dimanche 4 décembre 2011

Merci Femina !

Voici le témoignage de notre voyage dans l'édition du Femina du 20 novembre 2011 (page 26/27), merci à Jennifer Segui (texte) et Mercedes Riedy (photo), ça fait tout bizarre de se lire comme ça... Très touchés !

(Les albums photos, anciennement stockés sur Picasa, ne sont malheureusement plus accessibles aujourd'hui - photos sur demande si nécessaire.) 



vendredi 21 octobre 2011

3 mois après le retour, quelques news...

Pendant des semaines, je n'ai pas pu revenir sur ce blog sans avoir envie de pleurer. Dur le retour !
En même temps, quelle joie de retrouver tous ceux qu'on aime. Cela paraît bateau à dire comme ça, mais en fait il n'y a  que l'amour, l'amitié, le plaisir de partager qui comptent véritablement. On a donc passé un été génial, à faire la fête (Paléooooo), des apéros, des bonnes petites bouffes avec tous nos proches. Le pied et une bonne solution pour retrouver ses marques et sa place en Suisse.

Puis la rentrée est arrivée, il a fallu speeder, se remettre dans le rythme, organiser, régler les réveils (argh!). On s'y était mentalement préparé, donc on a joué le jeu et les choses se sont bien passées.


Petit résumé de la vie de chacun.


Arno et Yves, une journée à Basse-Ruche
Arno a démarré sa première primaire et il va bien, il s'est habitué à sa structure d'accueil, il joue avec ses amis et se montre très consciencieux pour faire son travail scolaire (si si c'est le même, on parle de celui  qui nous a fait tourner en bourrique quand on essayait de lui apprendre les jours de la semaine). Il râle bien sûr un peu tous les jours, on ne change pas hein, mais il fait sa part et assure plutôt bien. La décision de lui faire refaire son année était juste, il est dans son élément, dans son niveau. Il apprend à lire, gentiment. Retrouver sa chambre, ses jouets et manger -enfin!- des trucs bien de chez nous, c'était parfait pour lui. J'ai appris récemment qu'il faisait plein de dessins à l'école du voyage et il a demandé à voir quelques photos de notre trip la semaine passée. J'en déduis qu'il a aimé, à sa manière ...

Timo, quant à lui, a une pêche d'enfer (il fête d'ailleurs ses 13 ans aujourd'hui!). Il a rencontré de nouveaux amis et s'est mis à l'athlétisme. Les chaussettes sales et les fiches d'école chiffonnées ont fait leur retour, ainsi que les disputes pour les vaisselles du soir, mais globalement c'est un ado bien dans ses baskets, sympa, ouvert. Le voyage lui a énormément apporté et on en parle souvent ensemble. Positif aussi, donc.Il se débrouille bien à l'école, nous ne regrettons pas non plus qu'il refasse son année, le niveau et le rythme aurait été trop rude en 8ème. Finalement les enfants auront appris des choses avec nous, mais on n'a pas réussi à valider un programme scolaire complet. Avis aux amateurs de voyage avec des enfants, cette partie-là est pas des plus simples à régler. 

Timo et Sophie
Yves se lance dans son projet début novembre en ouvrant son centre de remise en forme Sabaï Dee à Nyon au centre ville. Il a déjà démarré ses activités avec quelques clientes et adore son job. Si vous le voyez passer avec notre super scooter et toutes sortes de matériel, c'est normal, il s'installe. Il s'est même mis à la cuisine (miracle!) et gère la maison pendant que je bosse. Bref, ça roule. Régulièrement, on se regarde et on se dit " Tu te rends compte le truc génial qu'on a fait ensemble?! ". Et il y a un peu de nostalgie... Forcément :-)

Quant à moi, j'ai eu la chance de retrouver du travail très rapidement ce qui nous permet de manger du riz plus facilement :-). J'ai parfois des gros coups de blues. Dieu merci le chocolat, le vin et surtout mes amis et ma famille existent. J'essaie de profiter à fond des bons moments et de prendre du temps pour faire des choses que j'aime, courir, écrire (j'ai repris la saga d'Oriane et Léo, démarrée il y a 7 ans ici). Et pour évacuer ailleurs que sur chéri et les loulous mes petites angoisses, je me suis mise au kickboxing.

J'aurais mille choses à vous dire, mais tout me semble encore un peu irréel... Je vous embrasse et vous dis encore merci de nous avoir suivis pendant ce magnifique voyage qui nous a rendus plus heureux.

Next Steps
Yves inaugure Sabaï Dee le 5 novembre de 11h à 14h au 19 grand rue 1260 Nyon, deuxième étage ! (yves.auberson@gmail.com ou 079.350.63.52 pour plus d'informations)
Je sors le livre de nos aventures avec quelques photo pour Noël, mes enfants le réclament, hop hop, on s'y colle !

lundi 11 juillet 2011

Voilàààà, c'est fini :-))

A bientôt les amis, merci de nous avoir
suivis pendant une année !

Bilan du tour du Monde

(Texte de chéri)

Voilà, la boucle est bouclée. Il faut sérieusement penser à la suite, à notre vie en suisse, au travail, à l’école de nos petits loulous, en bref, au retour à la vie dite normale. C’est le moment aussi de faire le bilan de ce voyage. Bilan de cette folle aventure à quatre pendant une année, de ce voyage un peu dingue que j’ai adoré, mais où j’ai un peu souffert aussi. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je n’ai pas toujours très bon caractère, supporte mal la frustration et il y a pleins de choses que je n’aime pas. Mais plus que tout, je n’aime pas : avoir chaud (bien vu les 7 mois en Asie à 35 degrés, avoir faim (si je mange pas, je peux vite tourner insupportable), les moustiques (une année de moustiques, moi content !), et attendre (on a beaucoup attendu, du coup maintenant ça va mieux). Sophie ne devait pas être dans son état normal quand elle m’a proposé de faire ce voyage, d’ailleurs j’ai toujours pas compris pourquoi elle l’a fait et pourquoi j’ai dis oui !!!

Mais une des questions qu’on va probablement nous poser plus d’une fois car elle suscite déjà de l’intérêt chez les gens qui nous entourent, c’est « Qu’est ce que ce voyage a changé dans notre vie, dans notre façon de penser et de voir les choses ? ». En réalité, ce n’est pas si simple de répondre à cette question et je pense qu’il nous faudra probablement un peu de temps pour pouvoir y donner une réponse précise. Il nous faudra aussi du temps pour digérer et réaliser ce que nous avons vécu pendant une année, car nous avons vu tellement de choses que j’ai des fois de la peine à me dire que nous avons vraiment fait tout ça.

Des souvenirs, bien sûr qu’il y en a pleins, des découvertes culinaires dans pratiquement tous les pays (le maïs bio de Roxanne au Canada, la traditionnelle soupe de nouilles Pho du Vietnam, le massaman curry et le coquelet grillé de Thaïlande, la fondue See-Food du Cambodge, le poisson frit et le cheese cake du Laos et les crevettes fraîches d’Australie), des belles découvertes (le Québec et son peuple si incroyable de gentillesse, la descente en campig car de la côte ouest en Californie, la grande découverte des pays de l’Asie du sud-est, le Laos qui restera la plus belle surprise de ce voyage et mon coup de cœur personnel et encore l’Australie qui est toujours aussi magnifique), des belles rencontres aussi (merci à toutes les personnes rencontrées lors de ce voyage avec qui nous avons partagé un bout de chemin et merci à ceux qui sont venu nous voir depuis la suisse) et des moments magiques (quand je me suis retrouvé avec Timo à moins d’un mètre d’une otarie sauvage dans la mer à San Diego, la première traversée de piscine d’Arno quand il a appris à nager à San Francisco, quand je me suis baigné avec un éléphant en Thaïlande avec Lilou et Marcos, quand nous avons joué dans la rivière avec des moines à au Laos, ma première vague surfée en Australie et notre nuit en amoureux avec Sophie dans un Relais & Châteaux à Bali pour notre anniversaire de mariage). J’en oublie sûrement plein d’autres, mais ceux-ci sont ceux qui me viennent en tête.

Le revers de la médaille de notre voyage, c’est que j’ai réalisé à quel point notre planète est fragile et polluée, le vrai problème du manque d’eau dans certains pays et l’énorme quantité de déchets plastiques qu’il y a un peu partout dans le monde. Dans nos pays on y réfléchit depuis quelques temps, on sait que ces problèmes existent, mais vu que chez nous ça va pas trop mal, on s’en fout un peu. Mais ici, c’est une autre histoire, l’eau manque cruellement dans plein de pays et c’est comme par hasard ces mêmes pays qui vivent au milieu de leurs déchets. En Suisse, on pose notre sac poubelle sur le trottoir ou dans le container et puis voilà c’est fini, on y pense plus. Mais là, il n’y a pas de camion qui passe alors on lance les déchets un peu partout, derrière la maison, dans le caniveau ou encore mieux, dans la rivière (déchets, poubelles, excréments, animaux morts et cadavres finissent dans les rivières), comme ça c’est plus propre et comme ils disent là-bas « la mer est grande ! ». Bref, tout ceci pour dire que ce n’est pas jojo et que ça fait peur. Mais il est vrai aussi que leur problème principal c’est de trouver du boulot pour survivre et pour manger, alors les poubelles ne font pas vraiment partie des priorités !

