200 marches d’escalier, le premier jour vous montez les 600 étages et le lendemain vous les descendez). Nous avons passé deux merveilleuses journées dans un paysage somptueux avec une impression d’être dans une forêt amazonienne pour la première partie du trajet (on a même eu la visite d’une tribu de singes sauvages sur le chemin) et un sommet hallucinant avec une vue sur le cratère du volcan et son lac, sur les îles Gili et Bali au loin. En bref, une belle expérience de plus sur la longue liste de cette année autour du monde.
PS de Sophie: non, je ne censurerai pas, non je ne censurerai pas....argh!!
Nous avons quitté Bali pour Lombok et les îles Gili il y a cinq jours maintenant. Gili, c’est trois petites îles à l’ouest de Lombok qui sont si petites qu’on en fait le tour à pied ou en vélo en moins de 60 minutes, les voitures y sont d’ailleurs interdites. C’est plein de jeunes qui font la fête, c’est 30 restos, 30 bars et dix clubs de plongée entourés d’une multitude d’hôtels et de guest-house. Lombok par contre, c’est un coin un peu perdu où le tourisme n’a pas encore fait trop de ravage, sauf peut-être sur la côte sud-ouest avec son aéroport et ses quelques hôtels. Mais Lombok c’est surtout un volcan magnifique qui pointe son nez à 3700 mètres d’altitude et qui fait le bonheur de milliers de randonneurs chaque année.
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| Photo volée ici |
A la base, j’ai plutôt tendance à voter à gauche et grâce à Sophie j’essaye de développer la tolérance, qui me fait quelques fois défaut. Mais là, je suis vraiment désolé, j’ai vraiment eu des envies de meurtres qui m’ont traversé l’esprit durant mes nuits éveillées. Chacun vit sa vie et croit en se qui veut, tant qu’il le fait sans déranger son voisin (ma liberté s’arrête où commence celle de mon voisin, disait je sais plus qui). Mais pourquoi alors emm… le monde entier avec leurs prières et leurs haut-parleurs qui nous réveillent chaque nuit à 4 heures 45 ? Si quelqu’un à une bonne réponse à cette question, je suis tout ouïe. Et en plus, elles sont belles leurs mosquées et y en a partout. Le peuple crève de faim, leurs routes sont pourries, y a des ordures partout, les enfants doivent payer pour aller à l’école, sinon ils restent chez eux, mais pour les mosquées, comme par miracle, ils ont du pognon qui tombe du ciel (un air de déjà vu chez nous, il y a quelques centaines d’années). La vie n’est-elle pas magnifique ? Voilà, j’ai dis ce que je pensais, fin de mon coup de gueule.
Pour mon coup de cœur, je vais brièvement parler de notre ascension du volcan Rinjani avec super Mom (la maman de Sophie pour ceux qui ne la savent pas encore). Je ne vais pas trop m’étaler vu que notre super Mom a déjà écrit un texte sur cette belle aventure que nous publions juste après. Donc sans refaire le détail de cette expédition, je tire mon chapeau à Martine qui a réalisé cette montée et cette descente de 2000 mètres de dénivelé sans faillir (pour ceux qui ne réalisent pas vraiment ce que veut dire 2000 m de D+ et de D-, imaginez un immeuble de 600 étages avec 7200 marches d’escalier, le premier jour vous montez les 600 étages et le lendemain vous les descendez). Nous avons passé deux merveilleuses journées dans un paysage somptueux avec une impression d’être dans une forêt amazonienne pour la première partie du trajet (on a même eu la visite d’une tribu de singes sauvages sur le chemin) et un sommet hallucinant avec une vue sur le cratère du volcan et son lac, sur les îles Gili et Bali au loin. En bref, une belle expérience de plus sur la longue liste de cette année autour du monde.
PS de Sophie: non, je ne censurerai pas, non je ne censurerai pas....argh!!
samedi 21 mai 2011
Rêve, réalité et bilan (après 10 mois de voyage)
Texte de chéri
Le rêve et la réalité sont comme la théorie et la pratique, deux choses très souvent bien différentes. C’est donc le moment de faire un petit bilan de notre voyage après bientôt 10 mois et surtout après nos 6 mois en Asie. Nous avons décidé dès le début de cette aventure de toujours dire les choses avec franchise et sans enjoliver les faits. Nous pourrions vous dire que tout est magnifique, que tout va pour le mieux et que les enfants sont des anges, mais serait-ce vraiment intéressant ? Le but n’est pas de se plaindre alors que nous sommes en train de réaliser ce qui restera probablement un des plus beau souvenir de notre vie, mais juste de faire une analyse réaliste de ce que nous sommes réellement en train de vivre et de ce que ça signifie de partir faire le tour du monde en famille (pour les fous qui voudraient encore tenter l’aventure). Voici donc un petit topo des plus et des moins de notre voyage.
Partir à quatre pendant une année et revenir à quatre est déjà un exploit en soit. Vivre une année collés les uns aux autres 24 heures sur 24 est probablement une des chose les moins évidentes qu’il m’a été donné de vivre (moi qui aime avoir du temps libre, faire des trucs seul dans mon coin et être dans ma bulle). Par contre d’un autre côté, c’est également la meilleure chose qu’il me soit arrivé et je suis convaincu que nos vies, nos relations de couple et de famille en seront positivement modifiées à jamais. Ce que je sais après une année partagée avec Sophie et les enfants, c’est que nous en sortirons plus fort et plus confiants qu’avant. Et même si pendant le voyage nous avons eu des moments de doutes sur nos vies et sur les relations de couple, cette année nous a permis de beaucoup parler, de réfléchir, de faire le point sur nos objectifs et nos priorités, de remettre les compteurs à zéro, de recharger les batteries et de prendre de bonnes décisions pour nos avenirs personnels, de couple et de famille.
Le rêve était donc le tour du monde en famille pendant une année. Je pense que tout ceux qui sont partis dans ce genre de délire n’avaient, comme nous, probablement pas réalisé ce que cela voulait réellement dire au jour le jour. En réalité, il y a trois facteurs importants à prendre en compte : tout dépend des moyens financiers à disposition, des objectifs du voyage et des personnalités de chacun. Pour nous les choses étaient assez claires dès le début, le budget à ne pas dépasser sans compter les frais de transports était de CHF 200.- par jour pour les quatre, les objectifs étaient de voir des pays différents, de rencontrer des gens et de voir un maximum d’animaux dans leurs milieu naturel et nos personnalités étaient connues d’avance, quatre caractères de cochon, donc une bonne ambiance prévue à l’horizon !
Le Budget
Pour moi, tout est trop cher, sauf en Asie ! Je ne me considère pas comme un radin, mais je trouve que les choses en général sont trop chères par rapport à la qualité des produits ou des services proposés. Le prochain qui me dit que la vie en Suisse est chère, je lui ris au nez. Ok, on paie le prix plein pour les loyers et les assurances maladie, mais pour le reste, je vous promets qu’on est mieux chez nous qu’au Canada, au USA ou en Australie (si on compare les prix en tenant compte de la qualité de vie). Ce qu’il faut en réalité pour bien vivre en Suisse, c’est apprendre à dépenser moins, à vivre plus simplement et arrêter de consommer comme des malades. Cela demande certains sacrifices et quelques changements de vie, par contre le résultat en vaut probablement la peine.
Certains m’on dit que je ne reviendrai pas en Suisse après une année de voyage car je trouverai mieux ailleurs… j’ai pas encore trouvé ! Il est vrai qu’on peut vivre très bien et avec moins en Asie par exemple. Là-bas tout semble magique, la vie et les gens sont vraiment cool, pas de stress, pas de prise de tête et tout est simple et facile. La vie coûte trois fois rien, on y mange merveilleusement bien, on trouve des boui-bouis locaux délicieux à tout les coin de rue pratiquement 24h/24, on peut très bien dormir pour des sommes ridicules, on peut se faire faire des supers massages et il y a pleins de choses magnifiques à voir. Mais malgré toutes ces choses positives, après 6 mois passés sur place, je vous promets que le fantasme d’une retraite en Asie n’est plus d’actualité et que ma jalousie sur quelques connaissances parties vivre dans ces pays n’a plus raison d’être. Trop chaud pour moi et un manque de diversité qui fait qu’on s’ennuie un peu au bout d’un moment.
Mais grâce à l’Asie, on va donc tenir le budget annuel, alors moi content ! Mais ça n’a pas été sans douleur. Il a fallu expliquer à Timo qu’il ne pouvait pas manger des steaks et des crevettes à tous les repas, dire à Arno que ce n’était pas chaque semaine Noël et qu’il ne pouvait pas recevoir des cadeaux et aller dans des parcs d’attraction tous le temps, en ce qui me concerne j’ai dû faire un gros effort sur nos logements (finie la vie de château de l’époque du Golf avec Palace et cinq étoiles) et pour Sophie, à part deux paires de lunettes de soleil perdues, rien à dire. Par contre, il faut faire les comptes tous les jours pour pas perdre le fil et même si on a bien profité tout au long du voyage, on aura fait très attention et évité beaucoup d’envies (surtout au niveau des repas). En résumé, si vous êtes un peu juste sur le budget, prévoyez un voyage plus court pour ne pas être trop frustrés et devoir manger au Mc Do trop souvent (dans les pays occidentaux), et dormir dans des auberges de jeunesses pourries avec des petites bêtes cachées dans les draps. Ou alors, allez en Asie et profitez à fond…
Les Objectifs
De ce côté, les attentes sont presque atteintes. On a vu pleins d’animaux pour les enfants, on a traversé les pays qu’on voulait voir, on a rencontré des gens supers intéressants et vécu pleins de moments magiques. Le bémol est à nouveau les prix au Canada, au USA et en Australie. Tout est extrêmement cher et la moindre activité en famille coûte une fortune. Dans certains pays la formule famille n’existe même pas et dans d’autres les enfants dès 12 ans paient plein pot. Une simple visite dans un musée peut vite coûter 40 dollars, un parc d’attraction 120 dollars et un aller retour en bus et en métro à la plage 35 dollars. Le pire restera deux remontées en téléphérique dans les Blues Mountains en Australie, 50 dollars pour 2 minutes de transport (y en a vraiment qui nous prennent pour des cons). Il faut savoir aussi qu’on paie pour regarder les beaux paysages au Canada et au USA, c’est un peu comme si on devait payer pour aller à la Dôle regarder la vue ou pour avoir le droit de regarder le Cervin !