Il faut vraiment que nous ayons une prise de conscience générale sur notre façon de consommer et sur la façon dont nous épuisons les ressources de notre planète. Comme le dit très bien Pierre Rabhi dans son dernier livre « Manifeste pour la terre et l’humanisme », « il est temps que nous prenions conscience de notre inconscience ». Oui je sais, dit comme ça fait un peu rubrique catastrophe du Matin. Mais après avoir voyagé pendant une année et vu tellement de choses, de pays, de gens, de situations et de conditions de vie, et quand je vois ce que nous faisons de notre terre, je m’inquiète et me demande quelle planète allons-nous laisser à nos enfants et à nos petits enfants ? Nous n’apprenons rien de nos erreurs, nous reproduisons encore et toujours les mêmes choses, nous pensons qu’à faire du profit immédiat et qu’à notre confort personnel, sans penser aux conséquences futures et aux ressources limitées qui sont à notre disposition. C’est à nous maintenant de montrer l’exemple et de faire quelque chose. C’est à nous d’arrêter de consommer des fraises cultivées en Espagne avec des produits chimiques interdits en Europe. C’est à nous de veiller que les commerçants locaux survivent face aux monstres machines alimentaires et commerciales de notre pays. Si nous commencions par aller acheter nos fruits et nos légumes chez le paysan local au lieu d’aller bêtement à la Migros ou à la Coop acheter des produits sans goût, pauvres en vitamines et en minéraux et de plus, bourrés de produits chimiques qui finiront par nous rendre tous malade, se serait génial et croyez-le, ça changerait pleins de choses…

Tout n’est pas noir non plus, nous avons croisé des gens magnifiques et des associations qui se bougent et qui essaient de changer les choses ou du moins de les rendre meilleures avec leurs propres moyens. Et malgré ce tableau un peu sombre (dixit Sophie), j’ai espoir que l’homme réussisse à sauver notre planète. J’ai vu tant de sourires et de joie de vivre sur tellement de visages que j’ai envie d’y croire. Envie d’espérer qu’un jour ceux qui nous dirigent réalisent le potentiel offert par notre planète et se donnent les moyens d’en faire quelque chose de bien. J’espère juste que ce n’est pas un rêve éveillé !

En conclusion, Sophie et Timo sont partagés entre le plaisir de rentrer et la tristesse de vivre la fin d’une grande et belle aventure, et d’une vie de rêve pendant une année. Arno et moi sommes heureux de rentrer, heureux d’avoir vécu cette belle année et vu tant de choses, mais très heureux de retrouver notre chez nous. Ce qui m’aura le plus manqué à part la nourriture, c’est les amis, le sport avec mon frère, les ballades en montagne, notre belle ville de Nyon et son lac, notre appartement, mes BD et nos séries DVD. Ce voyage m’aura permis de vivre des moments magiques avec Sophie et les enfants, probablement de grandir un peu aussi, d’ouvrir les yeux sur une certaine réalité, de relativiser les choses et d’apprécier les choses simple (ce matin nous nous sommes extasiés et réjouis devant un rouleau de PQ dans la salle de bains, objet peu courant dans les toilettes asiatiques), j’ai aussi pris conscience de l’importance de protéger notre planète, de vraiment faire un effort pour manger mieux et surtout, ce qui n’est pas rien, de trouver enfin ce que je voulais faire de ma vie. Je ne sais pas comment on va vivre ce retour en suisse, mais ça va être cool et je me réjouis de vous revoir…

Les dernières photos, deux jours sur l'île de Sentosa, calme et repos avant le retour...

Fin du voyage, entre sourires et pincements au cœur

Dernier jour, Silosa, Singapour...
Assise dans le bus qui rentre sur Singapour, je cogite sur cette année qui vient de s’écouler.
Quel voyage ! Les plus belles découvertes : le Québec (pour la mentalité et les grands espaces, le camping car), la Californie et les parcs de l’ouest des USA (pour la beauté des paysages et le fun), le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande (spécialement le Laos et le Vietnam, un autre monde, le choc des cultures), l’Australie (jamais vu un ciel aussi bleu et autant d’oiseaux), Bali (pour la spiritualité, le contact avec les gens, sauf le Sud bondé de touristes)… Des milliers d’images dans les yeux, d’odeurs, de sensations, de souvenirs…

Et puis, les enfants qui rient et s’amusent, qui inventent des histoires, leur complicité, les yeux qui brillent de chéri quand il est dans la nature, heureux… J’ai adoré. L’impact est immense, le lien entre nous plus fort, le sentiment de liberté aussi. Fous rires, râleries, coups de chaud, émotions, découvertes, rencontres, des richesses à garder au fond de soi pour toujours, une grosse boîte de souvenirs communs à se remémorer ensemble, les soirs de pluie…

Aujourd’hui, je suis triste de rentrer et simultanément heureuse de retrouver les gens que j’aime. Drôles de sentiments mélangés, j’ai un nœud à l’estomac et le sourire en même temps. Il pleut des cordes dehors et on se gèle dans ce bus. Le temps n’est pas terrible depuis quelques jours, mélancolie. Dans mes livres de gamines, les « Martine », il pleuvait aussi toujours à la fin des vacances. Le paysage défile, des milliers de palmiers qui servent à l’huile de palme, et l’esprit s’envole… Envie de repartir, pas tout de suite, bien sûr, mais j’ai retrouvé le virus du voyage.

Je rêve de l’Afrique, de l’Amérique du Sud et de faire les steppes mongoles à cheval. Et puis aller au Tibet aussi. J’ai vu que l’équipe de nomades aventures cherchent des gens qui partent dénicher de nouveaux treks et visites culturelles au bout du monde, ça me tenterait bien. Qui vient avec moi ? Yves me regarde avec des yeux genre « ma chérie, je t’adore, mais tu me fatigues un peu là, laisse moi d’abord rentrer, ok ? Et puis, tu sais, moi le voyage, j’en ai un peu ma dose même si c’était génial ». Arno rétorque « Tu sais quoi, on va rester à la maison avec papa et toi tu partiras avec Timo ». Mom me fait un clin d’œil, je vais sûrement pouvoir l’embarquer dans un nouveau trip un de ces 4.

Un voyage entre filles ? On laisse maris et enfants et on part à l’aventure ? Le désert ? La Patagonie ? Et les steppes à cheval, ça vous tente ou bien ? On dort dans une yourte, ça pue un peu mais ça doit être génial de se lever et de découvrir des paysages incroyables, immenses. Qu’est-ce que vous en dites les filles ? S’agira d’abord de mettre des sous de côté, de bosser à nouveau, de rentrer un peu dans le système. Ok, ok, je me calme.

Dans deux jours on rentre à la maison. Je visualise à peine ce que contiennent tous mes placards, des mois qu’on vit avec le contenu de nos sacs à dos. Des questions bêtes me trottent dans la tête : j’ai un entretien pour du boulot au retour, est-ce que je sais encore marcher en hauts talons ? Ma paire de jeans fétiche me va-t-elle encore ? Une année sans me peser, sans régime, quelle paix ! Manger à ma faim, sans réfléchir, quelle liberté : soupes thaï, brochettes, poissons grillés, curry, ananas, riz à tous les repas, jus de fruits, « copi susu » indonésien (café au lait concentré, comme en Afrique, c’est bon, c’est chaud, c’est sucré, j’adore, un vrai machin total’ régressif). Et un bon gros cheese-cake de temps, en temps, une bière tiens (celles du Canada, artisanales, sont à tomber, tout comme la Dark beer du Laos). Le pied. Parallèlement j’ai du plaisir à bouger, marcher, nager, j’ai envie de reprendre la course et de me mettre enfin à la danse. Pas parce qu’il le faut, mais parce que ça me fait plaisir.

Plaisir, liberté, partage, découverte, merci le voyage, les batteries sont rechargées comme jamais, je me sens bien, heureuse, prête à repartir d’un bon pied.

Si c’était à refaire, je repartirai sans hésiter, c’est unique et extraordinaire comme expérience de vie. Se confronter à d’autres cultures, parler avec les gens, partager un peu de leurs univers et croyances, ouvrir son esprit à la différence… Je regarde mes enfants et je sens que leurs visions des choses a évolué, ils sont plus matures et ont réalisé comment d’autres enfants vivent, ailleurs. Et puis, dorénavant, ils devraient être plus à l’aise en géographie .

Pour ceux que l’aventure tente, je leur donnerai peut-être un ou deux conseils : pas trop d’organisation et de destinations bookées d’avance,  un simple billet aller pour un endroit suffit (genre un pays lointain qu’on ne connaît pas très bien, éviter les endroits trop connus et bourrés de touristes) et ensuite improviser le parcours en fonction des envies et opportunités, en privilégiant les trains et bus, le bateau. Manger local un maximum, aller dans les petites guesthouses qui ne figurent pas dans les guides, faire confiance aux gens, prendre le temps, sortir des chemins battus sans crainte, beaucoup de destinations sont safe. Au niveau techno prendre une caméra, réaliser un film du voyage plutôt qu’un blog textes + photos.

Et maintenant ? En vrac…
  • D’abord retrouver tout le monde et faire la fête (Paléo approche !)
  • Me faire un p… de café Nespresso
  • Boire un coup de rouge et manger du gruyère, peut-être avec du lard de Begnins (hein Carole ?)
  • Finaliser la version print du blog sur Lullu.com
  • Prendre des cours de photo et de vidéo
  • Me mettre à la danse, enfin
  • Aller marcher en famille, entre amis
  • M’investir dans un projet humain, écolo, social…

Puis…
  • Repartir, encore et encore, avec des amis, avec ceux qui en ont envie
  • Organiser un trip spécial filles :-)

Le mot de la fin pour ceux qui ont participé, chacun à leur manière à ce voyage :

  • Un spécial merci à super Fred pour son management parfait de notre correspondance et administratif pendant le voyage
  • Un autre grand merci à Emma et Chric d’avoir pris soin de notre chatte Boulette pendant notre absence
  • Un merci à papa pour son enveloppe spéciale « loisirs » qui nous a permis de joyeuses folies
  • Un merci à notre taxi driver préférée, Maya, qui nous a accompagnés au départ et qui vient nous rechercher à l’arrivée
  • Notre gratitude à nos amis qui nous ont rejoints en cours de route, Carole et Julie à San Diego, Adri et Sewa à San Diego aussi, Carole, Marcos et Lilou sur l’île de Koh Chang, Fred au Cambodge, Alain et Mom en Thaïlande, Mom pour le dernier mois de voyage. Et tous les messages, sur le bog, email, Skype, What’s up, Facebook… On s’est sentis accompagnés et en relation avec nos proches tout du long du voyage. Merci pour tout ça.
  • Un immense bisou à tous nos proches qui nous ont soutenus dans ce projet magnifique et un peu fou et qui ont toujours répondu présents même à l’autre bout du monde :-)

Coulisse, les us et coutumes de la smala

Quand on passe beaucoup de temps ensemble, les petites manies de chacun font rire les autres. Voici donc les coulisses du voyage, glanées d’abord par Mom puis complétées par toute la famille :-)


Yves
C'est midi, j'ai faim !
Ses petites phrases types
  • Quand est-ce qu’on mange ?
  • Soph… c’est où ce truc (Sophie ne sait jamais répondre à cette question, elle ne range jamais deux fois de suite un objet à la même place)
  • On a le temps, on va quand même pas arriver en avance !
  • Attends, je dois faire ma compta
  • C’est un tas de cailloux ce truc, non ? dixit des temples et antiquités (La petite phrase « boute en train » du jour)
  • Je suis très content (il y a un resto japonais dans le quartier avec plein de sushis)
  • Il faut s’hydrater toutes les 20 minutes
  • Je n’ai pas fini mon yoga
  • Soph, tu manages ?
  • En fait on va où demain ?

Ses manies et habitudes
  • Yves adore les statistiques : moyennes pour le budget, kils parcourus, courses de montagne (dénivelé, rythme cardiaque, calories, moyenne au kilomètre, altitude… Sophie dit qu’il fait même des stats sur la fréquence des rapports sexuels mais nous ne les publierons pas ici)
  • Yves est irrésistible en krama ou en sarong
  • Yves sort sa cape de héros dès que Sophie et ses enfants sont en danger. Il se transforme en Zorro-Superman : il se bat avec les mygales sauteuses du Cambodge et porte tous les sacs (comme Obélix) quand Sophie est blessée
  • Yves prend soin de la santé de toute la famille (Soph t’as mis ta crème, pourquoi t’as pas soigné ça, tu veux que je te spraye ?)
  • Yves est toujours content de ce qui est organisé par Sophie
  • Yves surveille tout et veille au grain (le temps d’écran des enfants, séchage des linges, dépenses, nombre de cocas autorisés, la lessive, le budget)
  • Yves ne supporte plus les chiens qui gueulent toute la nuit, les coqs qui chantent dès 4 heures du mat et les ouvrier qui plantent des clous dès 5 heures trente du matin

Arno
Je m'ennuie...
Ses petites phrases types
  • Pffff… pourquoi je dois toujours dire bonjour ?
  • Maman, tu me racontes une histoire ?
  • Pourquoi ils se moquent toujours de moi ?
  • J’ai chaud
  • Je m’ennuie
  • J’ai jamais le temps de jouer !
  • J’aime pas le riz
  • Je suis triste parce que je voulais rester, pourquoi on doit toujours partir ?


Ses manies et habitudes
  • Arno ferme la porte toutes les 5 minutes à cause des moustiques
  • Il aligne chaque soir ses doudous, sa gourde et sa lampe frontale (on sent une certaine hérédité) et c’est le seul qui ne perd jamais rien, sauf éventuellement ses chaussettes sales
  • Arno fait son sac tout seul
  • Arno joue des heures aux Lego et invente plein d’histoires avec des personnages ( y a toujours les gentils et les méchants)
  • Arno demande à son frère de lui traduire les « hints » (avertissements en anglais) de ses jeux vidéo
  • Arno veut adopter et sauver tous les bébés animaux, y compris les chats galeux et chiens pouilleux
  • Arno s’éclate à la piscine, à la mer, dans les rivières, l’eau est son élément !
  • Arno sait toujours où on est, et où on habite
  • Arno voit toujours le détail qui tue
  • Arno adore les batailles de polochon avec sa mamy et son frère
  • Arno veut toujours faire les mêmes jeux iPod que son frère et pique des crises quand il n’y arrive pas

Timo
Hé, attendez-moiiii !
Ses petites phrases types
  • J’ai l’œuf
  • Ca va !!! Vous êtes des stressés (tout le monde est prêt, on l’attend depuis 15 minutes)
  • T’as pas vu mes tongs ?
  • J’ai déjà pris une douche avant-hier !
  • J’ai envie de t’embêter, je peux ?
  • J’ai pas sommeil, pourquoi il faut toujours aller au lit ?
  • Laisse moi faire mon sac tout seul, je déteste qu’on touche à mes affaires
  • Des fois j’en ai marre de ces Aubers’
  • Attends, j’ai pas fini de manger (des heures à table…)
  • Tu crois qu’ils ont du cheesecake ?
  • Maman !!! Un Starbuck !

Ses manies et habitudes
  • Timo est volontaire pour goûter et tester toutes les cuisines locales
  • Timo est capable de commander à manger pour toute la famille, en anglais, et se débrouille toujours pour obtenir sa pitance favorite
  • Timo joue avec son frère
  • Timo ne se plaint jamais
  • Timo donne des conseils éducatifs à Mom quand Sophie et Yves sont absents
  • Timo aime bien agacer (comme Fred quand il était petit)
  • Timo déteste qu’on lui explique un nouveau concept scolaire et soupire pendant des heures quand il ne comprend pas du premier coup
  • Timo n’aime vraiment pas l’allemand
  • Timo tripote tous les animaux, surtout les écrevisses, les crabes, les chauves-souris géantes et les pythons
  • Timo dessine pendant la nuit s’il n’arrive pas à trouver le sommeil, avec sa lampe frontale

Timo et Arno font de l’écran à donf dès que Mom et Sophie organisent le voyage ou mettent à jour le blog
Timo et Arno adorent l’eau et les activités de ouistiti (nager, plonger, grimper, sauter…)


Sophie
Bon, vous me lâchez le slip ?
Ses petites phrases types (et injonctions)
  • Timo, Arno, retour au calme, 5 minutes assis
  • Dans le Lonely, ils disent qu’il faut aller là et on va y aller
  • Vous voulez pas une bière ?
  • Merde, j’ai plus de clopes !
  • Mais lâchez-moi le slip !
  • Ok, tout le monde s’assied, séance briefing
  • Chéri j’arrive dans deux minutes, je fais juste un petit mail (elle revient genre deux heures après)
  • On va encore juste voir ce truc et après on rentre ok ?
  • Je suis contente de faire les sacs, j’adore quand on bouge !
  • Chéri je crois que j’ai encore perdu mes lunettes…
  • Combien j’ai dépensé ? Mais j’en sais rien moi…. (une année qu’Yves tente de faire la compta au sous près)
Ses habitudes et petites manies
  • Sophie écrase les pilules anti nausée entre deux tranches de biscuits pour les faire avaler à Arno (baptisée méthode du bébé-chat)
  • Sophie arrose Arno d’eau fraîche quand il a chaud et qu’il tourne méchant
  • Sophie demande à Mom si elle a bien mangé avant de monter sur le bateau, histoire de ne pas avoir le mal de mer
  • Sophie porte tous les sacs pendant les excursions
  • Sophie prend Arno sur les genoux pendant un trajet qui dure 4 heures en taxi
  • Sophie invente des histoires abracadabrantes (par exemple Wang Zi, le chinois bougon) qui subjuguent Arno lequel ouvre de grands yeux émerveillés et fait quelquefois des rapprochements entre le titre de l’histoire et sa petite personne)
  • Sophie met de la crème solaire à tout le monde mais rentre le soir complètement cramée (car en fait elle en met jamais)
  • Sophie organise toujours des visites culturelles obligatoires pour toute la smala (le 1000e temple et le 358e musée)
  • Sophie obtient tout ce qu’elle veut avec son sourire éclatant et ses yeux naïfs
  • Sophie connaît tous les noms des plats de tous les pays qu’elle traverse
  • Sophie pète les plombs deux jours par mois (elle doit absolument manger du chocolat)


Mom
Où ai-je mis mes lunettes ?
Ses petites phrases types
  • Faut y aller, on va être en retard !
  • Euh, non merci, j’ai pas faim, on vient juste de sortir de table, non ? (La pauvre, on mange tout le temps dans cette famille)
  • Ça vous dérange pas si je me mets au soleil (le reste de la famille cherche l’ombre) ?
  • T’as vu des toilettes par ici ?
  • Oulà, c’est super spicy ce truc !
  • T’inquiète pas, je m’occupe des petits, reste tranquille avec Yves (nous la bénissons chaque matin et chaque soir de s’occuper des loulous)