L’Asie par contre est à nouveau très intéressante au niveau des prix, mais ce n’est pas vraiment là-bas qu’on trouve les supers attractions pour les enfants. L’Asie c’est plutôt temples, rivières et chutes d’eau, montagnes sacrées, méditation et bouddhas. En résumé : la Thaïlande restera le pays qui nous a le moins séduit (sauf l’île de Kho Chang qu’on a adoré), trop moderne et trop développé pour nous même si tout y est accessible facilement. Le Vietnam restera la bonne surprise, des gens volontaires et qui savent ce qu’ils veulent dans un pays magnifique avec des paysages uniques mais néanmoins marqué par une histoire difficile. Le Cambodge sera le pays le moins apprécié de notre tour asiatique, trop de souffrance encore visible et peu de moyen donné par les pouvoirs politiques pour sortir ce pays de la misère. Et notre coup de cœur restera le Laos, pays encore authentique où l’on trouve une Asie intacte et pas trop contaminée par le modernisme et le tourisme avec là aussi des paysages somptueux. Pour le reste, le Québec reste notre gros coup de cœur pour la mentalité de ces gens (vraiment sympa et cool) en avance sur le reste du monde en ce qui concerne la place de la femme dans la société et le partage des tâches ménagères ! San Francisco a été notre ville coup de cœur des USA et pour l’Australie on a flashé sur Sydney (mais ce n’est pas fini, il nous reste encore 3 semaines en Australie et 5 semaines en Indonésie).
Conclusion
Une belle leçon de vie et une expérience unique pour nos vies. Même si les répercutions sur les enfants prendront probablement plusieurs années à venir, je pense que nous en sortirons tous meilleur. Je ne sais pas si j’ai vraiment changé (personnellement je ne trouve pas), mais j’ai une autre vision du monde et un autre regard sur les gens. Ma déception sera de ne pas avoir pu communiquer plus avec les locaux en Asie, même si on voyage sac au dos et qu’on reste souvent plus longtemps sur place, on reste des touristes malgré tout et les contacts plus personnels sont très difficiles à obtenir. Timo et Arno ont développé une complicité géniale, Timo a grandi et il est devenu encore plus cool en voyage même s’il reste un vrai casse pieds de temps en temps, Arno a pris confiance en lui mais est toujours un pénible de premier choix qui se plaint toutes les 5 minutes quand c’est pas comme il aime. Quand à Sophie, elle reste la femme de ma vie et je suis fière d’elle, elle a tenu le coup pendant une année avec trois mecs pas toujours très bien élevés et des fois pas très cool. Deux choses lui ont affreusement manqué, ses copines et sa Nespresso, mais le retour approche et même si tout ça est merveilleux, beaucoup de choses nous manquent et le retour sera une grande joie pour nous tous.
Alors à tout bientôt. Yves
Le rêve et la réalité sont comme la théorie et la pratique, deux choses très souvent bien différentes. C’est donc le moment de faire un petit bilan de notre voyage après bientôt 10 mois et surtout après nos 6 mois en Asie. Nous avons décidé dès le début de cette aventure de toujours dire les choses avec franchise et sans enjoliver les faits. Nous pourrions vous dire que tout est magnifique, que tout va pour le mieux et que les enfants sont des anges, mais serait-ce vraiment intéressant ? Le but n’est pas de se plaindre alors que nous sommes en train de réaliser ce qui restera probablement un des plus beau souvenir de notre vie, mais juste de faire une analyse réaliste de ce que nous sommes réellement en train de vivre et de ce que ça signifie de partir faire le tour du monde en famille (pour les fous qui voudraient encore tenter l’aventure). Voici donc un petit topo des plus et des moins de notre voyage.
| chouettes moments en famille à Woolgoolga |
Le rêve était donc le tour du monde en famille pendant une année. Je pense que tout ceux qui sont partis dans ce genre de délire n’avaient, comme nous, probablement pas réalisé ce que cela voulait réellement dire au jour le jour. En réalité, il y a trois facteurs importants à prendre en compte : tout dépend des moyens financiers à disposition, des objectifs du voyage et des personnalités de chacun. Pour nous les choses étaient assez claires dès le début, le budget à ne pas dépasser sans compter les frais de transports était de CHF 200.- par jour pour les quatre, les objectifs étaient de voir des pays différents, de rencontrer des gens et de voir un maximum d’animaux dans leurs milieu naturel et nos personnalités étaient connues d’avance, quatre caractères de cochon, donc une bonne ambiance prévue à l’horizon !
Le Budget
Pour moi, tout est trop cher, sauf en Asie ! Je ne me considère pas comme un radin, mais je trouve que les choses en général sont trop chères par rapport à la qualité des produits ou des services proposés. Le prochain qui me dit que la vie en Suisse est chère, je lui ris au nez. Ok, on paie le prix plein pour les loyers et les assurances maladie, mais pour le reste, je vous promets qu’on est mieux chez nous qu’au Canada, au USA ou en Australie (si on compare les prix en tenant compte de la qualité de vie). Ce qu’il faut en réalité pour bien vivre en Suisse, c’est apprendre à dépenser moins, à vivre plus simplement et arrêter de consommer comme des malades. Cela demande certains sacrifices et quelques changements de vie, par contre le résultat en vaut probablement la peine.
Certains m’on dit que je ne reviendrai pas en Suisse après une année de voyage car je trouverai mieux ailleurs… j’ai pas encore trouvé ! Il est vrai qu’on peut vivre très bien et avec moins en Asie par exemple. Là-bas tout semble magique, la vie et les gens sont vraiment cool, pas de stress, pas de prise de tête et tout est simple et facile. La vie coûte trois fois rien, on y mange merveilleusement bien, on trouve des boui-bouis locaux délicieux à tout les coin de rue pratiquement 24h/24, on peut très bien dormir pour des sommes ridicules, on peut se faire faire des supers massages et il y a pleins de choses magnifiques à voir. Mais malgré toutes ces choses positives, après 6 mois passés sur place, je vous promets que le fantasme d’une retraite en Asie n’est plus d’actualité et que ma jalousie sur quelques connaissances parties vivre dans ces pays n’a plus raison d’être. Trop chaud pour moi et un manque de diversité qui fait qu’on s’ennuie un peu au bout d’un moment.
Mais grâce à l’Asie, on va donc tenir le budget annuel, alors moi content ! Mais ça n’a pas été sans douleur. Il a fallu expliquer à Timo qu’il ne pouvait pas manger des steaks et des crevettes à tous les repas, dire à Arno que ce n’était pas chaque semaine Noël et qu’il ne pouvait pas recevoir des cadeaux et aller dans des parcs d’attraction tous le temps, en ce qui me concerne j’ai dû faire un gros effort sur nos logements (finie la vie de château de l’époque du Golf avec Palace et cinq étoiles) et pour Sophie, à part deux paires de lunettes de soleil perdues, rien à dire. Par contre, il faut faire les comptes tous les jours pour pas perdre le fil et même si on a bien profité tout au long du voyage, on aura fait très attention et évité beaucoup d’envies (surtout au niveau des repas). En résumé, si vous êtes un peu juste sur le budget, prévoyez un voyage plus court pour ne pas être trop frustrés et devoir manger au Mc Do trop souvent (dans les pays occidentaux), et dormir dans des auberges de jeunesses pourries avec des petites bêtes cachées dans les draps. Ou alors, allez en Asie et profitez à fond…
Les Objectifs
De ce côté, les attentes sont presque atteintes. On a vu pleins d’animaux pour les enfants, on a traversé les pays qu’on voulait voir, on a rencontré des gens supers intéressants et vécu pleins de moments magiques. Le bémol est à nouveau les prix au Canada, au USA et en Australie. Tout est extrêmement cher et la moindre activité en famille coûte une fortune. Dans certains pays la formule famille n’existe même pas et dans d’autres les enfants dès 12 ans paient plein pot. Une simple visite dans un musée peut vite coûter 40 dollars, un parc d’attraction 120 dollars et un aller retour en bus et en métro à la plage 35 dollars. Le pire restera deux remontées en téléphérique dans les Blues Mountains en Australie, 50 dollars pour 2 minutes de transport (y en a vraiment qui nous prennent pour des cons). Il faut savoir aussi qu’on paie pour regarder les beaux paysages au Canada et au USA, c’est un peu comme si on devait payer pour aller à la Dôle regarder la vue ou pour avoir le droit de regarder le Cervin !
L’Asie par contre est à nouveau très intéressante au niveau des prix, mais ce n’est pas vraiment là-bas qu’on trouve les supers attractions pour les enfants. L’Asie c’est plutôt temples, rivières et chutes d’eau, montagnes sacrées, méditation et bouddhas. En résumé : la Thaïlande restera le pays qui nous a le moins séduit (sauf l’île de Kho Chang qu’on a adoré), trop moderne et trop développé pour nous même si tout y est accessible facilement. Le Vietnam restera la bonne surprise, des gens volontaires et qui savent ce qu’ils veulent dans un pays magnifique avec des paysages uniques mais néanmoins marqué par une histoire difficile. Le Cambodge sera le pays le moins apprécié de notre tour asiatique, trop de souffrance encore visible et peu de moyen donné par les pouvoirs politiques pour sortir ce pays de la misère. Et notre coup de cœur restera le Laos, pays encore authentique où l’on trouve une Asie intacte et pas trop contaminée par le modernisme et le tourisme avec là aussi des paysages somptueux. Pour le reste, le Québec reste notre gros coup de cœur pour la mentalité de ces gens (vraiment sympa et cool) en avance sur le reste du monde en ce qui concerne la place de la femme dans la société et le partage des tâches ménagères ! San Francisco a été notre ville coup de cœur des USA et pour l’Australie on a flashé sur Sydney (mais ce n’est pas fini, il nous reste encore 3 semaines en Australie et 5 semaines en Indonésie).