Ses petites manies et habitudes
  • Mom a des sachets zippés pour légumes congelés dans lesquels elle range ses affaires de voyage
  • Mom arrive en Asie avec ses bâtons de nordic walking
  • Mom confond tous les billets des monnaies locales
  • Mom flaire les arnaques
  • Mom regarde avec méfiance les trucs qui flottent dans la soupe (surtout les moreaux de foie de poulet qui ont failli la faire crever dans le méga palace chinois de Ko Si Chang)
  • Mom n’aime pas qu’on lui réclame des coupons
  • Mom est un régulateur d’ambiance, en principe elle fout pas la merde
  • Mom vérifie l’adéquation entre le nombre de passagers du bateau et le nombre de gilets de sauvetage
  • Mom est adepte des petites pilules roses distribuées par les beaux matelots de « Blue Express »
  • Mom ne va jamais dans les grottes, a peur des chauves-souris et déteste les serpents, elle se méfie aussi des macaques qui grimpent sur sa jupe
  • Mom arrive à faire lever les enfants à 6h40 et les faire rire en dansant le clip de « I will survive »
  • Mom n’y voit plus rien et cherche toujours ses lunettes
  • Mom ne se plaint pas (du chaud, de la soif, de la faim) mais s’inquiète de l’organisation
Voilà, vous savez tout :-)

vendredi 8 juillet 2011

Photos: quelques jours à Melaka, Malaisie

Temps très chaud et humide, ciel un peu gris, on transpire pas mal, mais on s'accroche pour faire encore quelques visites culturelles en famille. La ville n'est pas transcendantale, mais il y a de quoi faire, et surtout Yves a découvert quelques bonnes petits adresses pour bien manger, alors quand l'appétit va... :-)

On part dimanche pour Singapour, histoire de passer nos deux derniers jours dans un bel hôtel, labellisé Eco Resort, sur l'île de Sentosa. (Le budget va en prendre un coup, c'est sûr !)

jeudi 7 juillet 2011

Expé Gunung Ledang, à l’arrache (Sophie et Tine)

Récit de Mom

La fin du voyage approche. C’est le moment ou jamais de filer pour une dernière escapade entre filles. Nous confions les petits loups à Papa poule Yves et filons vers la gare des bus. Objectif : deux jours de nature, escalade du mont Gunung Ledang, à priori rien de difficile, 1200 et quelques mètres d’altitude. Un premier bus local nous amène à Muar, un 2e bus encore plus lent et pourri nous dépose au milieu de nulle part. Le chauffeur nous fait signe « Straight, go straight… ». C’est la zone, il n’y a rien, 32°, nous partons à pied sur la route qui file entre des rangées de palmiers. Des panneaux montrent le sort réservé à tout péquin qui pénètre dans les plantations : abattu sans sommation ! Des chiens sauvages errent au loin. Je sors mon bâton de nordic walking, on ne sait jamais. Deux kils plus loin, péage d’entrée de la réserve nationale, nous voici à la réception de l’hôtel : c’est immense, et il n’y a … personne. Ca fait un peu centre pour secte. Deux mecs, trois mots d’anglais : « Name, passeport, pay first ! » Nous comprenons rapidement que nous sommes chez les chinois qui ont, vous l’aurez compris, un très grand sens de l’hospitalité.

On s’installe dans notre chambre : franche odeur de moisi, draps douteux…pas grave, on en a connu d’autres avec Sophie. A la piscine, toujours personne. Tentative d’organiser notre trek du lendemain. Impossible de trouver un guide, de savoir le prix, les conditions… nos deux compères de la réception ne savent rien. On se dit que ça le fera à la « one again » et qu’on se débrouillera le lendemain. Comme il n’y a rien aux alentours, nous mangeons au resto de l’hôtel. Toujours personne. Sauf un vieux chinois tout jaune, les yeux globuleux et rouges, qui nous demande péremptoirement notre n° de chambre : il aimerait boire du vin ou du whisky avec nous et un de ses potes …dans notre chambre. C’est le boss de l’hôtel ! Là, ça commence à se gâter, franchement, ce coin est glauque. On file dare dare se coucher après avoir vérifié 25 fois si on a bien fermé la porte de la chambre clé. On envoie un texto à Yves pour lui dire que tout va bien !

Le lendemain, petit déj imbouffable, riz immonde et saucisses dégs, on se pointe à la réception pour trouver un moyen de transport jusqu’au bureau des guides. Surgit un 2e chinois, qui nous propose de nous y conduire, contre la modeste somme de 75 RM, en clair 25 balles pour faire 5 kils. « Decide quickly, because I have a lot of things to do, and pay first ». Il nous largue au Seven, on s’achète deux litres d’eau, des amandes et des biscuits, y a rien d’autre. Au bureau des guides, nous remplissons des papiers pour déclarer tous nos biens, y compris notre slip et soutif. Des fois qu’on les oublierait derrière un arbre, on devra payer 5 RM pour chaque objet non rapporté. Là, ça commence à bien faire. Mais comme Sophie et moi sommes aussi obstinées et têtues l’une que l’autre, on se la coince et on y va. Ce treck, on veut le faire ! Notre guide est une charmante étudiante musulmane, avec voile noir, t-shirt vert, training et pantoufles de gym. Elle file d’un pas allègre, toutes les trois minutes, elle nous dit « ok ? ». Au départ, 790 marches, suivies de 900 m de dénivelé. Sophie se chope un coup de chaud et moi je me vois partir pour « Rinjani 2 », je ne dis rien, mais c’est dur-dur ! La jungle est dense. On en bave, mais notre score sera très honorable. Comme il fait horriblement chaud, qu’on a rien mangé et que la dernière partie consiste en escalader de gros blocs de granit, on décide de redescendre, après avoir passé un chouette moment avec Lynn, notre guide, charmante, attentionnée, gaie. Au passage, près le la rivière, je me fais attaquer sournoisement par une sangsue. Lynn nous dit que de temps en temps, on peut voir un ours ou un cobra royal et que, dans ce cas, il ne faut pas oublier de rester très calme !!!!!!!!!!!!!

De retour au bureau des guides, contrôle de nos effets, bouteilles d’eau, papiers, sacs plastics, fringues. Ouf, tout est en règle. Le chintok n° 2envoie un de ses sbires nous récupérer, on file à la piscine pour se détendre, après avoir tenté de se faire masser les pieds dans le centre de spa, où nous trouvons …5 vieux chinois en train de se faire tripoter dans une piaule sombre et glacée. Deux minutes plus tard, 5 jeunes malais déboulent, ils mâtent Sophie à mort et lui font moult signes tout-à-fait clairs sur leurs intentions. On se terre dans notre chambre, petit souper rapidos, des fois que le chintok n° 1 réapparaîtrait, douche, dodo, et au lit. Cette fois on met la chaise devant la porte ! On envoie un 2e texto à Yves pour lui dire que tout s’est bien passé.
Le lendemain matin, on négocie un plat de fruits frais contre les saucisses infâmes, on s’enfile un café et on repart à pied. A peine arrivées sur la grande route, le bus arrive, on monte, le chauffeur chante, il est fasciné par mes bâtons de nordic walking et … par le sourire et les beaux yeux bleus de Sophie !

Voilà, c’était une belle escapade, qui nous a fait renouer l’espace de quelques jours avec les trucs foireux, les plans B, la débrouille, le culot et l’immense plaisir de sortir des sentiers battus !

PS. Dans les bus malais, il y a de très gros cafards et des tas de contrôleurs véreux. 

Quelques photos de notre virée


dimanche 3 juillet 2011

Y a des fois c’est comme ça…

… Ou les chamailleries et mésaventures du Visigoth, de la mégère et de leurs rejetons mal lunés…

Sérénité, sérénité... qui disait...
D’habitude, on s’amuse plutôt bien. Le matin, on se lève tranquillou, Yves et Mom font leur yoga pendant que les enfants émergent, je prends une petite douche suivie d’un café si possible pas trop dégueu. Ensuite, on s’organise, école, activités culturelles, marches, visites, plage, piscine, planification du voyage, petits restos, discussions, rencontres, les jours coulent, différents l’un de l’autre, mais tous magnifiques à leur façon. L’ambiance varie en fonction de quelques paramètres de base, en gros s’il fait très chaud, que la nourriture est étrange et qu’on a mal dormi, il y a quelques frictions et crêpages de chignons, mais globalement le voyage est suffisamment riche d’émotions et de surprises pour que les petits désagréments soient vite oubliés. En bref, on est heureux et en vacances depuis une année ce qui est juste hallucinant et totalement indécent je vous l’accorde…

Et puis, ponctuellement, il y a des JDM (ou journées de merde, pour ceux qui ne sont pas addicts au site VDM). Et là, Bali ou non, soleil ou pas, karma ou yoga, rien n’y fait, les petits évènements s’emmêlent et à la fin on est franchement de mauvais poil. Exemple type avec la petite liste ci-dessous…