Conclusion
Une belle leçon de vie et une expérience unique pour nos vies. Même si les répercutions sur les enfants prendront probablement plusieurs années à venir, je pense que nous en sortirons tous meilleur. Je ne sais pas si j’ai vraiment changé (personnellement je ne trouve pas), mais j’ai une autre vision du monde et un autre regard sur les gens. Ma déception sera de ne pas avoir pu communiquer plus avec les locaux en Asie, même si on voyage sac au dos et qu’on reste souvent plus longtemps sur place, on reste des touristes malgré tout et les contacts plus personnels sont très difficiles à obtenir. Timo et Arno ont développé une complicité géniale, Timo a grandi et il est devenu encore plus cool en voyage même s’il reste un vrai casse pieds de temps en temps, Arno a pris confiance en lui mais est toujours un pénible de premier choix qui se plaint toutes les 5 minutes quand c’est pas comme il aime. Quand à Sophie, elle reste la femme de ma vie et je suis fière d’elle, elle a tenu le coup pendant une année avec trois mecs pas toujours très bien élevés et des fois pas très cool. Deux choses lui ont affreusement manqué, ses copines et sa Nespresso, mais le retour approche et même si tout ça est merveilleux, beaucoup de choses nous manquent et le retour sera une grande joie pour nous tous.
Alors à tout bientôt. Yves
mercredi 27 avril 2011
Alain et Yves, 5 jours d'escapade en Thailande
5 jours avec le frangin!
Trop cool, mon grand frère est venu en Thaïlande pour passer 5 jours avec moi. Sans trop y croire, je lui avais proposé, il y a 3 mois, de venir me rejoindre en Asie pour quelques jours. A ma grande surprise, il avait accepté. Au programme, du sport, des bonnes bouffes, un peu de shopping et un tout petit peu de visite. Certains diront qu’il est un peu fou de venir pour 5 jours seulement (travail oblige), moi je trouve qu’il est cool et ça m’a fait du bien de passer quelques jours avec lui sans ma smala ! Le deal était assez simple, il paie son billet d’avion pour faire le trajet et moi j’organise tout sur place et il a interdiction d’ouvrir son porte monnaie pendant le séjour (j’avais juste oublié qu’il mange autant que moi, si ce n’est plus).
Arrivé à l’aéroport le jeudi à 15 heures, on commence par un plateau sushi avec un Pepsi et un café avant de faire la route… ça commence bien. Après un peu plus de 2 heures de taxi (je lui ai épargné le métro, suivi du bus local et du tuk-tuk qui nous aurait pris plus de 5 heures de trajet), nous arrivons à Cha-Am. Ah Cha-Am ! Je pense que nous n’oublierons jamais cette ville qui est, on peut le dire, plutôt étrange. Suite à mes recherches sur Internet et dans notre guide Lonely adoré, je suis tombé sur Cha-Am « jolie petite ville balnéaire avec ses beaux hôtels et sa magnifique plage. La côte d’Azur de Bangkok ». Probablement qu’il y a vraiment très très longtemps, cette définition aurait été d’actualité, mais là c’était plutôt « petite ville défraîchie qui n’a pas évolué depuis 30 ans avec ses vieux hôtels un peu pourris et sa plage où il vaut mieux ne pas se baigner ».
Barbecue fumant et sentant le graillon tout les 30 mètres, grosses voitures 4-4 avec les portières ouvertes et la musique à fond, cars pleins à craquer de Thaïlandais qui débarquent de tous les côtés et des locations de vélos et de quads un peu partout. En réalité les gens comme nous (comprenez ceux qui ne sont pas Thaï), ben à Cha-Am, y en a pas ! Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai, il y avait une dizaine de « Sugar Papy », expression donnée aux vieux européens qui traînent toute la journée dans des bars avec des prostituées Thaïlandaises. Par contre, effets positifs de la situation, les prix sont supers attractifs et on mange comme des rois. Du coup moi je suis content car je n’explose pas trop le budget et mon frangin est heureux car il mange comme s’il avait jeûné dix jours avant de venir.
Finalement notre séjour ce résumera, pour ces trois jours à Cha-Am, à de nombreuses bonnes bouffes où Alain est allé jusqu’à commander 3 plats durant le même repas. Un trek dans un Parc National où nous sommes tombé nez à nez avec un éléphant sauvage et avons traversé des nuages de papillons magnifiques, une monstre ballade sur la plage où j’ai chopé un super coup de soleil sur le front, plusieurs traversées de la magnifique piscine de notre Golden Beach Hôtel - où un sugar papy a même eu la bonne idée de s’envoyer en l’air dans un coin avec sa copine qui avait peut-être l’âge de ses petits enfants -, et pour finir des séances de gainage et de yoga. Ce qui est déjà pas si mal pour deux quadras.
Ensuite nous sommes repartis sur Bangkok pour passer notre dernière nuit et journée avec mon frère dans la fameuse Khaosan Road. Pour ceux qui ne connaissent pas la Khaosan Road, on peut dire qu’on ne devrait pas aller à Bangkok sans y aller au moins une fois. C’est un peu comme Paléo à l’époque ou c’était encore le vrai Paléo. On trouve de tout et l’ambiance est vraiment sympa, genre jeunes baroudeurs qui font un trip sac au dos avec moins de 20.- francs de budget par jour. On mange pleins de trucs super bons pour trois fois rien, y a pleins de shop de fringues, des bouddhas et des éléphants en bois sculptés, des souvenirs de tout styles, des sacs de toutes les couleurs et j’en passe. On peut ce faire tatouer tout les 50 mètres, on peut se faire masser les pieds ou le corps partout, boire et boire encore, et surtout y faire la fête. Y a bien sûr les chauffeurs de tuk-tuk qui racolent pour les ping-pong show et les massages happy ending mais c’est plutôt rigolo et ça fait partie du spectacle de la rue, tout comme les Indous qui prédisent l’avenir.
Pour la dernière journée, on a fait dans le culturel afin de pouvoir dire à nos femmes qu’on n’a pas fait que manger et faire du sport. Petite ballade en bateau, visite d’un temple (encore un), visite du marché aux amulettes, visite d’un marché local avec traversées de petites ruelles étranges et pour finir, shopping pour des cadeaux à la famille (femme et fille d’Alain et un petit bouddha pour notre maman). Ça devrait le faire comme ça ! Ensuite, après un bon petit repas le soir avec la smala (Sophie, Arno et Martine) qui nous avait rejoints dans l’après-midi, on a pris un taxi direction aéroport pour le départ du frangin. 5 jours qui ont passé comme un éclair, mais 5 jours qui m’ont fait un grand bien, qui m’ont permis de recharger mes batteries et de passer des moments uniques avec mon frère et 5 jours sans Sophie (les premiers sans elle depuis 268 jours consécutifs), qui m’ont à nouveau permis de me rendre compte à quel point je l’aime.
Quelques photos de notre périple, merci à Alain qui a assuré les prises avec son super iPhone :-)
Trop cool, mon grand frère est venu en Thaïlande pour passer 5 jours avec moi. Sans trop y croire, je lui avais proposé, il y a 3 mois, de venir me rejoindre en Asie pour quelques jours. A ma grande surprise, il avait accepté. Au programme, du sport, des bonnes bouffes, un peu de shopping et un tout petit peu de visite. Certains diront qu’il est un peu fou de venir pour 5 jours seulement (travail oblige), moi je trouve qu’il est cool et ça m’a fait du bien de passer quelques jours avec lui sans ma smala ! Le deal était assez simple, il paie son billet d’avion pour faire le trajet et moi j’organise tout sur place et il a interdiction d’ouvrir son porte monnaie pendant le séjour (j’avais juste oublié qu’il mange autant que moi, si ce n’est plus).
| Alain et Yves |
Barbecue fumant et sentant le graillon tout les 30 mètres, grosses voitures 4-4 avec les portières ouvertes et la musique à fond, cars pleins à craquer de Thaïlandais qui débarquent de tous les côtés et des locations de vélos et de quads un peu partout. En réalité les gens comme nous (comprenez ceux qui ne sont pas Thaï), ben à Cha-Am, y en a pas ! Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai, il y avait une dizaine de « Sugar Papy », expression donnée aux vieux européens qui traînent toute la journée dans des bars avec des prostituées Thaïlandaises. Par contre, effets positifs de la situation, les prix sont supers attractifs et on mange comme des rois. Du coup moi je suis content car je n’explose pas trop le budget et mon frangin est heureux car il mange comme s’il avait jeûné dix jours avant de venir.
Finalement notre séjour ce résumera, pour ces trois jours à Cha-Am, à de nombreuses bonnes bouffes où Alain est allé jusqu’à commander 3 plats durant le même repas. Un trek dans un Parc National où nous sommes tombé nez à nez avec un éléphant sauvage et avons traversé des nuages de papillons magnifiques, une monstre ballade sur la plage où j’ai chopé un super coup de soleil sur le front, plusieurs traversées de la magnifique piscine de notre Golden Beach Hôtel - où un sugar papy a même eu la bonne idée de s’envoyer en l’air dans un coin avec sa copine qui avait peut-être l’âge de ses petits enfants -, et pour finir des séances de gainage et de yoga. Ce qui est déjà pas si mal pour deux quadras.
Ensuite nous sommes repartis sur Bangkok pour passer notre dernière nuit et journée avec mon frère dans la fameuse Khaosan Road. Pour ceux qui ne connaissent pas la Khaosan Road, on peut dire qu’on ne devrait pas aller à Bangkok sans y aller au moins une fois. C’est un peu comme Paléo à l’époque ou c’était encore le vrai Paléo. On trouve de tout et l’ambiance est vraiment sympa, genre jeunes baroudeurs qui font un trip sac au dos avec moins de 20.- francs de budget par jour. On mange pleins de trucs super bons pour trois fois rien, y a pleins de shop de fringues, des bouddhas et des éléphants en bois sculptés, des souvenirs de tout styles, des sacs de toutes les couleurs et j’en passe. On peut ce faire tatouer tout les 50 mètres, on peut se faire masser les pieds ou le corps partout, boire et boire encore, et surtout y faire la fête. Y a bien sûr les chauffeurs de tuk-tuk qui racolent pour les ping-pong show et les massages happy ending mais c’est plutôt rigolo et ça fait partie du spectacle de la rue, tout comme les Indous qui prédisent l’avenir.