  • Yves a très mal dormi à cause d’un concerto de grenouilles doublé d’un tintamarre de coqs passablement en forme
  • La dernière escapade faite à Bali s’est révélée décevante, une marche au bord d’une route polluée et dangereuse, merci Lonely Planet, et c’est depuis ce moment-là que Mom a mal au dos - à moins qu’elle en ait plein le dos de nous ?
  • On a mis une soirée entière, dans un bar bruyant, à tenter de trouver un hôtel de libre à Singapour pour devoir finalement opter, en désespoir de cause, pour l’infâme hôtel 81 de la rue Joo Chiat (premier épisode par ici)
  • Le lendemain, Arno a vomi dans la voiture et a geint pendant deux heures, malgré l’ingestion d’un médic anti nausée spécial voyage
  • Timo a malencontreusement oublié mon iPod Dieu sait où à notre arrivée à l’aéroport et je n’y ai pas fait gaffe car je cherchais une poubelle pour le sac de vomi
  • Timo ne s’est même pas excusé, ce qui m’a perturbée, je ne lui ai rien appris à ce jeune homme ou bien ?
  • Comme je n’avais pas mis de mot de passe dessus, mes infos privées sont devenues lisibles par le premier abruti venu, ce qui m’a fait une drôle d’impression, car j’avais gardé tous mes petits What’s up de cette année de voyage, comme des trésors
  • Pendant que je changeais mes mots de passe sur un PC à l’aéroport (pour la modique somme de 15 $ !!), Yves s’est acheté du Toblerone et il ne m’en a même pas laissé un morceau, pourtant il sait que quand je suis down, le chocolat me fait du bien
  • Mom s’est fait embarqué son produit anti moustique, ses piles pour sa frontale et son tube de crème solaire à la douane, la pauvre, elle avait oublié avec tout ce chenis de les remettre dans son gros sac pour la soute
  • Dans l’avion, je me suis fâchée avec Timo qui s’est enfin finalement excusé, puis j’ai stupidement pleuré comme une gamine, tout en regardant Black Swan …
  • Yves s’est fait fouiller son gros sac à dos, à minuit, à la sortie de l’aéroport de Singapour, il a fallu tout sortir et argumenter pour son couteau suisse et son coupe-ongles (qui étaient dans la soute, où est le problème ?), Timo a voulu s’en mêler, Yves l’a envoyer balader, bonne ambiance
  • Du coup on est arrivés les derniers dans la queue pour les taxis et là un vieux chinois s’est pris méchamment de bec avec une famille d’Indiens parce qu’ils avaient dépassé dans la file et ensuite tout le monde s’en est mêlé, ça criait dans tous les sens, welcome in Singapour !
  • Ensuite on a pris un taxi, le chauffeur roulait comme un fou et Yves ne voulait pas lui demander de se calmer, ça m’a franchement agacée, car la sécurité du groupe, c’est à lui d’assumer, c’est dans notre « contrat » de base du voyage (toi Tarzan, moi Jane, voire par ici pour plus d’explications…)
  • Arno s’est endormi sur mes genoux après s’être chamaillé pendant la moitié du trajet avec son frère. A l’arrivée Yves l’a secoué comme un sac de patates parce qu’il traînait pour sortir du taxi, alors ça m’a encore plus énervée et je l’ai traité de grosse brute (à sa décharge il n’avait pas vu qu’il dormait)… Adieu zen attitude et bon karma…
  • Le chauffeur du taxi nous a laissé au mauvais hôtel, il faut dire qu’il y a cinq hôtels 81 dans la rue, il a fallu remettre les sacs sur le dos et déménager, avec Arno endormi
  • A l’arrivée le réceptionniste nous a demandé 100 dollars de plus que ce qui était prévu ce qui a causé quelques embrouilles, car la copie de la réservation était sur mon iPod (oui, celui qui est perdu)
  • Le réseau wifi de l’hôtel ne fonctionnait pas, donc on n’a pas pu voir la copie online
  • On s’est couchés fâchés et fatigués dans une chambre sans fenêtre qui sentait la vieille transpiration
  • Le lendemain matin, je me suis réveillée avec un gros ganglion enflammé douloureux sous l’oreille gauche, et j’ai dit à Yves que c’était de leur faute, qu’il m’avaient foutu les boules et je l’ai ensuite traité de Visigoth, ce à quoi il a répondu que j’étais une mégère. Ah, l’amour…
  • On a pris un taxi, chauffeur vraiment peu sympathique, pour aller à la gare des bus acheter nos billets pour Malacca et là, …


… Yes, Dieu merci, la chance a tourné. Le bus avait de la place, on a pu déjeuner au Food Center en face, et depuis nous voguons dans un super bus confortable, climatisé et à moitié vide, en direction de Malaka. Yves m’a fait un bisou, les enfants sont relativement calmes et on arrive bientôt…

Il s’agirait maintenant de profiter de ces derniers jours de voyage, dans un esprit plus serein et zen, mmmh ???

Photos: cours de Batik pour Timo à Ubud

Photos: le centre de Bali, région du Danau Bratan, Munduk

Montagnes du centre de Bali, Munduk et la région du Danau Bratan: jardin botanique, temples et notre homestay, le Meme Surung.

mercredi 29 juin 2011

Karma… «And you, what are you looking for ?»

Trajet en voiture de Tirta Gannga à Munduk (petit village central à Bali). Le chauffeur évoque la spiritualité hindoue et nous échangeons gaiement pendant quelques kilomètres sur les cérémonies et les divinités. Puis viennent les discussions plus profondes sur le karma et ce que cela signifie dans la vie quotidienne, l’importance de faire le bien, pour soi et ses enfants, la réincarnation, l’impact des gestes et des actions, le sens de la vie pour les Hindous.


Et soudain, il nous demande « And you, what are you looking for ? »

Silence vaguement consterné dans l’habitacle. Ce qu’on cherche, vous voulez dire là maintenant tout de suite, le prochain hôtel, une nouvelle excursion à Bali ? Non ? Ah, vous voulez savoir quelle est notre quête spirituelle, ce qu’on recherche dans notre vie ? Re-silence, suivi de quelques vagues bafouillis… Le chauffeur remarque « Sorry, it’s maybe a question a little bit too sophisticated ». Non, ce n’est sophistiqué, c’est juste qu’on ne sait pas exactement en fait, en tous les cas, beaucoup ne savent pas vraiment, on vit, on profite et un jour on se pose des questions … Je me lance finalement dans une réponse improvisée de ce que j’imagine être une des réponses occidentales possibles

« Chez nous, nous sommes élevés dans un objectif de réussite professionnelle, un moule capitaliste mélangé à des valeurs traditionnelles, le mariage et les enfants. (En même temps que je lui parle je réalise à quel point tout ceci est fragile et ne correspond pas à la réalité, aux réalités, il y a de plus en plus de célibat et les mariages se cassent la gueule, mais je ne peux pas tout dire, alors je caricature). Mais aujourd’hui, la crise économique a donné naissance à des problèmes, les choses ne fonctionnent plus très bien, cela devient difficile. (Je visualise pendant que je gesticule dans la voiture : crise identitaire, stress, dépression, manque de rêves ?). Les gens commencent à se poser des questions et veulent apprendre à vivre mieux, à partager, à respecter la nature. En tous les cas, ils essaient, mais c’est difficile car on est plutôt égoïstes, et c’est pour cela qu’on vient peut-être ici, en Asie, pour apprendre et comprendre votre vision des choses et s’imprégner de votre spiritualité… »

Tout ça dans un anglais approximatif, depuis le fond de la voiture, entre deux nids de poule, quelques klaxons et coups de volant pour éviter les enfants à vélo et les chiens errants le long de la route. Le chauffeur ne répond pas directement mais il sourit, je le vois dans son rétroviseur et on continue d’évoquer les coutumes locales, sur fond de karma.

Le lendemain, on part faire une nouvelle excursion à pied pour découvrir les plantations de vanille, de café, de clous de girofles et de riz autour de Munduk, avec un guide qui s’appelle Dharma. Il marche lentement et chacun de ses gestes est doux, tranquille. En bonne suisse, je trouve qu’il pourrait mettre la deuxième, mais finalement pourquoi ? Pour la performance ? Le voilà qui me fait sentir et goûter un grain de cacao que je n’avais même pas vu. Il évoque aussi le karma et nous montre la petite maison de sa belle-famille, à l’abri du bruit et du monde, « so peacefull ». Il nous propose d’ailleurs de s’arrêter pour déguster un café et un cake à la noix de coco et au sucre de palme, enroulé dans une feuille de palmier. Plusieurs femmes sont en train de préparer des offrandes. Le sourire et l’accueil sont magnifiques, simples, naturels. J’aime ces gens, cette terre, ces regards chaleureux.

(J’en oublie presque Timo qui a mal au ventre, le pauvre, une vilaine gastro, et Arno qui rouspète un peu dans la montée, d’ailleurs le guide le porte sur son dos, motivé cet homme-là). Les yeux ouverts sur fond de pensée karmique, le mollet guilleret, le sourire au coin des lèvres, les yeux dans les rizières, chacun profite de la beauté et de la sérénité du lieu. Dans ce contexte, la montagne, le guide, le voyage, on se sent subitement en harmonie profonde avec cette manière de penser et de vivre (qui ne le serait pas dans le fond ?).

Mais le soir, dans mon lit, je réalise que je suis concrètement bien loin de cette profonde bienveillance. Quand je pense à tout ce que j’ai fait de nul, de bête et méchant dans ma vie (j’avoue avoir régulièrement voulu vendre mes enfants sur Ricardo et rapporter mon mari au magasin, sans compter les ragots colportés au boulot, les engueulades et la fois où j’ai étranglé un petit garçon dans la cour de l’école quand j’étais petite et je vous épargne le reste de mes mauvaises actions), je crois que j’ai bien foiré ma réincarnation. Mes enfants risquent bien de revenir sous forme de hannetons à cause de moi et je trimerai sûrement comme une fourmi… Et est-ce que les mauvaises pensées comptent ? Parce que là ce serait le pompon. Si vous saviez parfois les horreurs qui me passent par la tête…

Mais comment font-ils ? Je suis subjuguée par le sourire des femmes et la gentillesse des gens, les enfants ne se bagarrent même pas, jamais de cris, de disputes ? Et nous, pourquoi on n’y arrive pas ? Et où sont les cinglés ? Yves me dit tout à l’heure qu’un violeur fou s’est échappé vers Neuchâtel et que 100 policiers le traquent. (Carole ma chérie, planque tes filles, c’est vers chez toi !) Y a-t-il ici autant de déviances et d’agressions que chez nous ? Il va falloir investiguer encore un peu pour comprendre, pour saisir ce qui flotte dans l’air et qui rend les gens aussi sereins. J’avais déjà eu ce genre de sentiments au Laos, comme dans tous les endroits peu touristiques que nous avons eu la chance de visiter.

Impossible bien sûr de devenir bouddhiste ou hindoue demain matin, la question n’est pas là, l’idée est plutôt de développer le plaisir d’être ensemble, de partager, construire une éthique humaine et sociale et lâcher certaines conneries de nos vies actuelles, genre la consommation à outrance et le « toujours plus vite » au boulot. Prendre le temps avec ceux qu’on aime. Acheter moins et mieux. Respecter le plus souvent possible la théorie écolo des 4 R : réduire, recycler, réparer, réutiliser. Sans devenir une vieille baba cool poilue qui joue de la flûte, ne pas se faire du mal avec des objectifs inatteignables et stressants. Etc., etc. De la théorie, bien sûr . Facile quand on vient de passer une année les doigts de pied en éventail…

D’ailleurs, les personnes que je harcèle avec mes grandes envolées lyriques de voyageuse romantique déconnectée de la réalité du quotidien me disent qu’en moins d’une semaine je serai revenue au système et que tout ceci sera bien vite enterré.

Peut-être. J’espère néanmoins garder au fond de moi un peu de cette lumière qui fait briller les rizières le matin et les yeux des gens d’ici. On peut rêver, non ?

Photos de notre balade dans les environs de Munduk avec Dahrma

Tirta Gangga, une escapade dans la campagne de Bali

Après quelques jours sur les îles Gili à admirer les tortues et déguster les saveurs locales, nous reprenons le bateau jusqu’au port de Padangbai à Bali. L’idée est de partir dans les terres pour s’imprégner de la culture locale. Nous choisissons un petit village proche du volcan Agung, Tirta Gangga, réputé pour son palais aquatique et la beauté de ses rizières. Logés dans la petite et accueillante Homestay Rijasa, au milieu des fleurs, nous apprécions l’ambiance calme et reposante des lieux, loin de toute agitation touristique.
Nous faisons face au piscines royales, sorte de jardin assez étonnant, ponctués de statues de divinités hindoues et d’espaces d’eau où vivent les poissons. Yves et les enfants plongent avec plaisir dans les bassins publics réservés à la baignade, même si l’eau est un peu fraîche. Quant à nous (Soph et Mom), nous observons les jeunes du coin qui jouent, nagent et se lavent aux bains.

Le soir, petit repas, papayes délicieuses et hop, au lit ! Le lendemain nous partons à 7h30 pour une virée dans la campagne avec notre guide Kutur, 68 ans, 1m48, frétillant et joyeux musicien. Il nous emmène tout de suite à travers les rizières et nous explique la vie locale, les plantes, les arbres, tout en conversant avec toutes les personnes que l’on rencontre en chemin. Cette fois-ci, c’est Timo qui prend les photos et nous suivons les petits chemins à la queue leu leu, éblouis par la magie des paysages. « Selamat pagui », tout le monde nous salue et nous sourit, comme partout en Asie. Vivre de manière si proche de la nature et des Dieux rend aimable et convivial (d’ailleurs il y a un vieux monsieur très très aimable avec une seule dent qui est déjà venu 3 ou 4 fois rendre visite à Mom afin de lui faire des massages). Nous observons les paysans durant le labour ou occupés à la préparation des terrasses, les femmes aux récoltes et au portage. Ils travaillent aux rizières de 4 heures du matin à 10 heures environ. Après 4 heures de balade le long des cours d’eau, il commence à faire un peu chaud et nous optons finalement pour un retour en bemo (taxi local), au grand soulagement d’Arno.

Feeling émotif (me sens poétique en ce moment) : se balader ainsi fait un bien fou à la tête, l’esprit flotte librement, puis se connecte à la terre, à l’essentiel… Voilà, voilà…

Ci-dessous, les photos de Timo, nous partons demain pour Munduk.

jeudi 23 juin 2011

Photos: 5 jours sur les îles Gili en Indonésie

Arrivée sur Gili Tarawangan


Une journée de snorkling avec les enfants


Quelques images de Tarawangan

mercredi 22 juin 2011

A l’assaut du Rinjani, 2ème volcan d’Indonésie

Texte de Mom

Palabres, hésitations, nous voici partis, Yves et moi, bardés de notre sac à dos spécial trek, pour grimper sur le volcan Rinjani, rando organisée par John’s Aventure, soit 2 jours pour le modeste prix de 2'000'000 de roupies, 200 CHF par personne. Départ 7 h du mat sur le rafiot local pour quitter notre île Trawangan où nous laissons Sophie et les petits avec moult recommandations réciproques…Un mec nous attend déjà sur le port de Bengsal, nous conduit à un petit resto, histoire de se taper un copieux petit déj avant de partir (pour ceux qui connaissent Yves et son appétit féroce, il n’est pas nécessaire de justifier cette étape). Notre chauffeur arrive alors et nous conduit à Senaru, point de départ de l’escalade. Côté nord, Lombok offre le visage d’une île magnifique, montagneuse, avec des plages encore sauvages, mais souillées d’ordures et sacs plastiques. Les rivières sont à sec, servent de décharges publiques. Nous traversons de petits villages, sur fond de misère : une seule route asphaltée, étroite et truffée de nids poules, où se concentre tout le trafic local : camions transportant bambous, vaches, fourrage, matériaux de construction, êtres humains, charrettes, buffles, poules courant d’un côté et de l’autre, milliers de mobs enfourchées à 2, 3, 4, voire plus. Des mômes en uniforme,  dès 5 ans, marchent seuls sur le bord de la route, en plein trafic sur le chemin de l’école (qui n’est pas gratuite). Ici, pas de bus scolaire, pas de pédibus. On se débrouille tout seul, dès le plus jeune âge.

Trajet emprunté ici
Après 2h de route, nous arrivons à Senaru, où nous rencontrons le boss John’s Aventure. Au vu notre mine et notre âge (enfin surtout le mien), il nous propose un autre itinéraire que celui que nous avions planifié, c’est-à-dire un truc fou où nous serions morts tous les deux. Le trek consiste en grimper sur la caldeira en une journée, avec un dénivelé de 2'000 mètres (hum…), puis camper sur le bord du cratère d’où nous pourrons contempler le volcan ceint d’un lac se parant de couleurs irisées, et contempler un panorama magique sur Bali et ses volcans, les îles Gili. Tout en profitant bien sûr d’un coucher et lever de soleil castellisants. John nous présente notre guide, lequel nous emmène dare dare faire une ballade de reconnaissance pour découvrir des chutes, avec quelques traversées de rivières à cru, juste pour se mettre dans le bain. Le soir, il nous dit que nous marchons « slowly-slowly » Yves et moi sommes vexés à mort ! Nous passons une nuit minable, moi parce que je me suis scratchée dans la salle de bains en essayant de prendre un bain dans une bassine qui s’est renversée, je me suis retrouvée le dos sur le carrelage après avoir heurté la tête contre le mur, Yves, parce qu’il n’a pas supporté l’appel du muezzin, à minuit, 3 heures et 5 heures du mat. Nous voici sur le chemin du départ à 6 h 30, l’œil cerné et la patte un peu lourdingue. Là j’attrape la honte de ma vie lorsque nos « porteurs » arrivent, deux gaillards locaux, 39 kg tout mouillés, en flip-flop, t-shirt et short,  un bambou sur l’épaule, balancier entre deux paniers portant notre tente, nos toilettes (!), nos sacs de couchage, nos matelas gonflables, notre eau et notre bouffe pour deux jours, avec casseroles, couverts, assiettes, épices, bois pour le feu…Et les voici filant à toute allure, grimpant allègrement dans la jungle, sautant de racine en racine, tout en se fumant une petite clope pour démarrer la journée.

Image issue du site Lave.be
La majeure partie de l’itinéraire se fait dans la jungle, le chemin se fraie entre les racines créant des marches allant de 20-80 cm de hauteur. Je vous fais grâce du récit de l’ascension, mais on en a ch… en tout cas moi, car grimper un dénivelé de 2000 mètres, sans entraînement, c’est juste de la folie. Ce qui m’a sauvé, c’est Yves et son organisation extraordinaire : exercices de récup et stretching tous les x mètres, altitude, dénivelé moyen,  chronométrage, hydratation toutes les 20 minutes, rien n’est laissé au hasard ! Il montait en premier, sautant de rocher en rocher telle une chèvre du Tibet, je voyais son sac rouge à l’horizon et je me disais : « Accroche-toi ma vieille, le Rinjani, c’est aujourd’hui ou jamais » ! Et puis, ce qui m’a donné une énergie extraordinaire, c’est l’heure de yoga gainage que je pratique avec lui chaque jour depuis que je suis arrivée à Bali. Pour ceux qui hésitent encore à prendre Yves comme coach, moi je vous dis que c’est le meilleur ! En plus, il a porté mon eau et mon sac de couchage, pour que je puisse avoir un sac aussi léger que possible. Un vrai gentleman. L’arrivée sur la caldeira nous laisse sans voix, tant le site est beau, unique. Hébétés, décoiffés, et trop fiers de l’avoir faite, cette grimpette. Nous voici tous ragaillardis. D’autant que nos guides s’affairent à préparer le campement : installation des tentes, toilettes, préparation du repas. Yves a faim. Il attend sa pitance impatiemment. Nous nous installons sur deux chaises pliables (oui il y avait ça dans les paniers de nos porteurs !) en face du soleil qui se couche et nous dégustons notre repas, affublés de nos vestes goretex, bonnets, fourrures polaires… un vrai moment de bonheur.