Pour la dernière journée, on a fait dans le culturel afin de pouvoir dire à nos femmes qu’on n’a pas fait que manger et faire du sport. Petite ballade en bateau, visite d’un temple (encore un), visite du marché aux amulettes, visite d’un marché local avec traversées de petites ruelles étranges et pour finir, shopping pour des cadeaux à la famille (femme et fille d’Alain et un petit bouddha pour notre maman). Ça devrait le faire comme ça ! Ensuite, après un bon petit repas le soir avec la smala (Sophie, Arno et Martine) qui nous avait rejoints dans l’après-midi, on a pris un taxi direction aéroport pour le départ du frangin. 5 jours qui ont passé comme un éclair, mais 5 jours qui m’ont fait un grand bien, qui m’ont permis de recharger mes batteries et de passer des moments uniques avec mon frère et 5 jours sans Sophie (les premiers sans elle depuis 268 jours consécutifs), qui m’ont à nouveau permis de me rendre compte à quel point je l’aime.
Quelques photos de notre périple, merci à Alain qui a assuré les prises avec son super iPhone :-)
lundi 28 février 2011
Voyager avec des enfants, un pari peut-être réussi !
Un billet rédigé par chéri :-)
Ce qui est vraiment magique avec les grands voyages, c'est les rencontres que nous faisons tout au long du chemin. Beaucoup de jeunes, quelques moins jeunes, mais bizarrement, peu de couples avec des enfants. Est-ce le coût du voyage, le manque de temps, la peur ou peut-être le poids des obligations qui font que peu de familles se lancent dans ce genre d'aventure ?
Une question qui nous est posée très souvent lors de ces rencontres avec ces gens de passage, c'est qu'est ce qui nous a décidé à nous lancer dans cette folle aventure en famille et pourquoi nous faisons ce voyage ? N'ayant pas très envie d’entrer dans les détails sur mes problèmes de santé, nous évitons ce sujet et répondons que nous avions envie de faire un break pour réfléchir, envie de mettre à plat certaines choses avant de continuer la deuxième partie de notre vie, ou encore envie de vivre une super aventure à quatre. Ce qui, soit dit en passant, est également vrai.
Mais nous savons bien que si je n’avais pas eu cette cochonnerie de maladie, nous ne serions probablement jamais partis faire ce tour du monde. Pourquoi attendre d’avoir une grosse tuile dans sa vie pour décider de vivre un truc unique ou de changer de vie ? En ce qui me concerne, je me rappelle de ce jour où nous avons décidé de partir comme si c’était hier. Nous étions, Sophie et moi, à l’HUG de Genève pour faire un scanner du cerveau, on buvait un café en attendant le RDV lorsque tout d’un coup elle me regarda droit dans les yeux et me dit « Et si on faisait un tour du monde pendant une année ? ». Alors qu’on n’en avait jamais parlé avant, en moins de 5 minutes, nous avons décidé de partir avec nos deux loulous pour faire un méga voyage d’une année. On est allé chez Payot, on a acheté plein de guides et des livres de voyage, une carte du monde, et le soir même, sans plus attendre, on a expliqué aux enfants qu’on allait partir une année en voyage autour du monde.
On ne peut pas dire que c’était l’enthousiasme et ça n’a pas vraiment été la réaction qu’on attendait ! Arno ne voulait pas partir car il était très heureux à Nyon et il ne voyait pas du tout l’intérêt de partir, sauf peut-être si on embarquait sa chambre, son lit, son oreiller, ses jouets et son copain Léo. Timo, lui, était partagé entre l’envie de découvrir le monde et la tristesse de ne plus voir son papa pendant une année. Pour Arno, on a finalement réussi à partir sans ses affaires et sans Léo, et pour Timo, on a organisé un retour en suisse tous les 3 mois pour qu’il puisse voir son papa pendant 10 à 15 jours à chaque fois. Nous étions donc prêts pour la grande aventure à quatre, il ne restait plus qu’à tout organiser. Revenons donc à ce pari peut-être réussi. Car partir à quatre pendant un an, c’est un pari et un sacré défi. Un défi pour la famille et aussi pour notre couple. En ce qui concerne notre couple, je ne me suis jamais posé trop de question car j’ai une grande confiance en nous. Par contre en ce qui concerne les enfants c’est une autre histoire.
Pour ceux qui ne nous connaissent pas très bien, il faut savoir que nos deux chéris d’amour ne sont pas de tout repos et très loin d’être des anges. (Bon les chiens ne font pas des chats, c’est sûr !). Arno (le petit), on l’adore, mais il ne doit pas y avoir plus casse pieds, râleur et emm… que lui sur terre. Mais c’est aussi un amour de tendresse, qui a une vraie gentillesse, un sacré rigolo, un bon vivant, un peu un copier coller de son père, et pour rien au monde on en voudrait un autre. Mais je ne vous cache pas que nous avons vécu des moments très chauds ces derniers 7 mois avec lui. Pour Timo, c’est un peu différent. On peut compter sur lui, il ne fait pas de bêtise et il est vraiment cool dans pratiquement toutes les situations du voyage. Ses défauts principaux sont de vouloir tout savoir et si possible tout gérer, il perd régulièrement un truc, il est convaincu qu’il n’a presque jamais tord et il ne comprend pas la signification de « se remettre en question ». Mais le plus important pour moi dans ma relation avec lui, c’est surtout notre situation de famille recomposée. Il n’est pas mon fils, même si je le considère comme mon enfant et je ne suis pas son père (ce que je n’ai jamais prétendu être car son père est très présent dans sa vie et nous avons toujours fait ce qu’il faut pour qu’il en soit ainsi). Ceci dit, partir une année avec un préado qui n’est pas son fils, ce n’était pas gagné d’avance et un peu quitte ou double.
Les premières semaines avec les enfants furent donc assez tendus et les conflits fréquents. Nous nous sommes alors souvent demandé « Etait-ce une bonne idée de partir une année à quatre ? » et bien d’autres questions aussi… Les enfants –enfin, surtout Arno- ont râlé, ils ont pleuré, ils nous ont traités de méchants parents qui obligent leurs enfants à partir une année alors qu’ils n’avaient rien demandés, qu’ils n’avaient pas assez de jouets, pas assez de livres, plus de copains, et qu’ils s’ennuyaient, qu’ils ne savaient pas quoi faire. Il est vrai que dans nos sacs à dos nous n’avons que… un PC, un lecteur DVD avec 50 films, deux DS, deux iPod, des livres, des jouets, des crayons et du papier, des jeux de cartes et des Lego. L’enfer en quelque sorte.
Mais ce qui me fait malgré tout dire que nous avons peut-être réussi, c’est un moment que nous avons vécu il y a deux semaines qui peut sembler tout bête, mais qui pour moi a une très grande valeur. Petit rappel pour ceux qui n’ont pas suivi l’épisode de l’évacuation des jouets. Nos enfants ont vu disparaître (suite à de mauvais comportements répétés) l’intégralité de leurs jouets et Lego début février, ce qui a fait le bonheur de trois enfants du Cambodge. Nos enfants chéris, pourris et gâtés par le trop de tout, se sont donc retrouvés avec plus aucun jouet pendant trois semaines. Ils ont pleuré et supplié, mais nous avons tenu et ils ont capitulé. Et c’est là que la magie de la vie a fait son travail. Pendant des mois ont leur a dit d’arrêter de se plaindre et de prendre exemple sur ces enfants qui jouent au bord de la route avec trois fois rien et qui rigolent, pendant qu’eux avaient trop souvent le nez dans leurs jeux vidéo. Ce sur quoi ils nous répondaient « ouais, ouais, … », c’est-à-dire en langage enfant « cause toujours tu m’intéresses ». Et maintenant qu’ils étaient sans jouet, ils ont fait deux choses encore impensables il y a six mois. Ils ont joué au foot avec une cannette de bière et ils ont créé un jeu de pétanque avec des pierres. Ils ont joué et rigolé comme des gamins pendant un bon moment et ça été pour moi deux moments que je n’oublierai jamais. Voir ces deux gamins qui râlaient souvent pour tout et pour rien et qui tout d’un coup s’amusent avec une canette vide et des cailloux, c’est cela qui me fait dire qu’on a peut-être réussi quelque chose avec eux grâce à ce voyage. Non pas qu’ils n’avaient jamais joué dehors de leur vie avant cela, on a toujours fait des activités à l’extérieur avec eux, mais ils ont créé quelque chose de nouveau, de différent.
Je sais bien que hors contexte, cela peut sembler un peu cul-cul la praline, mais je vous promets que pour moi qui vis avec Sophie et les enfants depuis plus de 200 jours, ça représente beaucoup, et je rassure les quelques fous qui voudraient tenter l’aventure et qui ont des doutes, nous passons des moments magiques, uniques et merveilleux chaque semaine, et si je devais recommencer cette aventure, je la recommencerais sans hésiter une seule seconde. Même si on râle, ce voyage est un cadeau pour nous et pour les enfants. Timo a grandi, il est devenu très indépendant, plus cool au quotidien, il a pris de l’assurance et une bonne dose de confiance en lui, et notre relation beau-père beau-fils qui était régulièrement tendue depuis plusieurs années s’est énormément améliorée. Et pour Arno, même s’il rouspète toujours et encore, il a aussi grandi, il a bien changé et va encore évoluer. Alors qu’avant il n’était pas content dès qu’il fallait faire 25 minutes de voiture pour aller au Signal de Bougy, il s’envoie maintenant 7 heures de bus local dans les montagnes sans râler.
Ce voyage nous aura probablement tous changés et je crois que je peux dire que le pari est réussi !