Ensuite, dodo à 19h30. Yves passe une nuit d’enfer (supporte pas d’être enfermé dans la tente, paraît même qu’il voulait redescendre avec sa lampe frontale), pour ma part j’ai pioncé jusqu’à 6 h du mat. Petit déj rapido, toujours sur nos chaises pliables, mais cette fois face au soleil levant, paquetage rapide et départ pour la descente, re-2000 m. Bonjour les cuisses, le dos, les mollets et surtout les genoux. Yves, pour sa part, caracole en tête, il court tellement il est content. Moi j’ai souffert mais je me la suis coincée, j’étais heureuse de voir notre Yves national retrouver son petit air jovial. Dernier repas noodle special, puis c’est déjà le moment du retour. Fourbus, cassés, mais heureux ! On a juste failli chavirer avec le bateau au retour, Yves était mort de rire et moi je me voyais déjà finir dans l’estomac d’un requin, ce qui aurait été une triste fin après un si beau périple ! La morale de cette histoire est qu’Yves est un super compagnon de voyage, et que quand on veut faire un truc, même fou, on peut le faire !

Info pratique: site de notre organisateur de trek, John's Aventures, recommandé sur le Lonely et sur les forums, que nous recommandons également.

Gili et Lombok: entre coup de cœur et coup de gueule

Texte de chéri (âme sensible s'abstenir...)

Nous avons quitté Bali pour Lombok et les îles Gili il y a cinq jours maintenant. Gili, c’est trois petites îles à l’ouest de Lombok qui sont si petites qu’on en fait le tour à pied ou en vélo en moins de 60 minutes, les voitures y sont d’ailleurs interdites. C’est plein de jeunes qui font la fête, c’est 30 restos, 30 bars et dix clubs de plongée entourés d’une multitude d’hôtels et de guest-house. Lombok par contre, c’est un coin un peu perdu où le tourisme n’a pas encore fait trop de ravage, sauf peut-être sur la côte sud-ouest avec son aéroport et ses quelques hôtels. Mais Lombok c’est surtout un volcan magnifique qui pointe son nez à 3700 mètres d’altitude et qui fait le bonheur de milliers de randonneurs chaque année.

Photo volée ici
Tout ça pour en arriver où me direz-vous ? Pour en arriver à mon coup de gueule du jour. Car tous ces beaux endroits ont le chic de se trouver en pays musulman, et les pays musulmans, pour ceux qui connaissent pas (dont je faisais partie il y a encore 5 jours), c’est le pays des mosquées… en voilà une bonne idée !!! J’avais voté pour les minarets mais si c’était à refaire, peut-être que je vérifierais en premier s’ils prévoient d’y inclure les haut-parleurs ou pas. Parce qu’il faut le savoir, les musulmans ont décidé de faire profiter tout le monde de leurs prières grâce à de monstres haut-parleurs qui diffusent la bonne parole à des kilomètres à la ronde. C’est un peu comme si chez nous, ont faisait sonner nos clochers pendant une heure d’affilée tous les jour à 5 heures du matin, au milieu de la journée, en fin d’après midi et en fin de soirée. On y a même eu droit entre 2 et 3 heures du matin parce que c’était un jour spécial… merci pour la fête, on a vraiment apprécié !

A la base, j’ai plutôt tendance à voter à gauche et grâce à Sophie j’essaye de développer la tolérance, qui me fait quelques fois défaut. Mais là, je suis vraiment désolé, j’ai vraiment eu des envies de meurtres qui m’ont traversé l’esprit durant mes nuits éveillées. Chacun vit sa vie et croit en se qui veut, tant qu’il le fait sans déranger son voisin (ma liberté s’arrête où commence celle de mon voisin, disait je sais plus qui). Mais pourquoi alors emm… le monde entier avec leurs prières et leurs haut-parleurs qui nous réveillent chaque nuit à 4 heures 45 ? Si quelqu’un à une bonne réponse à cette question, je suis tout ouïe. Et en plus, elles sont belles leurs mosquées et y en a partout. Le peuple crève de faim, leurs routes sont pourries, y a des ordures partout, les enfants doivent payer pour aller à l’école, sinon ils restent chez eux, mais pour les mosquées, comme par miracle, ils ont du pognon qui tombe du ciel (un air de déjà vu chez nous, il y a quelques centaines d’années). La vie n’est-elle pas magnifique ? Voilà, j’ai dis ce que je pensais, fin de mon coup de gueule.

Pour mon coup de cœur, je vais brièvement parler de notre ascension du volcan Rinjani avec super Mom (la maman de Sophie pour ceux qui ne la savent pas encore). Je ne vais pas trop m’étaler vu que notre super Mom a déjà écrit un texte sur cette belle aventure que nous publions juste après. Donc sans refaire le détail de cette expédition, je tire mon chapeau à Martine qui a réalisé cette montée et cette descente de 2000 mètres de dénivelé sans faillir (pour ceux qui ne réalisent pas vraiment ce que veut dire 2000 m de D+ et de D-, imaginez un immeuble de 600 étages avec 7200 marches d’escalier, le premier jour vous montez les 600 étages et le lendemain vous les descendez). Nous avons passé deux merveilleuses journées dans un paysage somptueux avec une impression d’être dans une forêt amazonienne pour la première partie du trajet (on a même eu la visite d’une tribu de singes sauvages sur le chemin) et un sommet hallucinant avec une vue sur le cratère du volcan et son lac, sur les îles Gili et Bali au loin. En bref, une belle expérience de plus sur la longue liste de cette année autour du monde.

PS de Sophie: non, je ne censurerai pas, non je ne censurerai pas....argh!!

samedi 18 juin 2011

Photos: Ubud, trek sur la crête de Campuan

Histoires balinaises

Récit de Mom :-)

Au programme, journée culture, organisée de main de maître par Sophie : visite d’un temple à Mengwi, musée du riz à Tabanan et coucher de soleil dans un des plus hauts lieux spirituels de Bali, le temple Pura Tanah Loth.  Nous quittons notre petite hutte balinaise en taxi avec notre chauffeur préféré, coincés à quatre à l’arrière (Timo, Arno sur les genoux de Sophie, Mom), tandis qu’Yves étale ses jambes, à l’avant « il se dévoue pour occuper la place du mort », dixit, tout ceci après avoir gavé Arno de pilules contre le mal de voyage.

Le temple  de Mengwi se situe à l’intérieur des terres. Ambiance sereine, peu de touristes. Végétation luxuriante, fleurs exotiques parfumées, bas-reliefs sculptés de moult dieux, déesses, démons… tout est magique. Le temple est entouré d’une enceinte carrée que nous parcourons sur une esplanade extérieure. Seuls les moines dévolus à l’entretien et aux offrandes semblent avoir l’autorisation de pénétrer dans le temple.

Nous filons ensuite à Tabanan visiter le musée du riz, vieillot, mais extrêmement bien documenté. Nous sommes reçus par une adorable jeune femme qui se donne un mal fou pour nous expliquer chaque étape qui mène à la maturation et récolte du riz. Vous n’imaginez pas tout ce qu’il faut faire pour avoir un seul grain de riz. Préparer les terrasses, semer, planter, piquer, repiquer, récolter, battre, séparer, moudre… Les outils sont millénaires, tous fabriqués à base de végétaux locaux, y compris les nasses qui servent à piéger crevettes, serpents, poissons qui remontent les rivières et s’égarent dans les rizières. Il y a des charrues pour un ou deux bœufs, avec un siège très, très rudimentaire pour le conducteur de bœufs (il doit avoir le cul cassé en fin de journée…).

« Le rétroviseur  »
Alors que notre chauffeur gare le taxi, un mec qui fait de la course à pied heurte (volontairement selon Yves) le rétroviseur qui se brise et tombe de son support. Notre chauffeur s’arrête, ouvre la portière, se précipite sur le sportif et …s’inquiète de savoir si son coude n’est pas blessé et si tout va bien. Les deux mecs échangent quelques propos, rigolent et se séparent en bons amis. Notre chauffeur ramasse son rétro, remonte en voiture et finit tranquillement son parcage.
Nous imaginions la même scène à Genève, Marseille ou Vufflens-la-Gouille, les mecs se seraient insultés, étripés… A Bali, rien de tel, le matériel n’est pas important. Notre chauffeur nous apprend qu’il travaille 15 heures par jour, pour … pouvoir offrir des cérémonies aux dieux…On est d’ailleurs pleine lune, la fête religieuse bat son plein, tous les balinais sont endimanchés et passent leur journée à se retrouver en d’interminables cortèges qui se terminent dans les temples ou en bord de mer afin d’honorer leurs divinités et s’attirer leurs faveurs. Philosophie à méditer.