Ce qui est vraiment magique avec les grands voyages, c'est les rencontres que nous faisons tout au long du chemin. Beaucoup de jeunes, quelques moins jeunes, mais bizarrement, peu de couples avec des enfants. Est-ce le coût du voyage, le manque de temps, la peur ou peut-être le poids des obligations qui font que peu de familles se lancent dans ce genre d'aventure ?
| Avec Timo, en visite dans un petit village |
Mais nous savons bien que si je n’avais pas eu cette cochonnerie de maladie, nous ne serions probablement jamais partis faire ce tour du monde. Pourquoi attendre d’avoir une grosse tuile dans sa vie pour décider de vivre un truc unique ou de changer de vie ? En ce qui me concerne, je me rappelle de ce jour où nous avons décidé de partir comme si c’était hier. Nous étions, Sophie et moi, à l’HUG de Genève pour faire un scanner du cerveau, on buvait un café en attendant le RDV lorsque tout d’un coup elle me regarda droit dans les yeux et me dit « Et si on faisait un tour du monde pendant une année ? ». Alors qu’on n’en avait jamais parlé avant, en moins de 5 minutes, nous avons décidé de partir avec nos deux loulous pour faire un méga voyage d’une année. On est allé chez Payot, on a acheté plein de guides et des livres de voyage, une carte du monde, et le soir même, sans plus attendre, on a expliqué aux enfants qu’on allait partir une année en voyage autour du monde.
| Avec Arno, de retour d'une balade à Vang Vieng |
Pour ceux qui ne nous connaissent pas très bien, il faut savoir que nos deux chéris d’amour ne sont pas de tout repos et très loin d’être des anges. (Bon les chiens ne font pas des chats, c’est sûr !). Arno (le petit), on l’adore, mais il ne doit pas y avoir plus casse pieds, râleur et emm… que lui sur terre. Mais c’est aussi un amour de tendresse, qui a une vraie gentillesse, un sacré rigolo, un bon vivant, un peu un copier coller de son père, et pour rien au monde on en voudrait un autre. Mais je ne vous cache pas que nous avons vécu des moments très chauds ces derniers 7 mois avec lui. Pour Timo, c’est un peu différent. On peut compter sur lui, il ne fait pas de bêtise et il est vraiment cool dans pratiquement toutes les situations du voyage. Ses défauts principaux sont de vouloir tout savoir et si possible tout gérer, il perd régulièrement un truc, il est convaincu qu’il n’a presque jamais tord et il ne comprend pas la signification de « se remettre en question ». Mais le plus important pour moi dans ma relation avec lui, c’est surtout notre situation de famille recomposée. Il n’est pas mon fils, même si je le considère comme mon enfant et je ne suis pas son père (ce que je n’ai jamais prétendu être car son père est très présent dans sa vie et nous avons toujours fait ce qu’il faut pour qu’il en soit ainsi). Ceci dit, partir une année avec un préado qui n’est pas son fils, ce n’était pas gagné d’avance et un peu quitte ou double.
Les premières semaines avec les enfants furent donc assez tendus et les conflits fréquents. Nous nous sommes alors souvent demandé « Etait-ce une bonne idée de partir une année à quatre ? » et bien d’autres questions aussi… Les enfants –enfin, surtout Arno- ont râlé, ils ont pleuré, ils nous ont traités de méchants parents qui obligent leurs enfants à partir une année alors qu’ils n’avaient rien demandés, qu’ils n’avaient pas assez de jouets, pas assez de livres, plus de copains, et qu’ils s’ennuyaient, qu’ils ne savaient pas quoi faire. Il est vrai que dans nos sacs à dos nous n’avons que… un PC, un lecteur DVD avec 50 films, deux DS, deux iPod, des livres, des jouets, des crayons et du papier, des jeux de cartes et des Lego. L’enfer en quelque sorte.
Mais ce qui me fait malgré tout dire que nous avons peut-être réussi, c’est un moment que nous avons vécu il y a deux semaines qui peut sembler tout bête, mais qui pour moi a une très grande valeur. Petit rappel pour ceux qui n’ont pas suivi l’épisode de l’évacuation des jouets. Nos enfants ont vu disparaître (suite à de mauvais comportements répétés) l’intégralité de leurs jouets et Lego début février, ce qui a fait le bonheur de trois enfants du Cambodge. Nos enfants chéris, pourris et gâtés par le trop de tout, se sont donc retrouvés avec plus aucun jouet pendant trois semaines. Ils ont pleuré et supplié, mais nous avons tenu et ils ont capitulé. Et c’est là que la magie de la vie a fait son travail. Pendant des mois ont leur a dit d’arrêter de se plaindre et de prendre exemple sur ces enfants qui jouent au bord de la route avec trois fois rien et qui rigolent, pendant qu’eux avaient trop souvent le nez dans leurs jeux vidéo. Ce sur quoi ils nous répondaient « ouais, ouais, … », c’est-à-dire en langage enfant « cause toujours tu m’intéresses ». Et maintenant qu’ils étaient sans jouet, ils ont fait deux choses encore impensables il y a six mois. Ils ont joué au foot avec une cannette de bière et ils ont créé un jeu de pétanque avec des pierres. Ils ont joué et rigolé comme des gamins pendant un bon moment et ça été pour moi deux moments que je n’oublierai jamais. Voir ces deux gamins qui râlaient souvent pour tout et pour rien et qui tout d’un coup s’amusent avec une canette vide et des cailloux, c’est cela qui me fait dire qu’on a peut-être réussi quelque chose avec eux grâce à ce voyage. Non pas qu’ils n’avaient jamais joué dehors de leur vie avant cela, on a toujours fait des activités à l’extérieur avec eux, mais ils ont créé quelque chose de nouveau, de différent.
Je sais bien que hors contexte, cela peut sembler un peu cul-cul la praline, mais je vous promets que pour moi qui vis avec Sophie et les enfants depuis plus de 200 jours, ça représente beaucoup, et je rassure les quelques fous qui voudraient tenter l’aventure et qui ont des doutes, nous passons des moments magiques, uniques et merveilleux chaque semaine, et si je devais recommencer cette aventure, je la recommencerais sans hésiter une seule seconde. Même si on râle, ce voyage est un cadeau pour nous et pour les enfants. Timo a grandi, il est devenu très indépendant, plus cool au quotidien, il a pris de l’assurance et une bonne dose de confiance en lui, et notre relation beau-père beau-fils qui était régulièrement tendue depuis plusieurs années s’est énormément améliorée. Et pour Arno, même s’il rouspète toujours et encore, il a aussi grandi, il a bien changé et va encore évoluer. Alors qu’avant il n’était pas content dès qu’il fallait faire 25 minutes de voiture pour aller au Signal de Bougy, il s’envoie maintenant 7 heures de bus local dans les montagnes sans râler.
Ce voyage nous aura probablement tous changés et je crois que je peux dire que le pari est réussi !
mardi 2 novembre 2010
3 mois et 6 kilos plus tard !
Billet et bilan de chéri :-)
Voilà, la boucle de nos 3 premiers mois en Amérique du nord est bouclée, pleins de merveilleux moments et de chouettes souvenirs, quelques engueulades avec les enfants, une dispute avec Sophie et surtout, 4 kilos en plus autour de la taille pour moi et 2 pour ma tendre moitié, vive l’Amérique, ses Cheeseburgers et son Coca-cola. C’est donc pour moi le moment du bilan après trois mois de vie à quatre. Pour ceux que ça intéresse, en ce qui concerne les câlins, on a maintenu la moyenne au-dessus d’une fois par semaine (les deux tiers durant les deux fois cinq jours pendant lesquels on avait la chance d’avoir une chambre à nous. Sinon le reste du temps c’est plutôt galère). En ce qui concerne notre voyage, nous avons traversé pour le Canada : le Québec et l’Ontario avec Montréal, Trois Rivières, Québec, la Gaspésie, Blue Montain (Toronto) et les Chutes du Niagara pour les destinations principales, et la Californie, le Nevada et l’Utah pour les Etats-Unis avec San Francisco, Los Angeles, Las Vegas et San Diego comme villes principales.
Nous avons fait un peu moins de 4000 km en camping car, un peu plus de 3000 km en voiture et pris trois fois l’avion (pas bon pour notre quota de Co2). Sans vous refaire le résumé de chaque endroit avec ses plus et ses moins (Sophie et les enfants vont s’en occuper), je citerai juste l’incroyable gentillesse des Québécois et leurs forêts sauvages à perte de vue avec leur faune extraordinaire pour le Canada et pour les USA, les villes de San Francisco et de San Diego qui nous ont laissé une merveilleuse impression de vie dans un pays de fous où tout y est plus grand qu’ailleurs, mais ou la qualité de vie ne nous a pas convaincus ni le contact avec les gens qui sont froids et toujours aussi superficiels. Sans oublier le plus fort moment du voyage, quand j’ai nagé avec Timo et les otaries à la plage de la Jolla à San Diego, à voir sur les photos du blog.
Côté finance… comment dire, on va manger beaucoup de riz en Asie et les enfants vont jouer avec des bouts de bois trouvés dans la forêt. En résumé, on a un peu explosé le budget. Le Canada nous a coûté plus cher que prévu, et les activités des USA ont été douloureuses pour notre porte monnaie. Pour ces raisons et pour garder une trace de ce que nous avons fait (pour le jour ou les enfants nous diront qu’on a pas fait grand-chose pendant notre voyage), voici un petit résumé de ce que nous avons fait au Canada : Parc d’attraction de la Ronde, musée de la civilisation et Jardin Botanique à Montréal, visite du Parc de la Mauricie et rencontre des Baleines en zodiac à Tadoussac, descente d’une rivière en canoë dans le Parc Jacques Cartier et Parc d’attraction aquatique à Val Cartier, Explora Mer et visite du Parc du Bic en Gaspésie, Golf et Acqua Splasch au Blue Montain, Visite des Chutes du Niagara, Water Parc et journée Fun Pass pour Niagara Falls.
Pour les USA, voici nos activités avec les enfants : Exploratorium, Musée de la science et tour en catamaran pour San Francisco, Aquarium de Monterrey, tour de ville, casino pour enfants et Parc d’attraction Dôme Aventure à Las Vegas, Visite des Parcs Bryce Canyon et Zions International en Utah, Musée de la science, Lego Land et Zoo de San Diego plus visite des bateaux et sous-marins dans la baie de San Diego, musée de cire Madame Tussauds, Hollywood et Universal Studio pour finir en beauté à Los Angeles. Ces activités nous ont coûtés CHF 2'000.- au Canada et la même chose pour les USA. Les frais de transport ont été de CHF 7'000.- (bus, essence et billets d’avion) et la vie de tous les jours CHF 16'000.- pour le Canada et CHF 9'000.- pour les USA. Budget final pour nos trois mois CHF 36'000.- soit CHF 9’000.- de plus que prévu dans notre budget de départ (Aïe, aïe, aïe va falloir se serrer la ceinture).
Nous avons donc décidé de modifier la fin de notre voyage. Nous partons dans quelques jours pour le Vietnam via Singapour, suivis de la Thaïlande, du Cambodge et du Laos. Nous irons ensuite un mois en Australie (initialement prévu deux) et nous finirons par un mois à Bali. En conclusion après nos 3 premiers mois, nous avons choisi pour la suite du voyage de moins bouger, nous allons devoir bosser un peu plus l’école avec Timo et les enfants ont besoin de rester plus longtemps au même endroit. Nous avons également comme objectif d’aller à la rencontre des gens, de donner la possibilité aux enfants de plus jouer avec d’autres enfants et de vivre de manière plus locale. Ca va être dur pour Arno (il va revenir tout maigre) et surtout pour moi (adieu mon petit confort que j’aime tant). De beaux souvenirs et de belles expériences en vue, et en ce qui me concerne un objectif: revenir avec 4 kilos de moins !
Voilà, la boucle de nos 3 premiers mois en Amérique du nord est bouclée, pleins de merveilleux moments et de chouettes souvenirs, quelques engueulades avec les enfants, une dispute avec Sophie et surtout, 4 kilos en plus autour de la taille pour moi et 2 pour ma tendre moitié, vive l’Amérique, ses Cheeseburgers et son Coca-cola. C’est donc pour moi le moment du bilan après trois mois de vie à quatre. Pour ceux que ça intéresse, en ce qui concerne les câlins, on a maintenu la moyenne au-dessus d’une fois par semaine (les deux tiers durant les deux fois cinq jours pendant lesquels on avait la chance d’avoir une chambre à nous. Sinon le reste du temps c’est plutôt galère). En ce qui concerne notre voyage, nous avons traversé pour le Canada : le Québec et l’Ontario avec Montréal, Trois Rivières, Québec, la Gaspésie, Blue Montain (Toronto) et les Chutes du Niagara pour les destinations principales, et la Californie, le Nevada et l’Utah pour les Etats-Unis avec San Francisco, Los Angeles, Las Vegas et San Diego comme villes principales.
Nous avons fait un peu moins de 4000 km en camping car, un peu plus de 3000 km en voiture et pris trois fois l’avion (pas bon pour notre quota de Co2). Sans vous refaire le résumé de chaque endroit avec ses plus et ses moins (Sophie et les enfants vont s’en occuper), je citerai juste l’incroyable gentillesse des Québécois et leurs forêts sauvages à perte de vue avec leur faune extraordinaire pour le Canada et pour les USA, les villes de San Francisco et de San Diego qui nous ont laissé une merveilleuse impression de vie dans un pays de fous où tout y est plus grand qu’ailleurs, mais ou la qualité de vie ne nous a pas convaincus ni le contact avec les gens qui sont froids et toujours aussi superficiels. Sans oublier le plus fort moment du voyage, quand j’ai nagé avec Timo et les otaries à la plage de la Jolla à San Diego, à voir sur les photos du blog.
Côté finance… comment dire, on va manger beaucoup de riz en Asie et les enfants vont jouer avec des bouts de bois trouvés dans la forêt. En résumé, on a un peu explosé le budget. Le Canada nous a coûté plus cher que prévu, et les activités des USA ont été douloureuses pour notre porte monnaie. Pour ces raisons et pour garder une trace de ce que nous avons fait (pour le jour ou les enfants nous diront qu’on a pas fait grand-chose pendant notre voyage), voici un petit résumé de ce que nous avons fait au Canada : Parc d’attraction de la Ronde, musée de la civilisation et Jardin Botanique à Montréal, visite du Parc de la Mauricie et rencontre des Baleines en zodiac à Tadoussac, descente d’une rivière en canoë dans le Parc Jacques Cartier et Parc d’attraction aquatique à Val Cartier, Explora Mer et visite du Parc du Bic en Gaspésie, Golf et Acqua Splasch au Blue Montain, Visite des Chutes du Niagara, Water Parc et journée Fun Pass pour Niagara Falls.
Pour les USA, voici nos activités avec les enfants : Exploratorium, Musée de la science et tour en catamaran pour San Francisco, Aquarium de Monterrey, tour de ville, casino pour enfants et Parc d’attraction Dôme Aventure à Las Vegas, Visite des Parcs Bryce Canyon et Zions International en Utah, Musée de la science, Lego Land et Zoo de San Diego plus visite des bateaux et sous-marins dans la baie de San Diego, musée de cire Madame Tussauds, Hollywood et Universal Studio pour finir en beauté à Los Angeles. Ces activités nous ont coûtés CHF 2'000.- au Canada et la même chose pour les USA. Les frais de transport ont été de CHF 7'000.- (bus, essence et billets d’avion) et la vie de tous les jours CHF 16'000.- pour le Canada et CHF 9'000.- pour les USA. Budget final pour nos trois mois CHF 36'000.- soit CHF 9’000.- de plus que prévu dans notre budget de départ (Aïe, aïe, aïe va falloir se serrer la ceinture).
Nous avons donc décidé de modifier la fin de notre voyage. Nous partons dans quelques jours pour le Vietnam via Singapour, suivis de la Thaïlande, du Cambodge et du Laos. Nous irons ensuite un mois en Australie (initialement prévu deux) et nous finirons par un mois à Bali. En conclusion après nos 3 premiers mois, nous avons choisi pour la suite du voyage de moins bouger, nous allons devoir bosser un peu plus l’école avec Timo et les enfants ont besoin de rester plus longtemps au même endroit. Nous avons également comme objectif d’aller à la rencontre des gens, de donner la possibilité aux enfants de plus jouer avec d’autres enfants et de vivre de manière plus locale. Ca va être dur pour Arno (il va revenir tout maigre) et surtout pour moi (adieu mon petit confort que j’aime tant). De beaux souvenirs et de belles expériences en vue, et en ce qui me concerne un objectif: revenir avec 4 kilos de moins !
mardi 21 septembre 2010
Sophie, un sacré numéro ! (dixit chéri)
Celles et ceux d’entre vous qui connaissent bien Sophie savent à quel point elle est… comment dire… spéciale, différente, originale, peu commune, en résumé, elle est pas, mais alors pas du tout comme les filles normales, et c’est bien cela qui m’a plu chez elle. Celles et ceux qui me connaissent bien savent à quel point je suis… à l’opposé de Sophie, traditionnel, classique, prévisible, de contact peu facile de prime abord, en résumé, tout ce que Sophie n’est pas en général. Je ne comprends donc toujours pas pourquoi son cœur s’est arrêté sur moi il y a bien longtemps, mais ceci n’est pas le sujet du jour, on s’aime et le reste on s’en fout.
On va fêter nos dix ans de re-vie commune en décembre et depuis dix ans que nous sommes ensemble, j’ai vécu avec Sophie bon nombre de choses et de moments que je considère comme « spéciaux », ce qui fait souvent sourire mes amis proches et surtout mon frère. C’est d’ailleurs en pensant à lui ce soir, parce que je sais qu’il va se marrer, que j’ai eu envie d’écrire ces quelques lignes suite à ce que nous venons de vivre il y a deux heures environ dans la ville des chutes du Niagara. Les chutes du Niagara c’est comme les pyramides en Egypte, on voit toujours la même photo de carte postale sans tout ce qu’il y a autour. Ici, c’est une sorte de Happy Land qui s’est construit autour des chutes et on trouve de tout, pour les grands et les petits, le meilleur comme le pire.
Evidemment, au niveau du style et des prix ça suit une certaine logique américaine, tout est très kitch, très cher, et la bouffe est vraiment pas terrible, pour pas dire autre chose… (vivement notre camping car en Californie et notre popote maison). Ce soir donc, nous étions à la recherche d’un resto si possible correct et pas hors de prix, et voilà que nous tombons sur une SDF en train de faire la manche dans une des villes les plus cher du Canada. Sophie décide, comme souvent, de donner quelques pièces à cette fille et commence à faire causette avec elle (des restes d’assistante sociale). Jusque là tout est comme d’habitude, rien de spécial à signaler. Moi, je traîne avec les enfants dix mètres plus loin en regardant la statue en cire de Tiger Wood et de Michael Jackson quand soudain qui voilà… Sophie avec la SDF !
Sophie nous dit alors : « Voilà, je vous présente Lisa, et nous allons l’inviter à manger avec nous ce soir ». Bon, ben ok ! On allait pas dire non, et de toute façon, presque plus rien ne me surprend avec Sophie. Alors départ au resto avec Lisa. Arno me regarde avec une tête bizarre du style : Elle fait quoi maman avec cette fille et pourquoi elle vient avec nous au resto ? Timo, comme moi, sourit en coin en se disant « ah cette maman ». Notre Lisa d’un soir qui c’était présentée comme étant une SDF de 17 ans, était en réalité une future maman de 24 ans, enceinte de 4 mois et vivait avec son copain Mexicain dans un Motel pourri à la sortie de la ville. Sans boulot depuis longtemps, elle faisait la manche pour récolter quelques sous et essayer de survivre. Pas trop dans son assiette de se retrouver à table avec nous dans un restaurant, Sophie a rapidement réussit à la mettre à l’aise, et lui à dit de manger ce qu’elle voulait sans regarder les prix.