« Le python »
Je (Mom) n’étais pas trop chaude pour visiter en fin de journée le temple de Pura Tanah Loth, d’une part parce que j’avais lu dans le Lonely que c’était un piège à touristes bien orchestré (une allée de marchands prêts à foncer sur le chaland et lui proposer tout et n’importe quoi)…mais surtout parce que j’ai une peur bleue des pythons géants qui sont les locataires favoris de ce temple. Ce dernier est sis sur un éperon rocheux qui fait face à la mer. Voir tous ces balinais vêtus de leurs plus beaux atours, portant étendards et paniers d’offrandes, se porter vers la mer dans une ferveur sereine et empreinte de sérénité, et contempler un coucher de soleil somptueux sur ce spectacle me fait oublier les pythons. Jugée sur une marche, je me retourne et je vois… un énorme python à 1 m de mes jambes, Timo assis par terre en train de loucher sur le reptile en se demandant comment il pourrait s’y prendre pour le mettre sur ses épaules. Ce qu’il finit par faire… avec beaucoup d’aisance et dans la décontraction la plus totale !

Quelques images de la journée

mardi 14 juin 2011

Photos: une journée à Ulu Watu, presqu'île de Bukit

Falaises, singes, plage déserte du Pura Wasaku et soirée seafood à Jimbaran. Commentaires de Mom :-)

dimanche 12 juin 2011

La méchante chinoise et la grenouille

plage d'eccho beach
Arrivés depuis cinq jours à Bali, on profite de la vie, on mange bien, et Yves se remet de sa fatigue du voyage. Les enfants jouent avec les petits voisins, on a visité les environs et tout le monde va bien. On attend avec impatience super Mom qui arrive ce soir, après 24 heures de voyage ! Au programme de ce dernier mois de notre trip, l’exploration de Bali (Est, Nord et volcans), de Java et quelques jours en Malaise. On se réjouit !

Avant les photos de nos prochaines virées, voici en vrac quelques anecdotes de ces derniers jours et les photos de notre plage préférée du coin, l’Eccho beach. 


La méchante chinoise

Entre l’Australie et Bali, on passe une nuit dans le quartier chinois de Singapour Joo Chiat, histoire d’alléger un peu le budget en souffrance. L’hôtel est un une étoile et demie, il n’y a donc pas de petit déj’. Le matin, on part en chasse d’un distributeur, ayant oublié la veille de retirer de l’argent à l’aéroport (mal organisés cette équipe). On tournicote un moment, il fait chaud, Arno râle en continu, un vrai bonheur. Finalement on trouve un distributeur puis un restaurant ouvert. C’est une gargote qui donne sur la rue, typique, on en a déjà testée plein pendant nos six mois d’Asie. On s’installe et on attend longtemps, très longtemps. Au début, on ne s’inquiète pas, il nous est déjà arrivé de patienter des plombes pour manger et comme on n’est pas pressés, on papote.

Après un moment, on observe les autres tables, tout le monde a le nez dans son bol, sauf nous. On patiente donc encore un peu, en faisant quelques signes à la serveuse, qui nous ignore. Il fait chaud, humide et Arno a très faim, il pleurniche, « je déteste les restos chinois, y en a marre ! ». Bonne ambiance. Finalement un jeune client se lève, nous demande s’il peut nous aider et va commander auprès de la serveuse pour nous. Deux soupes de nouille et des nouilles sautées, comme tout le monde. Le temps passe, le jeune est parti depuis longtemps, toujours pas de repas sur la table. On commence à réaliser qu’on n’est pas les bienvenus, tout simplement. Etonnant, cela ne nous est jamais arrivé. Des moins sympas que d’autres oui, mais ne pas être servis, jamais. On réalise pendant quelques minutes l’effet que produit ce genre d’attitude raciste, car c’est bien cela dont il doit s’agir. On est les cons de blancs et on n’a rien à faire là. Devant notre air navré, un autre client se lève et discute deux minutes un peu vivement avec la serveuse, tout le monde regarde, on se sent très à l’aise. On le remercie d’un signe de tête. Finalement, au moment où on se décide à partir, elle accepte de nous servir et on mange fissa notre bol de nouilles. Même Arno avale tout (et trouve carrément la soupe très bonne), le pauvre il est limite d’une crise d’hypoglycémie ! Autant dire qu’on paie et qu’on s’en va discrètement.

La grenouille dans la salle de bain (et ses charmants amis)

Arrivés à Bali, on s’extasie devant notre petite villa paradisiaque. Rez-de-chaussée à l’air libre, deux chambres à l’étage, tout le confort, jardin et jacuzzi. Waouh, ça nous change des guesthouses habituelles, on se sent presque bizarre. Chacun installe ses petites affaires et on saute sous la douche. Les garçons y vont les premiers, on les entend hurler de surprise. Il y a quatre grenouilles dans la salle de bain qui sautillent dans la douche. On rigole, elles sont plutôt sympas. Ce qui me surprend par contre c’est qu’il y en a une qui me regarde et qui reste proche de moi sans bouger, en me fixant, pendant que je me lave. Un prince charmant ? Je suis limite gênée.

Le lendemain, on découvre qu’un de nos cakes à la banane a été croqué alors qu’il était emballé. Y a des bêtes ? Les proprios nous informent gentiment pendant l’apéro que c’est mieux de planquer nos poubelles et la nourriture pendant la nuit, car il y a des rats, des serpents et des varans la nuit qui se promènent. Normal, on est à côté d’une rizière. Dire que je voulais dormir à la belle étoile, que nenni, on s’enferme bien gentiment dans notre chambre, sous la moustiquaire. Et pas de pipi nocturne !

La virée d’enfer en mob’

Le sud de Bali est une espèce de patchwork de villas et de petites villes qui s’étalent. D’où on est, à Kerobokan, il faut un moyen de locomotion pour se rendre au marché, à la plage, au resto. On se décide pour une location de mobylettes. Comme on a déjà roulé au Vietnam et au Cambodge, je ne suis inquiète que d’une chose, la conduite à gauche. Ça me stresse, car je ne me suis pas habituée, malgré l’Australie. Je demande à Yves de passer devant et de m’attendre, je vais faire le canard qui suit maman canard.

Au début, le premier jour, il roule tranquille, il m’attend, puis le lendemain on part explorer les environs et là ça devient sportif ! Il y a des moments où je le vois plus ! Help ! Petites routes, croisements, klaxons, virages bien serrés au bout desquels peut surgir n’importe quoi, et le pire, les carrefours sans feu où il faut se jeter dans la mêlée. Avec Timo (derrière moi, en passager) on a une technique, on se colle aux autres mobylettes et on y va comme eux. J’assure, on ne prend pas trop de risque, mais je transpire quand même un peu sous les bras. Par contre, quelle liberté ! J’adore ! Je me sens comme Seccotine dans Spirou et Fantasio ! Une question demeure, est-ce que super Mom voudra se laisser conduire en mob’ ? Ici, on peut facilement être trois sur une mobylette, donc on pourrait mettre Mom avec moi et Yves prendrait les deux enfants… Affaire à suivre. Au pire, on peut toujours commander un taxi, mais ça fait moins local.

La marchande pot de colle

Aujourd’hui je tente de traîner mes loulous à Denpasar, mais les garçons ont envie de rester à la villa. Ils se sont fait des copains et préfèrent jouer que visiter la capitale. Je pars donc seule, dans l’idée de me faire le marché central, le Pasar Bandung, et le centre ville. Dès que je m’approche, une femme vient à ma rencontre. « Hello, how are you, where do you comme from, please come to visit my shop, nice spicies ! ». Je lui fais un grand sourire, la remercie et lui explique que je vais d’abord un peu me balader. Elle décide de me suivre, et à chaque fois que je regarde plus d’une seconde quelque chose, elle me demande, « you want this ? Good price, cheap price ! ». Et le prend dans ses mains pour me le vendre. Une fois, dix fois, je refuse gentiment, puis un peu plus fermement. Rien à faire. Je décide de l’ignorer, comme c’est expliqué dans le Lonely, mais je trouve ça désagréable, pour elle comme pour moi, je n’ai jamais eu besoin d’avoir ce genre d’attitude avant Bali.

On a déjà eu ce type de harcèlement chiant à la plage de Kuta il y a deux jours et on a fui. Je décide d’en faire autant, tant pis pour les photos, les épices, les gentilles vendeuses de fruit. Elle me gonfle sérieusement, je tente ma chance dans le marché d’en face. Même scénario avec deux nouvelles femmes, cette fois-ci je fais ma sauvage, je ne discute même pas. Je sais que c’est le jeu, mais c’est un jeu que je n’ai jamais aimé. Un peu, c’est normal, mais quand on explique que « ça va bien, on peut regarder une robe sans l’acheter dans les 3 secondes » et que la miss s’énerve à moitié et insiste vraiment trop lourdement, merci bien, je m’en vais.

Je pars au hasard des ruelles, loin des marchés et là je retrouve une atmosphère coutumière, des gens souriants, agréables, le plaisir de discuter, une négociation de base sympa pour l’achat d’une lampe de poche (j’ai égaré ma lampe frontale) et le plaisir de manger sans être embêtée. J’en déduis qu’il faut impérativement éviter tout endroit susceptible de contenir des touristes ou alors faire semblant de parler, euh, suisse allemand peut-être ?

Et aussi, bien sûr, les fleurs, les brochettes de satay, les offrandes, les rizières, le sourire des enfants, les oiseaux...

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