C’est que ça mange une femme enceinte et encore plus quand elle n’a pas bien mangé depuis longtemps ! Apéro, deux Coca, une entrée et un plat principal. Elle a explosé mon budget !!! Mais bon, ça en valait la peine parce qu’elle avait pas dû souvent manger comme ça ces derniers temps et qu’elle avait l’air d’être heureuse de partager ce repas avec nous même si son malaise était toujours présent. Et le clou de la soirée revient comme d’habitude à notre petit Arno national qui en plein milieu du repas me demande très inquiet : dis Papa, est-ce qu’elle va venir habiter avec nous la fille ? Mais non Arno, elle ne va pas venir vivre avec nous. Le repas s’est terminé et Lisa nous a rapidement quittés toujours un peu mal à l’aise et très émue. Timo nous a dit qu’elle allait sûrement pleurer, peut-être.
Voilà, c’était une nouvelle parenthèse de notre voyage qui a fait se croiser pendant une heure une pauvre fille dans la misère et la précarité et une famille de riches suisses qui fait le tour du monde pendant une année. Un de ces moments uniques que je ne peux vivre qu’avec et que grâce à Sophie qui a ce don d’être ce qu’elle est. A méditer, une fois encore…
On va fêter nos dix ans de re-vie commune en décembre et depuis dix ans que nous sommes ensemble, j’ai vécu avec Sophie bon nombre de choses et de moments que je considère comme « spéciaux », ce qui fait souvent sourire mes amis proches et surtout mon frère. C’est d’ailleurs en pensant à lui ce soir, parce que je sais qu’il va se marrer, que j’ai eu envie d’écrire ces quelques lignes suite à ce que nous venons de vivre il y a deux heures environ dans la ville des chutes du Niagara. Les chutes du Niagara c’est comme les pyramides en Egypte, on voit toujours la même photo de carte postale sans tout ce qu’il y a autour. Ici, c’est une sorte de Happy Land qui s’est construit autour des chutes et on trouve de tout, pour les grands et les petits, le meilleur comme le pire.
| La rue Clifton Hill à Niagara Falls |
Sophie nous dit alors : « Voilà, je vous présente Lisa, et nous allons l’inviter à manger avec nous ce soir ». Bon, ben ok ! On allait pas dire non, et de toute façon, presque plus rien ne me surprend avec Sophie. Alors départ au resto avec Lisa. Arno me regarde avec une tête bizarre du style : Elle fait quoi maman avec cette fille et pourquoi elle vient avec nous au resto ? Timo, comme moi, sourit en coin en se disant « ah cette maman ». Notre Lisa d’un soir qui c’était présentée comme étant une SDF de 17 ans, était en réalité une future maman de 24 ans, enceinte de 4 mois et vivait avec son copain Mexicain dans un Motel pourri à la sortie de la ville. Sans boulot depuis longtemps, elle faisait la manche pour récolter quelques sous et essayer de survivre. Pas trop dans son assiette de se retrouver à table avec nous dans un restaurant, Sophie a rapidement réussit à la mettre à l’aise, et lui à dit de manger ce qu’elle voulait sans regarder les prix.
C’est que ça mange une femme enceinte et encore plus quand elle n’a pas bien mangé depuis longtemps ! Apéro, deux Coca, une entrée et un plat principal. Elle a explosé mon budget !!! Mais bon, ça en valait la peine parce qu’elle avait pas dû souvent manger comme ça ces derniers temps et qu’elle avait l’air d’être heureuse de partager ce repas avec nous même si son malaise était toujours présent. Et le clou de la soirée revient comme d’habitude à notre petit Arno national qui en plein milieu du repas me demande très inquiet : dis Papa, est-ce qu’elle va venir habiter avec nous la fille ? Mais non Arno, elle ne va pas venir vivre avec nous. Le repas s’est terminé et Lisa nous a rapidement quittés toujours un peu mal à l’aise et très émue. Timo nous a dit qu’elle allait sûrement pleurer, peut-être.
Voilà, c’était une nouvelle parenthèse de notre voyage qui a fait se croiser pendant une heure une pauvre fille dans la misère et la précarité et une famille de riches suisses qui fait le tour du monde pendant une année. Un de ces moments uniques que je ne peux vivre qu’avec et que grâce à Sophie qui a ce don d’être ce qu’elle est. A méditer, une fois encore…
mercredi 4 août 2010
Quand chéri assure, c'est la classe
Ce matin, j'avais l'oeuf. Je sais pas pourquoi mais je me sentais le coeur en vrac. Peut-être l'effet des photos de moi en maillot de bain (que j'ai coupées pour les âmes sensibles), ou peut-être parce qu'il faisait gris, ou parce que j'ai soudainement réalisé que j'ai tout lâché pour une aventure aussi géniale qu'étrange, bref je me suis levée en ayant la chiale. Ce qui est franchement n'importe quoi, vu que je suis en vacances pour une année et que je n'ai aucune raison de pleurnicher sur mon café le matin.
J'ai voulu me la jouer discretos en me disant que ça allait bêtement passer, mais chéri a l'oeil.
Eh ben? T'as une drôle de tête, ça va pas?
Si si ça va (ce qui veut dire exactement le contraire)
Je te connais, dis moi ??
Euh en fait je me sens moche, c'est quand exactement que j'ai vieilli? (Et là je me mets à pleurer au ptit déj, pathétique, en m'agrippant à mon café infâme - d'ailleurs pourquoi diable ce café est-il aussi dégue??)
Mais ma chérie, tu as 38 ans, tu as eu deux enfants et tu as bossé à fond ces 5 dernières années, hyper stressée, tu t'es juste un peu oubliée, mais c'est pas grave, le voyage c'est aussi ça, prendre le temps de s'occuper de soi...Et moi je te trouve magnifique, tu es mon homard, n'oublie pas, toi et moi c'est comme ça, on est collés...
Oh merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, je t'aimeeeeeeeeeeee (bouhouhouuuuuuuuuuuuuuuu)
Pathétique donc. Et vaguement ridicule. Mais c'homme-là, cet ours sauvage, ben c'est mon amoureux, il sait, il comprend, il m'aime et dieu que la vie est belle avec lui. Même s'il râle qu'il a chaud, même s'il oublie parfois que les petits sont petits, même s'il fait des fixettes sur des trucs bizarres. Il est là et c'est l'amour. Voilà que je dégouline maintenant. Les hormones peut-être??
Toujours est-il qu'il a assuré à mort aujourd'hui.
Pourtant c'était pas gagné d'avance. Au lieu de la pluie annoncée par la météo, ce matin le soleil brillait. Trop cool. On a donc changé nos plans et décidé d'aller dans ce camping 4 étoiles dont on a vu la pub partout ici et qui propose un super mega Aqua plash pour les enfants.
Il faut dire que dans le coin on a fait un peu le tour des attractions et comme on est bloqués jusqu'à vendredi faute de bus pour aller ailleurs (hé oui, le bus pour notre destination ne circule que le week-end!!), eh bien il faut s'occuper avec les moyens du bord. Donc direction la super piscine avec toboggans de l'espace. Arrivés au terminus des bus, les indications données par l'office du tourisme étaient légèrement fausses. En lieu et place de deux bus pour s'y rendre c'étaient en fait trois bus qu'il nous fallait. Chéri a pris la situation en main et nous a collés dans un taxi. Le luxe! En route on a vu que de gros nuages noirs nous menaçaient. Chéri a gardé le sourire. Les enfants se sont chamaillés à mort, chéri ne s'est pas énervé. Quand on est arrivés au camping, on a constaté que la pub était, comment dire, largement exagérée. Très largement même. Et que la piscine était fermée. Même pas grave, a dit chéri, on va pique-niquer en attendant. Eh oui, la piscine est très petite, et les toboggans aussi.
Tout le monde a déballé stoïquement son sandwich et comme d'habitude Arno n'aimait pas le sien, mais chéri n'a rien dit. Puis on a pu aller se baigner et l'eau était très froide et le surveillant de piscine n'était pas sympa. En plus je ne voulais pas me baigner à cause de mes bringues, alors chéri s'est dévoué pour les petits.
Et à la fin de l'après-midi, quand on a du rentrer, qu'il il a fallu marcher une demi-heure au bord de la route à 30 degrés, avec Arno qui râlait, et bien chéri a eu très chaud, mais a encore et toujours gardé le sourire. Une heure et demie et trois bus plus tard, il a porté le petit sur son dos pour aller boire un verre sur une terrasse. Tranquille. Je me suis alors tapée une bière "Dieu du ciel" Aphrodisiaque. Avec des chips et des cookies. Pour une fille qui pleurait le matin parce qu'elle se trouvait grosse, vieille et moche, ce n'était pas très judicieux. Ni franchement raisonnable. Et bien chéri n'a pas fait le moindre commentaire, ce brave homme. Rien du tout. Il a total assuré, toute la journée, moi je vous dis. Un super mega Tarzan, mon Tarzan à moi...
J'ai retrouvé le sourire et la pêche et j'ai joué avec les enfants avec grand plaisir ce soir. Comme quoi, parfois, c'est comme ça... ;-) Merci chériiiiiiiiiiiiiiii, et promis si c'est toi qui as l'oeuf, je vais tâcher d'assurer.....
J'ai voulu me la jouer discretos en me disant que ça allait bêtement passer, mais chéri a l'oeil.
Eh ben? T'as une drôle de tête, ça va pas?
Si si ça va (ce qui veut dire exactement le contraire)
Je te connais, dis moi ??
Euh en fait je me sens moche, c'est quand exactement que j'ai vieilli? (Et là je me mets à pleurer au ptit déj, pathétique, en m'agrippant à mon café infâme - d'ailleurs pourquoi diable ce café est-il aussi dégue??)
Mais ma chérie, tu as 38 ans, tu as eu deux enfants et tu as bossé à fond ces 5 dernières années, hyper stressée, tu t'es juste un peu oubliée, mais c'est pas grave, le voyage c'est aussi ça, prendre le temps de s'occuper de soi...Et moi je te trouve magnifique, tu es mon homard, n'oublie pas, toi et moi c'est comme ça, on est collés...
Oh merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, je t'aimeeeeeeeeeeee (bouhouhouuuuuuuuuuuuuuuu)
Pathétique donc. Et vaguement ridicule. Mais c'homme-là, cet ours sauvage, ben c'est mon amoureux, il sait, il comprend, il m'aime et dieu que la vie est belle avec lui. Même s'il râle qu'il a chaud, même s'il oublie parfois que les petits sont petits, même s'il fait des fixettes sur des trucs bizarres. Il est là et c'est l'amour. Voilà que je dégouline maintenant. Les hormones peut-être??
Toujours est-il qu'il a assuré à mort aujourd'hui.
Pourtant c'était pas gagné d'avance. Au lieu de la pluie annoncée par la météo, ce matin le soleil brillait. Trop cool. On a donc changé nos plans et décidé d'aller dans ce camping 4 étoiles dont on a vu la pub partout ici et qui propose un super mega Aqua plash pour les enfants.
Il faut dire que dans le coin on a fait un peu le tour des attractions et comme on est bloqués jusqu'à vendredi faute de bus pour aller ailleurs (hé oui, le bus pour notre destination ne circule que le week-end!!), eh bien il faut s'occuper avec les moyens du bord. Donc direction la super piscine avec toboggans de l'espace. Arrivés au terminus des bus, les indications données par l'office du tourisme étaient légèrement fausses. En lieu et place de deux bus pour s'y rendre c'étaient en fait trois bus qu'il nous fallait. Chéri a pris la situation en main et nous a collés dans un taxi. Le luxe! En route on a vu que de gros nuages noirs nous menaçaient. Chéri a gardé le sourire. Les enfants se sont chamaillés à mort, chéri ne s'est pas énervé. Quand on est arrivés au camping, on a constaté que la pub était, comment dire, largement exagérée. Très largement même. Et que la piscine était fermée. Même pas grave, a dit chéri, on va pique-niquer en attendant. Eh oui, la piscine est très petite, et les toboggans aussi.
Tout le monde a déballé stoïquement son sandwich et comme d'habitude Arno n'aimait pas le sien, mais chéri n'a rien dit. Puis on a pu aller se baigner et l'eau était très froide et le surveillant de piscine n'était pas sympa. En plus je ne voulais pas me baigner à cause de mes bringues, alors chéri s'est dévoué pour les petits.
Et à la fin de l'après-midi, quand on a du rentrer, qu'il il a fallu marcher une demi-heure au bord de la route à 30 degrés, avec Arno qui râlait, et bien chéri a eu très chaud, mais a encore et toujours gardé le sourire. Une heure et demie et trois bus plus tard, il a porté le petit sur son dos pour aller boire un verre sur une terrasse. Tranquille. Je me suis alors tapée une bière "Dieu du ciel" Aphrodisiaque. Avec des chips et des cookies. Pour une fille qui pleurait le matin parce qu'elle se trouvait grosse, vieille et moche, ce n'était pas très judicieux. Ni franchement raisonnable. Et bien chéri n'a pas fait le moindre commentaire, ce brave homme. Rien du tout. Il a total assuré, toute la journée, moi je vous dis. Un super mega Tarzan, mon Tarzan à moi...
J'ai retrouvé le sourire et la pêche et j'ai joué avec les enfants avec grand plaisir ce soir. Comme quoi, parfois, c'est comme ça... ;-) Merci chériiiiiiiiiiiiiiii, et promis si c'est toi qui as l'oeuf, je vais tâcher d'assurer.....
mardi 13 juillet 2010
Joyeux mélange
Yves et moi c'est un peu comme le chocolat et le café, ça va bien ensemble mais c'est pas tout à fait pareil.
Yves aime les hôtels 4 étoiles minimum, les piscines, les bons déjeuners, les coca citrons bien frais en fin de journée, faire son sport tranquille et ronfler la tête dans son oreiller perso. C'est comme ça qu'il a été éduqué et c'est ce qui lui fait plaisir en général. Epicurien, aimant son confort, il se révèle un joyeux compagnon de route pour autant qu'il puisse manger 4 x par jour et qu'il y ait la clim'.
Sa hantise: les moustiques, le chaud, attendre, ne pas trouver un Red Bull glacé ni un pain aux noisettes et les miettes dans les lits.
Ses points forts: l'organisation, la précision, la prise de décision rapide, jouer des heures dans la piscine avec les enfants (pendant que je lis à l'ombre un bon polar suédois), et sa capacité ultra performante d'oublier rapidos nos chamailleries.
Quant à moi, j'aime improviser le quotidien (comprendre bricoler à la der'), dénicher des petits hôtels au détour d'un forum ou d'un Lonely Planet, visiter plein de trucs et tester la bouffe locale. Pas toujours patiente, parfois un peu castratrice avec mes 3 loulous je peux être redoutablement chiante 2 jours avant mes règles.
Ma hantise: mettre de la crème solaire, faire à manger équilibré 4 x par jour et voir mes enfants se chamailler.
Mes points forts? Tchatcher avec n'importe qui, digérer à peu près n'importe quoi et une bonne dose d'auto dérision au jour le jour.
Alors quand on s'est décidé pour le voyage il a fallu trouver des destinations qui nous plaisaient à tous les 2. C'est souvent comme ça quand on est mariés :-). Yves ne voulait pas entendre parler de l'Amérique du Sud ni de l'Afrique pour d'obscures raisons qui lui appartiennent, et moi j'ai mis une option non négociable sur l'Asie du Sud-Est.
Résultats des courses:
On commence par le Canada du 26 juillet au 23 septembre, dont deux séjours comme woofers (pour les non initiés c'est une expérience basée sur l'échange: on bosse 6 heures par jour dans une ferme en échange du gîte et couvert) et 2 semaines en camping car. Promis vous aurez des photos d'Yves et Sophie à la ferme :-)
Puis ce sera la Californie en camping car 3 semaines et 2 semaines à San Diego avec Carole et Julie qui nous rejoignent (du 23 septembre au 29 octobre). Hollywood, SeaWorld, hamburgers, la totale. Yves aura le droit d'aller courir sur la plage torse nu avec des filles blondes et siliconnées pendant qu'on boit des bières avec Carole. Y aura même mon amie Adri et son amoureux qui nous rejoindront d'Arizona où ils vivent.
Ensuite on rentre quelques jours discretos pour que Timo voit son papa et pour recharger du matos scolaire.
Départ le 8 novembre pour le Vietnam avec une escale de 3 jours à Singapour.
A Noël Timo rentre voir son papa 2 semaines pendant qu'on se dore la pilule avec nos amis les Zamora sur l'île de Koh Chang en Thaïlande.
Mi janvier départ pour le Cambodge puis le Laos, ensuite un petit séjour balnéaire en Thaïlande à Pâques avant de nous envoler le 4 mai pour l'Australie pour la fin des vacances avant notre retour mi juillet.
Voilà vous savez tout.
Sur ce je vais faire la vaiselle.
Biz
PS pour ceux qui veulent aller traire quelques vaches et faire des confitures bio comme woofers, c'est par ici
Yves aime les hôtels 4 étoiles minimum, les piscines, les bons déjeuners, les coca citrons bien frais en fin de journée, faire son sport tranquille et ronfler la tête dans son oreiller perso. C'est comme ça qu'il a été éduqué et c'est ce qui lui fait plaisir en général. Epicurien, aimant son confort, il se révèle un joyeux compagnon de route pour autant qu'il puisse manger 4 x par jour et qu'il y ait la clim'.
Sa hantise: les moustiques, le chaud, attendre, ne pas trouver un Red Bull glacé ni un pain aux noisettes et les miettes dans les lits.
Ses points forts: l'organisation, la précision, la prise de décision rapide, jouer des heures dans la piscine avec les enfants (pendant que je lis à l'ombre un bon polar suédois), et sa capacité ultra performante d'oublier rapidos nos chamailleries.
Quant à moi, j'aime improviser le quotidien (comprendre bricoler à la der'), dénicher des petits hôtels au détour d'un forum ou d'un Lonely Planet, visiter plein de trucs et tester la bouffe locale. Pas toujours patiente, parfois un peu castratrice avec mes 3 loulous je peux être redoutablement chiante 2 jours avant mes règles.
Ma hantise: mettre de la crème solaire, faire à manger équilibré 4 x par jour et voir mes enfants se chamailler.
Mes points forts? Tchatcher avec n'importe qui, digérer à peu près n'importe quoi et une bonne dose d'auto dérision au jour le jour.
Alors quand on s'est décidé pour le voyage il a fallu trouver des destinations qui nous plaisaient à tous les 2. C'est souvent comme ça quand on est mariés :-). Yves ne voulait pas entendre parler de l'Amérique du Sud ni de l'Afrique pour d'obscures raisons qui lui appartiennent, et moi j'ai mis une option non négociable sur l'Asie du Sud-Est.
Résultats des courses:
On commence par le Canada du 26 juillet au 23 septembre, dont deux séjours comme woofers (pour les non initiés c'est une expérience basée sur l'échange: on bosse 6 heures par jour dans une ferme en échange du gîte et couvert) et 2 semaines en camping car. Promis vous aurez des photos d'Yves et Sophie à la ferme :-)
Puis ce sera la Californie en camping car 3 semaines et 2 semaines à San Diego avec Carole et Julie qui nous rejoignent (du 23 septembre au 29 octobre). Hollywood, SeaWorld, hamburgers, la totale. Yves aura le droit d'aller courir sur la plage torse nu avec des filles blondes et siliconnées pendant qu'on boit des bières avec Carole. Y aura même mon amie Adri et son amoureux qui nous rejoindront d'Arizona où ils vivent.
Ensuite on rentre quelques jours discretos pour que Timo voit son papa et pour recharger du matos scolaire.
Départ le 8 novembre pour le Vietnam avec une escale de 3 jours à Singapour.
A Noël Timo rentre voir son papa 2 semaines pendant qu'on se dore la pilule avec nos amis les Zamora sur l'île de Koh Chang en Thaïlande.
Mi janvier départ pour le Cambodge puis le Laos, ensuite un petit séjour balnéaire en Thaïlande à Pâques avant de nous envoler le 4 mai pour l'Australie pour la fin des vacances avant notre retour mi juillet.
Voilà vous savez tout.
Sur ce je vais faire la vaiselle.
Biz
PS pour ceux qui veulent aller traire quelques vaches et faire des confitures bio comme woofers, c'est par ici
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